‹ Que dira le monde? Comédie en cinq acts en proseChapitre 66 sur 128 · ACTE III, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VIII

LE GÉNÉRAL

J'en sais autant que toi là-dessus.

HERMANN

C'est la première fois que vous la voyez. Madame la comtesse de Verneuil est une femme d'une grande famille, d'un noble caractère, digne de tous les hommages...

Les hommages des jolis garçons, je ne dis pas non; mais les vieux loups comme moi sont un peu moins tendres.

HERMANN

Enfin c'est une femme que j'estime, que j'aime...

LE GÉNÉRAL

Assez, Hermann, assez.

HERMANN

Écoutez-moi, je vous prie.

LE GÉNÉRAL

Non, cela n'entre pas dans mes principes. Les parents sont les parents. Il y a des choses qu'ils doivent ignorer. Tu es mon neveu, je suis ton oncle; je ne veux pas être le confident de tes bonnes fortunes et le compagnon de tes plaisirs.

HERMANN

Voilà des insinuations bien odieuses! Dans une autre bouche... Je me suis tu jusqu'ici, mon oncle. Je me proposais de vous consulter, mais votre injustice envers madame de Verneuil me force à vous annoncer sur-le-champ la détermination que j'ai prise. Madame de Verneuil sera ma femme.

LE GENERAL, très-surpris.

Ta femme?

HERMANN

Oui, mon oncle. J'ai demandé sa main, et je l'épouse.

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