SCÈNE PREMIÈRE
AMÉLIE, pois MADAME BLONDEAU.
AMÉLIE^ Venant du parc.
Il est parti. (Allant à la fenêtre.) Ah ! dlci je puis le voir encore. (Appelant.) Heroianii ! (EUe agite son moi^oir.) Hermann !
MADAME BLONDE AU^ venant de la gauche.
Sortir ainsi dans le parc, à six heures du matin, à Thumidité, la tête nue et vêtue à peine ! (siie ferme la porte du fbnd.) Madame ! Elle ne m'entend pas. Elle le regarde s'éloigner, et elle restera là tant qu'elle pom*ra distinguer le bruit des pas de son cheval. Si elle me voit, elle croira que je l'épie. Rentrons.
AMÉLIE^se dirigeant vers la chambre à droite. U a disparu. (Apercevant madame Blondeao, avec un peu de trouble cl sévère-
Vment.) Que faisiez-vous là?
MADAME BLOMDEAU.
Vous n'êtes point prudente. Cm vent du matin est si frais ! Voyez, vous frissonnez.
Tu es trop bonne, ma pauvre Blondeau, tu me soignes coomie un enfant : tu es toujours restée ma nounice. — 11 est de bonne heure, va.
MADAME BLOMDEAU, àpart.
Gomme elle paraît triste ! *
AMÉLIE, à elle-même.
11 était rêveur, préoccupé. Une m'aime plus comme autrefois.
(voyant que madame Blondeau l'observe, elle dit avec impatieocc. ) Rentrez
donc l
MADAME BLONDEAU
Je ne rentrerai que si vous me promettez d'être plus raisonnable et de ne point rester , cemme hier, accoudée pendant une heure sur la rampe du penon.
AMÉLIE
Tu as raison, il fait froid. Je rentre. Embrasse-moi.
MADAME BLONDEAU, l'embrassaut.
Je vous aime comme ma fille.
AMÉLIE, à part.
Ma mère ne m'embrasserait pas !