‹ Que dira le monde? Comédie en cinq acts en proseChapitre 101 sur 128 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

CLAIRE

On disait cependant que des difficultée étaient survenues...

Oui, des difficultés provenant d'un excès de délicatesse. Mais de telles difficultés sont bien vite levées. C'est là que j'ai pu apprécier le caractère de madame de Verneuil. Hermann avait fait rédiger le contrat tout à l'avantage de la future; elle ne l'a pas entendu ainsi, elle m'a fait appeler, et il a fallu à toute force que les avantages fussent réciproques.

CLAIRE

C'est admirable. Mais la pauvre Louise n'en reste pas moins la victime de votre légèreté.

LE GÉNÉRAL

De ma?...

CLAIRE

De votre légèreté. J'avais dit imprudence, je me rétracte et je dis légèreté. Vous ne savez pas ce que c'est qu'un cœur de jeune fille. Cette chère enfant! Elle est pleine d'espoir, elle ignore tout, je n'ai pas eu le courage de la détromper.

LE GÉNÉRAL

Vous avez eu tort.

CLAIRE

Vous en parlez bien à votre aise ! Voir les gens heureux et les frapper au cœur ! Cependant il est urgent de la prévenir, et, comme c'est vous qui avez fait le mal, j'ai pensé que c'était à vous...

LE GÉNÉRAL

Hein?

CLAIRE

... que c'était à vous de lui en parler le premier.

Mais vous n'y songez pas, mais j'aimerais mieux m'clancer contre un mur de baïonnettes.

CLAIRE

Il n'importe.

LE GÉNÉRAL

Mais comment voulez-vous que je m'y prenne?

CLAIRE

Je suis inflexible.

LE GÉNÉRAL

Mais, ma chère enfant...

CLAIRE

Vous apprendrez à Louise toute la vérité ; c'est à cette seule condition que je vous pardonne. C'est elle. Parlez, ou je ne vous revois de ma vie.

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