‹ Que dira le monde? Comédie en cinq acts en proseChapitre 50 sur 128 · ACTE 111, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE I

LOUISE

Un air vénérable.

CLAIRE, riant.

Vénérable, ma chère? M. Hermann deCourtenay? Ça, tu me réponds de l'oncle, quand je te parle cLu neveu. Ce n'est pas la première fois, je l'ai remarqué.

LOUISE

Moi? Dans quel but?

CLAIRE

Louise, ce serait le premier secret que tu me cacherais.

Je n'ai point de secret.

CLAIRE

La main sur la conscience ?

LOUISE

La main sur... Mais c'est de l'espionnage cela!

(Elle se lève.) CLAIRE, se levant aussi.

Tu te fâches, il y a quelque chose.

LOUISE, pleurant presque de dépit.

Ah! si tu n'étais pas ma sœur...

CLAIRE, bas.

Tu l'aimes !

LOUISE, effrayée.

Si on t'entendait !

CLAIRE

Il n'y a ici que nous et les petits oiseaux.

LOUISE

Eh! bien.

CLAIRE

Je t' écoute.

LOUISE

Depuis notre aventure, depuis qu'il m'a prise dans ses bras, je ne puis penser à lui sans un certain trouble. Mais ce n'est pas de l'amour.

* CLAIRE

J'en suis persuadée.

LOUISE

C'est de l'embarras, de la gêne, c'est je ne sais quoi enfin, mais ce n'est pas de l'amour.

CLAIRE

Louise, vous êtes une dissimulée, et je regrette de vous avoir dit mon septième couvert. — Mais... voici quelqu'un.

LOUISE

Déjà?

CLAIRE

C'est le général.

LOUISE

Seul?

CLAIRE

Oui. Et Félicien qui n'est pas prêt ! Je suis sure qu'il n'a pas pu faire le nœud de sa cravate. On ne vient jamais d'aussi bonne heure, non plus...

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