PAS DE GRACE, PAS DE QUARTIER
un brancard avec des feuillages et des fougères. Ils placèrent sur le brancard la femme toujours immobile et se mirent en marche dans le hallier, les deux paysans portant le brancard, l’un à la tète, l’autre aux pieds, Tellmarch soutenant le bras de la femme, et lui tâtant le pouls.
Tout en cheminant, les deux paysans causaient, et, par-dessus la femme sanglante dont la lune éclairait la face pâle, ils échangeaient des exclamations effarées.
— Tout tuer I
— Tout brûler !
— Ah! monseigneur Dieu! est-ce qu’on va être comme ça à présent?
— C’est ce grand homme vieux qui l’a voulu.
— Oui, c’est lui qui commandait.
— Je ne l’ai pas vu quand on a fusillé. Est-ce qu’il était là ?
— Non. Il était parti. Mais c’est égal , tout s’est fait par son commandement.
— Alors, c’est lui qui a tout fait.
— Il avait dit : Tuez! brûlez ! pas de quartier 1
— C’est un marquis !
— Oui, puisque c’est notre marquis.
QUATREVINGT-TREIZB.
— Comment s’appelle-t-il donc déjà?
— C’est monsieur de Lantenac.
ïellmarcli leva les yeux au ciel et murmura entre ses dents :
— Si j’avais su ! . \ . .