ACTE II, SCÈNE I. SP
HERMAMN.
Elle n'est pas à Paris, elie est...
DE THÉRIGNY
A Meudon.
^. ALEXANDRE
fti bien ! nous irons la voir à Meudon.
HERMANN
Elle ne reçoit pas à la campagne.
EMILE,, se levant.
Mais rhistoire, ^histoire ? Qu'a de commun lord NeWil avec madame la comtesse de Vemeuil ? .
DE THÉRIGNY
Ce qu'il y a de commun, messieurs? C'est que ce franc original a tilbmphé le premier de cette vertueuse beauté'.
HERMANN^à pari, et très-ëmu.
L'insolent !
EMILE
Esl-ce bien sûr ?
DE THÉRIGNY
C'est un fait.
** ALEXANDRE
La preuve ?
On ne prouve pas les faits.
* HERMAn'n, à part.
La défendre, c'est la compromettre. J'attendrai.
DE THÉRIGNY
Enfin c'est une femme à laquelle tout le mondé ne peut se vanter de plaire. Les plus habiles ont échoué. Eh bien ! lord Nelvil, avec quelques phrases de son jargon anglo-français, a touché le cœur de la dame.
TOUS
Bah! vraiment?
DE THÉRIGNY
Ce qui fient à l'appui de ce que disait Hermann, que pour réussir au près du sexe il ne s'agit que de se singulariser.
30 QtfE DIRA LE MONDE?
ALEXANDRE
J'avais toujours considéré madame de Yemeuil comme une femme légère, et cependant vertueuse. Craignant de perdre mon temps, je m'étais abstenu. Ah ! elle a été la maîtresse de lord Nelvil? Après cela, toutes les fenmies sont plus ou moins faillibles. Je me rappelle...
(n parle à l'oreiUe de Léonard») EMILE.
Gela me fait penser...
(il parle à l'oreille de Durand.) DE THÉRIGNT, . aa Prince.
Et moi-môme...
(il loi parle bas et en riant. ) HERMANN, à part, avec rage.
Et ne pouvoir le souffleter ! (Haut.) Eh bien ! messieurs, pourquoi ce silence ? pourquoi vous parler à l'oreille ? Nommez ces dames, nommez-les tout haut. Entre nous, faut-il vous le dire, c'est une chose qui m'indigne et me révolte que cette façon cavahère que nous avons de déshonorer les femmes. Soyez belle , ayez la jeunesse et la grâce, l'esprit et la fortune ; consumez vos jours à fêter le monde, à l'amuser ; donnez un sourire à chacun> soyez prodigue d'indulgence et de bonté même envers les sots : qu^en recueillerez-vous ? Ur^p riche moissoji d'injures. - Oh vous déchire après vous, avoir flattée, on jette de la boue sur vos fleurs après en avoh' respiré les parfums. On a dîné, dansé,.soupé chez vous pendant tout un hiver. Pauvres femmes ! qu'avez-vous à réclamer ? On est quitte emrers vous , puisqu'on vous paye en cadomnies !
. ALEXANDRE, se levant
Ah çà I Hermann, à qui en as-tu donc ?
LE PRINCE, se levant auKi.
Monsieur Hermann a raison. On peut médire sans casser le^ vitres, (a de iiiérigny. ) Uu cfiemplc frappant de ce que vous disiez tout à l'heure me revient à l'espiil , et je veux vous en faire part.
DE THÉ RI G NT, surpris. *
A moi monsieur?
LE PRINCE
Oui, monsieur.— De grâce, messieurs n'interrompez pomt