‹ Que dira le monde: comédie en cinq actes et en proseChapitre 45 sur 111 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

GLAIRE^ travaillant assise sur le canapé' ; LOUISE^ appuyée sur le dossier. ^^f

LOUISE

Je t'en prie, dis-le-moi.

CLAIAE.

Non, c'est un secret. •

LOUISE

fu as fait mettre sept couverts, sept! et nous ne sompë», que six. -•

CLAIRE

Nous sommes sept. ^

LOUISE

Comptons. Nous et Félicien, trois; le général et son neveu, cinq; M. Legrand, six. Le septième? ^

CLAIRE

Le septième est une dame. Voilà tout ce que je puis faire pom* toi, et je te défends de le dire à Félicien.

LOUI&E

Une dame ! Une dame que je connais?

CLAIRE

Si je te réponds oui, tu vas là nommer. Je suis muette.

LOUISE

C'est madame Dumarset.

Peut-être bien.

LOUISE

Non, ton mari ne peut pas la souffrir. Ce n^'est probablement point une vieille dame.

CLAIRE

Probabl^ent non.

LOUISE

C'est sans doute une jolie femme ?

CLAIRE

Ce ne serait pas impossible.

LOUISE

1^ C'est madame de... Je te demande une chose. Je vais te nom-

mer une personne; si je devine, tu me le diras.

CLAIRE

Une seule?

LOUISE

Une seule.

CLAIRE

J'y consens.

LOUISE

C^est n^adame de... Avoue que tu es bien dure! Si je pouvais au moins en nommer deux ! . . .

Pourquoi pas dix?

^ LOUISE

C'est i^adame de... C'est madame de Verneuil.

CLAIRE

Tais-toi!

LOUISE

C'est eUe!

CLAIRE

Eh bien, oui, mais tais-toi. Quoique nous ne la connaissions pas encor» beaucoup, elle m'a plu tellement au premier abord, que j'ai cru pouvoir risquer une invitation. Je voulais vous en laisser la surprise ; on ne peut rien te cacher à toi. Mais fais bien attention qu'il n^en faut rien due d'avance à Félicien.

^ . ACTE III, SCÈNE I. ï»5

LOUISE. ^If*

Sois tranquille. Je suis si contente que tu aies eu cette pensée ! De toutes les dames chez lesquelles ton mari nous a menées, c^est madanïe de Vemeuil que j'aime le mieux. Elle est si distinguée, si simple et si bonne ! Si j'étais mariée, c^est à efie que je voudrais ressembler. '^ '

CLAIRE

Nous la verrons souvent cet hiver. (Regardant à sa montre.) Il n'est que deux heures, Félicien est à sa toilette. A l'ouvrage, mademoiselle, à l'ouvrage !

(Elles prennent leur broderie, s'asseyent et brodent.)

l*es cheveux du général ont bien blanchi.

CLAIRE

Son neveu me plaît beaucoup.

LOUISE

Moi, je suis folle de l'oncM^

efliRE. ^

Cest im joU garçon. 'i^(^

LOUISE

Un honmie de conscience et d'honneur. ; ^.:

CLAIRE. '

L'air très conmie il faut.

LOUISE

Un air vénérable.

CLAIRE, riant.

Vénérable, ma chère? monsieur Hermann de Courtenay? Ça, tu me réponds de l'oncle quand je te parle du neveu. Ce n'est pas la première fois, je l'ai remarqué.

LOUISE

Moi? Dans quel but? ^

CLAIRE

Louise, ce ser^t le premier secret çue tu me cacherais.

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