‹ Quatrièmes mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 26 sur 79 · XCI 1 I · texte numérisé non relu

XCI 1 I

n 38 . — Après le I er août.

Joscelin, évêque de Soissons, confirme à Luc, abbé de Cuissy, la possession des biens que Raoul, comte de Vermandois, lui a donnés, à savoir, la terre de Bonneuil, des pâturages, une terre inculte et un cours d’eau pour construire un moulin, avec certains droits sur ses bois.

L’acte est daté de la 2 e année du règne de Louis VIL Ed. Ann. Præm., II, ad prob. 4 o. = Ind. Carlier, Ilist. de Valois,

[Cf. n° LV, la charte de Raoul de Vermandois, ii33-ii34, qui portait fondation sur cette terre de Bonneuil de l’abbaye de Lieu-Restauré.]

n 38 . — Après le I er août.

L’évêque Joscelin met fin à la querelle qui s’était élevée entre l'abbaye de Saint-Jean des Vignes et Pierre, fils de Gervin, au sujet des terres sises à Villeneuve et à Violaine que le père et la mère de Pierre avaient données à l’abbaye. Pierre, saisi par la crainte de Dieu au moment de partir pour Jérusalem, restitue aux chanoines la terre de Villeneuve qu’il avait déjà labourée et ensemencée.

Pierre aura droit, dans la mesure que règle la coutume, chaque année, aux corvées des animaux de labour de Villeneuve.

A Violaine, il rend à l’usage commun les pâturages dont il avait voulu faire sa propriété privée.

Ceux qui travaillent la terre avec des bêtes de somme, juments, bœufs, chevaux et ânes, paieront trois fois par an aux officiers de l’abbaye et à celui de Pierre, une redevance de 4 deniers. Ceux qui travaillent la terre sans bêtes de somme, paieront trois fois deux deniers. La moitié de ces redevances appartiendra à l’abbaye.

Pour faire paître leurs porcs dans la forêt, les hommes de l’abbaye ne paieront aucune redevance ; ceux de Pierre paieront le droit accoutumé dont la moitié appartiendra à l’abbaye.

Pour effusion de sang, pour vol, pour emploi de fausses mesures, pour violation de propriété, la peine sera la même que pour homicide.

Tout autre délit sera racheté par une amende de six deniers, payés à Villeneuve dans la maison des frères qui en retiendront pour eux la moitié.

On pourra prendre dans la forêt du bois pour bâtir, se chauffer ou faire des enclos, aux conditions suivantes. Tout homme de Villeneuve qui aura besoin de bois pour bâtir se présentera devant le régisseur de Pierre, accompagné de deux hommes de bon témoignage. En leur présence, il exposera de quels matériaux il a besoin. Si le régisseur fait droit à sa demande, tout est bien. Mais si le régisseur lui fait subir quelque vexation en lui faisant attendre sa réponse ou de quelque autre façon, le demandeur pourra couper dans la forêt ce dont il a besoin, sans que l’on

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puisse le poursuivre pour forfaiture, pourvu, du moins, qu’il puisse prouver, avec serment s’il le faut, par les témoins qu’il avait amenés devant le régisseur, qu’il n’a pris que ce qu’il avait demandé.

Joscelin confirme toutes ces clauses.

Dont témoins: les archidiacres; l’écolâtre Gautier; Raoul, neveu de Vévêque ; Renaud, prêtre; le chapelain Jean; l’écolâtre Gilbert; les chanoines Normand et Hardouin ; quelques chevaliers.

Daté de la 2 e année du règne de Louis VII.

Cop. Bibl. Nat., Latin, noo 4 , Cartul. de Saint-J ean-des-Vignes, f° 34 .

n 38 . — 4 octobre.

Le différend entre Joscelin, évêque de Soissons, et Atton, évêque , de Troyes, est jugé par les arbitres qu’ont choisis les deux évêques: Henri, archevêque de Sens; Simon, abbé de Chézy (diocèse de Soissons) ; Guillaume, abbé de Saint-Martindes-Aires (diocèse de Troyes); Eude, abbé de Beaulieu (diocèse de Troyes); Noël, abbé de Rebais (diocèse de Meaux); Hugue de Crécy; Nicolas, moine de Saint-Martin-des-Aires l .

Les deux évêques étaient en désaccord au sujet des limites de leur diocèse : chacun voulait pour lui la paroisse de « Fontaubran » (Fonds Aabran). L’affaire fut jugée le 4 octobre « apud capellam Sancti BarthoJomæi ». Les droits de chaque évêque étaient, ce semble, d’égale valeur, et l’affaire peu claire. Les arbitres choisis, après avoir entendu chacune des deux parties, ne surent que décider que l’on ferait de la paroisse, objet du procès, deux parts égales et que l’on donnerait, l’une à l’évêque de Troyes et l’autre à l’évêque de Soissons.

L’évêque Atton notifie par une charte la sentence arbitrale.

Éd. Camuzat, Antiq. Tricass. (1610), f° 267, verso (d’après les archives de l’évêché de Troyes. [Il donne la fausse indication de « anno regni Ludoviciprimo ». Il faut lire « secundo ».]

Cf. Bréquigny, Bec. des Ordon., II, p. 3 . — Mab., Ann. ben.. VI, 3 o 8 . — Gall. Chr., XII, 499.

1. Ce moine quitta Saint-Martin pour Clairvaux où il devint secrétaire de saint Bernard.

ANNALES DE LA VIE DE JOSCELIN DE ViERZl 6l

Joscelin s’était fait accompagner par l’archidiacre Thibaud qui a souscrit l’acte rédigé par Atton.

n 38 . — Après le 18 octobre.

L’évêque Joscelin approuve les donations faites dans son diocèse au monastère de Saint-Vincent de Laon.

