‹ Que faut-il entendre par hystérie?Chapitre 9 sur 29 · OBSERVATION IT · texte numérisé non relu

OBSERVATION IT

(Mile H..)

Antécédents héréditaires. — Père mort à 46 ans de tuberculose pulmonaire. Mère probablement tuberculeuse.

Un frère bien portant. Une sœur a de la tuberculose intestinale.

Antécédents personnels. — Chute à l’âge de trois ans qui est suivie de mutisme complet jusqu'à l’âge de six ans. À partir de cette époque, la malade put de nouveau parler, mais d'une façon très défectueuse.

Scarlatine à O ans, ayant évolué normalement.

Règles à l’âge de 13 ans. Régulières jusqu'au début de la maladie actuelle.

Aucune manifestation névropathique.

À l’âge de 22 ans la malade vient se fixer en Egypte. La mort de son père et la perte de sa fortune l’impressionnèrent beaucoup et l’obligèrent d'accepter la direction d’une clinique dont elle s’occupa avec intelligence et beaucoup d’énergie. A 27 ans la mort subite d’un ami intime, fut pour elle un coup décisif. À partir de ce moment la malade devint de plus en plus triste et renfermée. L'appétit et le sommeil commencèrent à disparaître. Après plusieurs consultations à Vienne et en Allemagne, la malade retourna au Caire dans le même état. Les médecins qui l'avaient examinée avaient posé le diagnostic de « faiblesse nerveuse ». Complètement découragée, Mile FH... cont-

sr) 2%

mença à avoir des idées de suicide. Du côté mental la malade a remarqué un affaiblissement de toutes ses facultés. Constamment elle a eu le sentiment de ne pas (se sentir elle-même ».

En février 1911, la malade ressentit une violente douleur dans la partie latérale des cinquième et sixième côtes, douleur qui correspondait dans l’omoplate. ;

Pendant quatre mois Mille H... fut bourrée de quinine, pyramidon, bromidia, valériane, etc.

A la fin du quatrième mois, une douleur encore plus forte apparut dans la région du coccyx. Ces douleurs, ne se répétaient d’abord qu'une ou deux fois par jour, puis devinrent presque continues. Pour calmer ces douleurs la malade s’1donna à la morphine 0,01 d’abord, puis arriva à 0,05 et 0,10 par

jour.

EXAMEN ACTUEL. — Hémianesthésie à droite. Hypoanesthésie à gauche. — Cette anesthésie se manifeste pour la chaleur,

Pa

la douleur et le contact.

Réflexes. — Réflexe rotulien un peu exagéré à droite, normal à gauche.

Réflexes plantaires abolis.

Réflexes palpébraux normaux.

Réflexe pharyngien normal.

Champ visuel légèrement rétréci à droite.

Le cœur, le foie, la rate sont normaux.

Estomac. — La malade accuse un point très douloureux dans la zone épigastrique. L’appétit est très diminué.

Intestins. — Toute la zone intestinale est anesthésique surtout à droite. Point douloureux dans la région ovarienne droite Constipation opiniâtre.

V’essie. — Urine très diminuée. Anesthésie de la région vési-

cale.

pps

Sommeil. — [Le sommeil est très mauvais. Cauchemars et rêves fréquents.

Etat mental. — Toutes les fonctions intellectuelles sont très

diminuées. La mémoire est très faible et la malade a beaucoup de peine à se rappeler sa vie passée. Tous les événements sont embrouillés dans sa tête et il m'est très difficile d'obtenir des renseignements précis. Les contradictions se relèvent à tout instant.

En présence de ces symptômes nous avons conclu à un cas d’hystérie banale, malgré l'absence de véritables crises. Nous avons, en effet, chez cette malade les symptômes que nous considérons comme cardinaux de cette affection. D'abord les troubles de la sensibilité et de la cœnesthésie. Ensuite cette anorexie et cette insomnie bien spéciales. Les troubles mentaux sont aussi caractéristiques. Nous avons appliqué à cette malade les! procédés de resensibilisation de Sollier. Très vite Mile H... arrive à sentir les régions sur lesquelles on attire son attention. Elle y accuse d’abord des picotements puis des élancements, enfin des secousses musculaires. Quand nous lui faisons sentir ainsi son cœur et sa poitrine, la malade accuse tout de suite de l’oppression et de l’angoisse. Pour le dos, les secousses sont plus fortes que partout ailleurs. Elle ressent comme si des fils partaient du dos et venaient tirer violemment les bras et les épaules. La tête lui donne des sensations d’éclatement et de chocs, surtout à gauche, au niveau de la zone rolandique. La partie gauche de l1 tête semble plus grosse et plus chaude. Pendant le réveil de Ia tête, la malade accuse une douleur violente dans la région ovarienne droite.

Cette malade, qui avait déjà une notable amélioration, dut interrompre son traitement par suite d’affaires de famille.

Remarques. — Cette malade fut pour nous un bel exemple de l'association si fréquente de la mythomanie et de l’hystérie. À

tout instant elle nous racontait les histoires les plus invraisemblables.

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