ACTE I, SCÈNE IV. H
se fâcher, que sais-je? rompre avec moi. Il n'attend peut-être qu'ime occasion. Non, non. Je suis folle avec mes craintes : il m'aime, il m'aime de toute son âme, j'en ai mille preuves^ mais il ne veut pas m'épouser.
MADAME BLOKDEAU,
Eh hien ! je lui parlerai, moi.
AMÉLIE
N'en fais rien, il croirait que c'est par mon ordre. D'ailleurs, ne suis-je pas heureuse ? N'est-il pas envers moi prodigue de soins channants, d'attentions délicates? Ne se montre-t-il pas plus que moi-même jaloux de mon honneur? Il croit empêcher ainsi le monde de médire. Il le croit, c'est assez. Il croit que son amour est un mystère impénétrable. Hélas! les hommes ne sont pas comme nous ; ils ne savent pas interpréter les sourires, les regards et les moindres paroles. Que de fois im accueil plus réservé, les yeux baissés d'une prude, un danseur plus hardi, m'ont révélé que ma honte était publique ! Je suis à la merci de tous et de chacun, à la merci de ce aomestique. On ne peut l'éviter, vois-tu, tous nos efforts sont vains, on n'échappe point à rœil vengeur du monde.
(Elle va s'asseoir sttf le fauteuil à gauche i et pleare.)> MAI>AME BLONDBAU.
Calmez-vous, je vous en prie à mains jointe^, cahnez-vous, et si monsieur Hermann ne veut pas vous épouser...
AMÉLIE
J'en mourrai; *
MADAME BLONDEAU
Allons, allons ! Est-ce qu'on meurt à votre ftge? Je vais n^é fâcher aussi ! Vous voilà toute pâle. Il fautr prendre quelque chose, du thé ou de la fleur d^oranger. Non> dtf ttié. Ce sera Vôtre déjeuner.
AMÉLIE
Tu ne m'en veux plus ?
MADAME BLOIVDEAU, l'embrassant au front.
Siy si^ je vous en veux, je vous en veux beaucoup;
AMÉLIE
Tu es bonne, et je suis heureuse de f avoir dit mes peinéà^ eèlà me portera bonheur.
( Madame Blondem sbirt par It gauche. )