‹ Québec en 1837-38 [microforme]Chapitre 2 sur 4 · PESTE · texte numérisé non relu

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[LE Mornx] QUÉBEC EN 1837-98 128

on 1837, s'évadérert en octobre 1838, de la citadelle de Québec, Ilss'éinient procuré du porter et de l'opium par l'entremise des intelligences qu'ils entretenaient duns Québec et mirent la sentinelle sous l'influence de ce narcotique, puis ils trouvèrent chez le D' Rousseau et MM, Grace et Hunter, citoyens bien Connus, des amis qui assurèrent leur fuite, leur évasion,

La sentinelle, bien que d'une loyauté incontestée, ne put résister À l'offre séduisante d’un verre de porter mousseux, pendant une nuit froide d'octobre : cette liqueur mélée d'opium, ne tarda Pas à produire chez l'infortuné factionnaire l’eftet que l’on attendait: la sentinelle s'endormit à sa guérite,

Au moyen des drisses du pavillon, Teller et Dodge :: hissèrent dans le fossé de la forteresse, puis ils rencontrè

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rent des amis qui les attendaient dans le voisinage et qui les conduisirent en lieu sûr, avant leu- départ pour la frontière,

Cette audacieuse évasion cx :sa une colère noire à sir James McDonald, le commandant en chef de la gariison,

Sir James MeDonali était un vétéran de l'armée anglaise qui s'était distingué à la bataille de Waterloo.

De suite il doubla les sentinelles aux portes de la ville, lesqueiles il fit fermer, mais c'était trop tard ; les captifs avaient déjà franchi les murs ; la garde avait ordre d'inspecter l'intérieur des voitures couvertes qui tenteraient de sortir de la ville: les carrosses les plus somptuenx aussi vien que les modestes charrettes des boulangers et autres industriels. Vous dire l'explusion de colère provoquée par ce procédé, surtout chez lcs cochers de piace serait impossible,

Theller et Dodge, rentrés dans leurs foyers, racontèrent avec fioritures et embellissements leur odyssée en la terre du Canada mais bien résolus de n'y jamais reraettre les pieds.

À l'automne de 1837, la situation s'était dessinée en couleurs fort sombres, surtout dans la région de Montréal. Les Æïls de la Liberté en venaient aux mains avec le Dore Club, quand l’occasion s'en présentait. Evidemment on avait fait bien du chemin depuis l'adoption des quatrevingt-douze résolutions rédigées par MM. Papineau et Morin, le 23 février 1834.

Un mandat d'arrêt avait été lancé contre M. Papineau, qui réussit à s'évader et se réfugia aux Etats-Unis.

Les batailles de Saint-Denis et de Saint-Charles avaient eu lieu ; la mort du lieutenant Weir, massacré par les patriotes pendant qu'il était porteur de dépêches à Saint-Denis, puis le meurtre de Chartrand, qui servait comme volontaire sous le pavillon anglais, la défaite du colonel Gore, à Saint-Charles, la sanglante revanche prise par le colonel Wetherall, à Saint-Denis, tous ces événements, rapportés avec exugération par la presse, enflammaient les esprits de part et d'autre.

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Qu'on me permette de placer ici une remarque que j'ai faite dans un autre ouvrage :

N'est-ce pas fausser l'histoire que de prétendre voir dans l'insurrection de 1837 un simple soulèvement d’un” race inquiète pour son avenir et qui redoute la race dominante ?

L'on a dit que les Canadiens-français seuls s'étaient insurgés contre l'oligarchie qui désolait la colonie.

li est vrai que la grande majorité des participants au soulèvement portaient des noms canadiens-français, mais à l'exception de Chenier, O. Perrault, P, Côté, les têtes militantes et dirigeantes, les chefs n'appartenaient pas, tant s'en faut, à cette nationalité: le brave Wolfred Nelson, son frère Robert, O'Callaghan, le général T. S. Brown, Newcomb, Tracy, Hindelang, Mott, Amaury Girod, Scott, Leslie, n'étaient pas des Cana-

diens-français, non plu: que William Lyon McKenzie, Rolph, Lount et

Matthews. Ces deux derniers expièrent sur l’échafaud leurs tentatives

de r-frme dans le Haut-Canada.

Vers le 1 novembre 1857, on apprit à Québec que des Canadiens,

arrâtés dans le district de Montréal, pour menées séditieuses, avaient été

libérés par les Fils de la liberté. Ce nom avait été emprunté aux Bostonnais en révolte de 1775. Puis vint la rumeur que Chartrand et autres joyalistes canadiens avaient été fusillés par les patriotes, le 5 novembre. Mais ce qui mit le comble à l’émoi dans l’ancienne capitale, ce fut le rapport officiel de la défaite du colonel Gore, à Saint-Denis, ar le D* Nelson, et l'assassinat par les patriotes du jeune lieutenant Weir, du 32° régiment de ligne. Tout de suite, les citoyens d’origine britannique, à Québec, prirent des mesures énergiques pour pourvoir à la défense de la ville. Ils s'enrôlèrent en corps de volcntaires: infanterie, cavalerie, artillerie et génie. Le 27, eut lieu une nombreuse assemblée publique à l'£xchange (basse ville), où force harangues patriotiques furent prononcées ; le même jour, M. S. Walcott, secrétaire civil du gouverneur, adressa une circulaire officielle de In part de Son Excellence à l'honorable John Malcolm Fraser, William Price, Jas Bell Forsyth et autres citoyens marquants qui avaient offert au wouvernement leurs services à l'assemblée en question, en qualité de volontaires, pour remplacer les troupes régulières expédiées à Montréal, Le gouverneur acceptait avec emptessement leur otfre. Bientôt, on n'entendait partout que le cliquetis des sabres et des mousquets dans les rues de Québec, Les évolutions militaires, les parades à l’Esplanade, sur “ Ja plate-forme”, étaient à l'ordre du jour. Le matériel de guerre, d'abord passablement mince, augmentait graduellement, prenait de l'importance. Grâce au zèle déployé par un petit groupe d'officiers réformés de l’armée régulière, fixés à Québec, le colonel John Sewell, du 49° (le régiment de Brock), le lieutenant Henry Le Mesurier, vicille moustache des guerres de la Péninsule et qui avait perdu un bras à Salamanca, le lieutenantcolonel Chs Campbell, du 95%, le lieutenant Whitmore, du génie, le major

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Temple, du 32°, les citizen-soldiers, sous leurs ordres, bien qu'improvisés à la hâte, firent preuve d'un élan, d’une aptitude dans les exercices qui leur méritèrent bientôt les félicitations de l'honorable James Hope, excellent officier qui avait fait ses premières armes dans les guerres napoléoniennes et que lord Gosford nomma commardant en chef des volontaires.'

Il y avait, sachons.le bien, dans le Bas-Canada, non seulement, comme on l'a dit, deux partis politiques hosiiles l’un à l’autre :

les Patriotes et 1 Voici un tableau authentique de l'organisation militaire à Québec en 1837 :

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