LES MÊMES, LE GÉNÉRAL
HERMANN, allant à lui.
Mon oncle...
LE GÉNÉRAL
Ah! te voilà. On m'a dit chez toi que tu étais à deux pas chez le petit Legrand, et j'ai voulu profiter de l'occasion pour lui serrer la main. — Où diable est-il donc?
ALEXANDRE
Me voilà, général.
LE GÉNÉRAL, lui secouant la main.
Eh! bonjour, mon garçon. Toujours brillant et bien portant! C'est son père trait pour trait. (-4 Hermann.) Nous avons servi ensemble, son père et moi. Il était munitionnaire des troupes que je commandais. J'ai remporté quelques victoires, et il a gagné quelques millions. Peste ! il vaut mieux entretenir les armées de tout, en les privant de quelque chose, que de les commander. Quel luxe! Et vous donnez comme ça à déjeuner à vos amis, mon gaillard?
ALEXANDRE, assez froidement.
Oui, général.
HERMANN
Et un excellent déjeuner encore.
TOUS
Excellent !
LE GÉNÉRAL
Touchante unanimité ! Mais je vous ai dérangés, Messieurs. Je ne voulais que dire un mot à Hermann. (A Alexandre.) Et le père Legrand vous a donc laissé r
ALEXANDRE
Deux millions, à votre service, général.
LE GÉNÉRAL
Oui, à mon service! Qu'il a gagnés à mon service, vous voulez dire. Ce diable de Legrand! impossible de le toucher au défaut de la cuirasse. Il avait toujours de bonnes raisons pour nous