SCÈNE IL CLAIRE, puis LE GÉNÉRAL
CLAIRE
Ce n'est pas lui. N'est-ce pas désolant? Il arrivera avec tout le monde. Si, si, c'est lui.
LE GENERAL, aux domestiquss.
Eh! puisque je vous dis qu'on m'attend avant le bal. Ce ne sont point deux cadets comme vous qui m'empêcheront de passer.
CLAIRE
Général.
(Elle renvoie les domestiques.) LE GÉNÉRAL.
Vous aviez oublié de donner la consigne. Mais, malgré la résistance héroïque de vos avant-postes, j'ai pénétré jusqu'à vous et me voici.
CLAIRE
J'ai de graves reproches à vous faire, général, et un léger service à vous demander.
LE GENERAL, à part.
Je suis pris, c'est une explication.
CLAIRE
Je vous avais toujours regardé comme un homme sage et prudent : je m'étais trompée. Vous avez troublé peut-être pour jamais le repos de ma sœur, vous êtes venu nous offrir votre neveu, et votre neveu n'était plus libre.
Je vous jure que je l'ignorais.
CLAIRE
Laissez donc!
LE GÉNÉRAL
Parole d'honneur!
CLAIRE
Quoi qu'il en soit, le mal est fait, vous avez parlé imprudemment, et M. Hermann épouse madame de Verneuil.
LE GÉNÉRAL
Malheureusement, oui.
CLAIRE
Malheureusement?
LE GÉNÉRAL
Oh! je dis malheureusement, parce qu'en l'épousant il ne peut épouser Louise. Car, après tout, madame de Verneuil est une femme de cœur, une femme d'esprit, qui n'a qu'un tort à mes yeux.
CLAIRE
Lequel?
LE GÉNÉRAL
Vous savez bien. Enfin c'est une affaire bâclée, il n'y a plus à y revenir.