ACTE PREMIER
L'intôrieur d'un café. Tables et chaises, le long des banquettes à droite et à gauche. Au fond, porte d entrée ouverte; à droite, premier plan, un comptoir avec glace au-dessus. Au milieu, deux tables avec portemanteaux au-dossus. Figuration de gens prenant l'apéritif.
SCmE PREMIÈRE FRANCIS, puis FLINGAULT
FRANCIS, près du comptoir, criant.
Deux Pernod sucre, deux! et un quinquina !
FLINGAULT, entrant.
Hé, Francis? (il va s'asseoir au milieu, table de droite.) FRANCIS
Voilà. Ah ! monsieur Flingault, ça va comme vous voulez?
FLINGAULT
Peuhl on se défend. Dites donc, personne n'est venu me demander ?
FRANCIS
Personne encore. Qu'est-ce qu'il faut vous servir?
FLIiNGAULT
Donnez-moi un quinquina.
FRANCIS, criant.
Un quinquina, un! (on sert Fiingauit.) Comme ça, vous attendez quelqu'un? Une femme, je parie.
FLING . LLT
Ah ! pas si bêtel... j'attends un nommé Maubert.
■* FRANCIS
Maubert, Léon?
FLINGAULT
Vous le connaissez ?
FRANCIS
Si je le connais ! dans le temps, c'était toujours moi qui lui servais l'apéritif. Seulement, il ne vient plus.
Vous êtes sûr?
FRANCIS
Depuis qu'il est marié, il a promis à sa femme qu'il ne mettrait plus les pieds au café.
FLINGAULT, à lui-même.
Je n'avais pas besoin de lui écrire, alors ! Si je ne le vois pas, je me rabattrai sur Bozon.
FRANCIS
G'est-il que vous avez besoin d'un renseignement?
FLINGAULT
Il s'agit d'une afTaire d'argent, de cinq louis qu'il me faut absolument.
FRANCIS, s'éloignant prudemment.
Je vais vous chercher les journaux du soir.
FLINGAULT
Pas la peine. (Entre Louchepied.) Voyez à l'as, un client.