‹ Que dira le monde? Comédie en cinq acts en proseChapitre 51 sur 128 · ACTE III, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II

n'est pas là, je vous embrasse toutes les deux. — Je viens de bonne heure pour causer avec vous.

Pour causer? Vous qui nous traitiez toujours de petites bavardes !

LE GÉNÉRAL

Vous pourrez me traiter de grand bavard.

CLAIRE

Non. Et monsieur votre neveu?

LE GÉNÉRAL

Il viendra plus tard.

LOUISE

Voulez-vous prendre quelque chose ?

LE GÉNÉRAL

Merci.

CLAIRE

Vous rafraîchir?

LE GÉNÉRAL

Merci !

LOUISE

Vous asseoir?

LE GÉNÉRAL

Merci, merci. Ce que je demande, c'est que nous causions.

CLAIRE

Causons donc.

Le difficile est d'entrer en matière. — Votre mari va bien?

CLAIRE

Oui, général.

LE GÉNÉRAL

C'est une question terriblement délicate. — Et vous vous portez bien aussi?

LOUISE

Oui, général.

LE GÉNÉRAL

Je croyais que c'était la chose la plus simple, et voilà que je m'entortille dans mes phrases. Il y a pourtant deux jours que je rumine cela dans ma tête. — Voici de quoi il s'agit. Vous connaissez mon neveu : comment le trouvez-vous ?

CLAIRE

Charmant!

LE GÉNÉRAL, regardant Louise.

Ah!

CLAIRE

On ne peut plus aimable, un ton parfait et une figure qui me plaît beaucoup.

LE GÉNÉRAL, à Louise.

Et VOUS?

LOUISE, troublée.

Moi?

LE GÉNÉRAL

Oui. Comment le trouvez-vous?

LOUISE

Je le trouve très-bien.

LE GÉNÉRAL, déconcerté.

Ah!

CLAIRE

Vous n'avez pas l'air satisfait, général.

LE GÉNÉRAL

De vos réponses? Mais si. Seulement j'aurais voulu mettre la vôtre dans la bouche de votre sœur.

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