‹ Que dira le monde: comédie en cinq actes et en proseChapitre 60 sur 111 · ACTE 111, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE IX

que des douleurs en échange des sacrifices qu^il nous impose ! Ce que dira le monde? Que ne dit-il pas? Je Vai vu s^'attaquer aux êtres les plus purs^ et s'incliner devant les plus infâmes. Quelles vertus nVt-il pas flétries? Quels vices nVt-il pas honorés? Ceux qui le craignent le^plus sont ceux qu'il épargne le moins. Il semble se venger des terreurs qu^il inspire. D'ailleurs, il ne blesse à moil que ceux qui cdiu*bent la tête : lorsqu'on la* porte haute, il ne peut atteindre jusqu^à vous. AK ! ne lui faisons pas une force de notre faiblese! Quand il s^agit du bonheur ,|K«ia vie, je consulte mon cœur et ne demande pas ce qu^en dira le monde.

LE GÉNÉRAL

Tu as tort, car il faut toujours compter avec lui. Je sais que ses jugements se composent de mensonge et de vérité; mais le temps passe le tout dans son creuset; le mensonge s'évapore, et la vérité reste au fond. Quand une femme est compromise comme madame de Vemeuil. . .

HERMANN

Mon oncle, .je v6us ai annoncé mes intentions.

LE GÉNÉRAL

Et moi, je t'annonce les miennes. Si tu fais cette folie-là, je ne te revois de ma vie. Tu n^as rien à attendre de moi, et, par conséquent, je n'ai sur toi aucune influence. Fais ce que tu voudras. Je ne suis pas piuitain, mais il y a des convenances qu'on doit respecter. On n'épouse pas sa maîtresse, on n'épouse pas une femme qui s'est affichée pour vous aux yeux de tout Paris. Amsi, entre elle et moi, tu peux choisir.

HERMANN

Mon choix est fait.

LE GÉNÉRAL

Bonjour, mon gai'çon. Je te souhaite bien du plaisir, (a part.) Et moi qui avais presque déterminé cette pauvre petite Louise ! . . . Sacré !... Soyez oncle !

(il s* éloigne par la gaucbe.)

Page 1