‹ Que dira le monde: comédie en cinq actes et en proseChapitre 84 sur 111 · ACTE IV, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE XII

nom devant vous. Vous venez de pâlir et de trembler en le prononçant vous-même. Ce nom résume pour moi tous les autres. Tout à l'heure, lorsque ce vase s'est brisé, votre cri m'a été au Cœur. Amélie, je vous aime assez pour vous épouser encore après l'aveu d^une faiblesse antérieure à notre liaison. Mais dites-moi, dites-moi la vérité.

Ah! j'ai pitié de vous. Vous me feriez rire si je n'avais envie de pleurer. Lord Nelvil mon amant ! Écoutez-moi donc. Un jour, me trouvant seule ( ce n'est rien d'entendre un Anglais écorcher le français devant vingt personnes, mais en tête-à-tête ! ), il entama, lui aussi, sa déclaration. Je partis d'un fou rh-e... 11 se tua de désespoir, et je fus cause de sa mort.

HERMAISN.

Ah ! c'est à genoux que j'implore mon pardon ! Regaiile-moi, que je le lise dans tes yeux! Ah! que je f aime, et de quel poids tu me délivres ! Comme je respire à présent ! Il suffisait d'un mot, tu le vois bien. Que ne l'as-tu dit plus tôt? Je m'explique tout maintenant, il ne me reste plus aucun soupçon, tu es belle et pure comme leâ anges, et.».. •

AMÉLIE

Qu'y a-t-il encore? que regardea-vous? (saitant la direction de ses yeux.) Cette lettre c'est d'un de vos rivaux? Ah! si

l'on ne vous aimait (Lui donnant l'invitation de Félicien. ) LiSCZ.

HERMANN, après avoir regardé la lettre.

Ah ! je suis indigne de toi. Mais cette folle jalousie te prouve tout mon amour. Eh bien ! je le jure ici, oui, j'en preiîds envers toi l'engagement solennel, c'est à ce bal> c'est dans l'éclat de cette fête que je veux leur annoncer notre mariage. Ah ! je voudrais que ce fût ce sçir. Il me tarde de les braver tous en face, de les insulter de ma^oie, de m'enorgueillir à leurs yeux de ton amour, de leur dire à tous enfin : Voilà, voilà ma femme !

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