Ind. Gall. Chr., IX, 358 .

N’est pas indiqué dans : Wyard, Histoire de Vabbaye de Saint- Vincent de Laon, publiée par les abbés Gardon et Mathieu, i 853 . — Un Cartulaire de l’abbaye Saint-Vincent de Laon existe dans la collection de Gheltenham. 11 a été signalé par H. Omont, BibL de VÉcole des chartesj 1889.

n 38 . — Laon.

Cédant aux exhortations de Barthélemi, évêque de Laon et de Joscelin, évêque de Soissons, Enguerrand II, fils de Thomas de Marie, seigneur de Coucy, restitue à l’évêque de Soissons les prébendes du chapitre de chanoines séculiers de Nogent-sous-Coucy qui avaient été unies par usurpation au domaine des seigneurs de Coucy. Mais en restituant ce bien, il prie l’évêque de l’unir à la mense de l’abbaye de Nogent pour que l’abbé de Nogent substituât aux chanoines à mesure qu’ils mourraient, des religieux de sa communauté.

Cop. Arch. dép. Aisne, Chronicon... abbatiæ B. Mariæ de Novigento, Dom Gotron. Ms. H, 3 a 5 , f° 229 (cf. Id., f° 45 ). == Éd. de Florival, Barthélemi de Vir, Cartulaire, n° 83 , en appendice de l’ouvrage. = Cf. Dom Toussaints du Plessis, Hist. de la ville et des seigneurs de Coucy (Paris, 1728), ad annum n 38 .

En la présence de Joscelin, évêque de Soissons, Guérin, évêque

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d’Amiens, concède l’église de Saint-Gervais de Encra à Thibaud, prieur de Saint-Martin-des-Champs.

Ind. Gall. Chr., IX, 358 .

Joscelin, évêque de Soissons, notifie et confirme plusieurs donations faites à l’abbaye de Saint-Jean-des-Vignes ; notamment celle de Milon de Verneuil qui a donné à l’abbaye la dîme de Saint-Aignan, par l’entremise de l’évêque, avec l’approbation de Élie de Montmirail de qui la dîme relevait, et en présence d’Albéric de Montlevon, Aude de Châtillon et Élie de Verneuil.

Cop. Bibl. Nat., Latin, noo 4 , Cartul. de Saint-Jean-des-Vignes, f° 33 .

ii3i (octobre)- 1 i3g. — Avant le i3 janvier ii3g.

Geoffroi, évêque de Chartres « tune apostolicae sedis legalus », Joscelin, évêque de Soissons, Geofiroy, évêque de Châlons, Alvise, évêque d’Arras, saint Bernard, abbé de Clairvaux et Hugue, abbé de Pontigny, règlent le cens annuel que l’abbaye de Saint-Remi devra payer à la mense épiscopale pour certaines possessions dans le diocèse au sujet desquelles l’archevêque Renaud avait cherché querelle à Eude, abbé de Saint-Remi.

L’indication de cette sentence arbitrale se trouve dans la charte de confirmation que le pape Eugène III accorde le i 4 décembre n 45 à l’abbaye de Saint-Remi. — Ed. Varin, Arch. adm. de Reims , I, p. 3 n.

La date de octobre ii 3 i est la date du concile de Reims dans lequel Geoffroi, évêque de Chartres, reçut le titre de légat; celle du i 3 janvier 1139 est celle de la mort de l’archevêque Renaud (c'est la date admise par Varin).

ANNALES DE LA VIE DE JOSCELIN DE VIERZl

1139. — Pâques. — Soissons.

Renaud, comte de Soissons, touché par les pressantes exhortations de l’évèque Joscelin, lui rend l’église de Saint-Léger, sise au faubourg de Soissons, que les comtes de Soissons possédaient depuis très longtemps à titre de bénéfice tenu des évêques. Le comte fit cette restitution le jour de Pâques, dans l’église cathédrale en présence du clergé et du peuple. Il demanda à l’évêque d’établir dans l’église un chapitre de l’ordre de Saint-Augustin, à quoi l’évêque consentit 1 .

Pour fournir h la nouvelle communauté, Renaud abandonna aux mains de l’évêque toutes les dîmes qu’il possédait notamment à Bucy, à Saint-Martin (paroisse de Soissons), à Ambleny ; l’évêque s’empressa de les donner à l’abbaye de Saint-Léger. Renaud y ajouta une vigne dite du Trésor, deux muids de sel à prendre chaque année dans son grenier ; le cens des maisons situées entre l’église de Saint-Léger et la rivière d’Aisne ; le cens d’une maison en face de l’église ;Tîle qui est près de l’église Saint-Julien ; la moitié de l’autre île qui est près de Saint-Léger ; l’emplacement des moulins qu’il possède un peu plus bas que la Tour des Comtes 5 ; une maison d’hôte, près du Marché, et le four qui est à côté de cette maison.

Après lui, Pierre fils de Gervin et Gisle son épouse donnent un muid de froment sur les droits qu’ils ont à Louâtre.

Adélote, femme du chevalier Joscelin, donne un muid de vin et deux poules à Bucy.

L’acte est daté de la « 3 o c année » de l’épiscopat de Joscelin (il faut lire i 3 e année), 2 e du règne de Louis VIL

Cop . Bibl. munie, de Soiss., Cartul. de l'abbaye de Saint-Léger, f° 12

verso ; édité par l’abbé Pécheur, p. 17 de son édition. == Ëd. Gi/tll.

Chr., X, ii3.

Parmi les signataires de l’acte de donation de Pierre, fils de Gervin, apparaît pour la première fois « Raoul, archidiacre ».

1. Il fit venir du monastère d’Arrouaise 12 religieux qui eurent pour premier abbé Pierre.

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