PLAN
Bossuet. — Les Sermons {Sujets, Morale, Eloquence),
I. — Bossuel, en tant que prédicateur, n'a jamais eu les succès de Bourdaloue ; jamais il n'a cherché à faire le joli sermon qui, pour les femmes du monde, était une distraction au même titre que le jeu, le concert et la mascarade. Ses sermons sont graves et sévères ; sans trop insister sur le dogme proprement dit, Bossuet porte son principal effort sur la morale. Il connaît bien le milieu dans lequel il parle : ce roi « qui se laisse conduire à ses passions sans se contraindre », cette cour dépravée, mais croyante, au fond
II. — Aussi tous ses Sermons et Panégyriques de Saints lui servent à donner des leçons dont son temps a grand besoin : (Sur la Providence, Pour la fête de tous les Saints, Sur les Devoirs des Rois, Sur PHonneur, Sur la Mort, Sur la Dignité des Pauvres, Contre l'Amour des plaisirs, etc.). Il attaque surtout Vambition, Vorgueil^ la volupté ; n'y a-t-il pas autour de lui trop d'exemples vivants de ces vices essentiels et radicaux « d'où sortent et pullulent tous les autres ? » La sensualité engendre l'égoïsme, la cruauté et une misérable vanité. Et cependant. Dieu et la nature ont fait tous les hommes égaux, si bien que la grandeur des Grands n'est qu'un dépôt de Dieu, et un dépôt qui leur impose de grands devoirs : le roi doit soutenir son peuple, et les Grands doivent rechercher les pauvres honteux et faire un bon emploi de leur funeste bonheur temporel : sinon, le ciel leur restera fermé.
m. — C'est donc une Morale austère que Bossuet nous prêche dans ses sermons, et, pour mieux frapper encore l'àme de ses auditeurs, il est réellement éloquent, il est fait pour la parole publique ; il prépare, sans doute, les sujets qu'il veut traiter, en arrête les grandes lignes ; mais c'est en chaire qu'il choisira entre plusieurs idées et expressions ; il sait parler avec abondance, multiplier les termes, les images, les métaphores pour rendre plus sensibles à son auditoire les vérités de la Foi ou les
Dogmes de la Morale. Sa langue est riche, colorée ; son argumentation est toujours à la portée du public, et souvent il met un grand talent à intéresser directement chaque auditeur, à lui faire croire qu'il est spécialement visé dans le sermon et ainsi à lui faire trouver des objections. . .
Dans quelques sermons, les premiers surtout, Bossuet accumule même trop d'idées et abuse de la dialectique et des procédés syllogistiques ; il y a trop de divisions ^ trop de citations, etc. Mais, peu à peu, il renonce aux secours de la Rhétorique ; il prend modèle sur l'apôtre Paul, sur saint Vincent de Paul, mais, comme il est du xvii' siècle, ce siècle de la politesse et de l'élégance, il sait bien paMer de Dieu pour le faire aimer, il cueille, de-ci, de-là, quelques ornements qui lui semblent nécessaires, même quand il nous montre la raison humaine inquiète et troublée par les énigmes du dogme.
IV. — Dans les sermons surtout, Bossuet est « le sublime orateur des idées communes » (A. de Rémusat) ; il ne faut ni diminuer ni surfaire la valeur de ces discours religieux et moraux. Bossuet, nous l'avons dit, préparait sérieusement le sujet, c'est-à-dire l'idée générale, puis les divisions principales ; parfois même aussi, l'expression était arrêtée dans ses moindres termes. Mais, pour tout le reste, il s'en remettait à l'inspiration et semblait compter sur les appels mystérieux de son public : de là, les lacunes et les imperfections qu'il faut comprendre et excuser, même quand il s'agit de Bossuet. Ch. Marquis.
DIE VERSXJNKENE GLOGKE von Gerhart Hauptmann.
Notes {suite).