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rience. Après ce temps, « si nullo modo copula haberi potuit l'impuissance est présumée antérieure et perpétuelle et le mariage est sans force (nul). Mais, aujourd'hui, l'expérience triennale est abandonnée et il suffit de l'examen des gens de l’art et des accoucheurs, après un examen physique, pour que les époux puissent se séparer (S. c. c. 24 janv. 1871) et la cause est soumise au Pape. »
Tous les canonistes s'étendent longuement sur cette question. Après l’auteur moderne que nous venons de citer, nous pourrions citer un vieil auteur dont nous avons eu, dans les mains, le bel ouvrage titré ainsi : À. Patris Thomae Sanchez Cordubensis e societate Jesu De Sancto matrimonit sacramento disputationum (Lugduni, 1637) qui a consacré un très long chapitre à cette question : An impotentia cœundi, et qualis impediat ac dirimat matrim-subsequens? (Disputatio XCI, De impedimento-Impotentiae). Cet auteur-écrivait à l’époque où florissait le Congrès. |
Cette question intéresse beaucoup, car j'ai lu dans un de nos grands journaux de médecine (4 ce qui suit :
‘Dans la nouvelle édition du Code civil, on doit ajouter :
« Les vices de conformation des organes génitaux qui constituent manifestement une impossibilité absolue dans l’accomplissement fructueux de l'acte
(1) Le Concours Médical, 9 septembre 1906, p. 623.
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sexuel et créent l'erreur de la personne physique, sont une cause de nullité de mariage. »
Haine (!) pose la question de savoir si le rétrécissement du vagin chez ia femme peut être une cause d'impuissance perpétuelle, et il répond qu'on ne peut guère aborder cette question. En effet, dit-il, les anciens auteurs demandent si la femme acceptera de subir une incision? ou une dilatation par l’art médical et sans danger de mort ou de maladie (Debreyne).
Il veut qu'on oppose à ceux qui prétendent ne pouvoir pénétrer que le rétrécissement vaginal n’est pas une cause d’impuissance car, comme l’a écrit Ballerini‘: « receptum nune communiter penes physiologos medicosque illud est, quod experientia docuit, ad conceptum generationisque effectum nequaquam necessarium esse, ut vir seminalem humorem effundat injiciatque in interiores usque fœminii organi partes; sed satis esse, quod ejusmodi humor ad externam ejusdem organi superficiem seu ad vaginae, ut aiunt, os ingressumque effundatur et applicetur. »
Toutefois, ce résultat est accidentel « et ideo juxta alios ad potentiam cœundi penetratio vasis fœmine: necessario requiritur ».
Le D D... dans son article de l’Index Médical &), citant le Prof” Morache, s'exprime ainsi
« Le droit canonique admet que le fait, pour l’un des époux, de ne pas être apte au rôle physiologique que sa sexualité doit normalement entraîner, suffit
(1) Theol. mor. elem., T. IV, pp. 195-196.
(2) Mai 1927,
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pour que son conjoint soit autorisé à réclamer la nullité de son mariage. L’impuissance est regardée comme un empêchement dirimant du mariage. Il n’est pas besoin qu’il y ait impossibilité de féconder ou d'être fécondée, il suffit que l'acte, la copula ne soit pas possible; l'Eglise est logique avec elle-même, puisqu'elle a posé en principe que la copula normalement pratiquée est le fait essentiel qui valide le mariage.
Saint Alphonse de Liguori est absolument catégorique à cet égard; nous reproduisons d’après ke texte : Nullum est autem matrimonium inler eos qui ne-
* queunt consommare eo actu quo ex se esset possibilis generatio. Ut autem impotentia dirimet matrimonium debet esse perpetua et antecedens.
« Il y a lieu de remarquer deux expression : nequeunt, c’est-à-dire ceux qui ne peyvent pas et aussi ceux qui ne veulent pas, du verbe nequere, nier, refuser, Par conséquent, celui qui refuse la copula à son conjoint se place dans des conditions de nullité de mariage. Viennent ensuite des termes perpelua et antecedens, il faut que l'impuissance soit réelle, définitive; une simple maladie, transitoire et curable, ne peut entraîner la nullité; il faut aussi que la dite impuissance soit antérieure au mariage.
« Ce n’est pas l’impotientia generandi qui rend le mariage nul, mais seulement l'émpotentia cœundi. »
LA PARENTÉ est une cause de nullité et ici, les idées de l'Eglise sont en parfaite concordance avec celles des eugénistes à cause des dangers que présente la
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parenté au point de vue héréditaire, pour la progéniture à venir.
LA FOLIE est une autre cause et c’est là un problème assez complexe pour la solution duquel le médecin
psychiâtre n’aura pas de trop de toutes les finesses de son diagnostic.
La stérilité n’est pas assimilable à l'impuissance. Elle est souvent due à des causes accidentelles et est un accident. Haine (), que nous avons déjà cité plus haut, traite cette question de la façon suivante :
I. — EXPARTE viRi : semen; quod éjaculat, est languidum seu œgrotum. Cela peut provenir de ce que l'homme est de complexion débile, ou de son âge (enfance, vieillesse), de maladies, sive ob usum immoderatum copulae. Dans ces cas, comme l'enseigne l'expérience, semen viri fœcundandi vim non habet.
IL. — Ex PARTE MULIERIS : 1° Hymen imperforé, non rompu, simplement dilaté per copulam vel aliam penetrationum libidinosam sicque seminis intromissioni obstaculum constituit. Cela peut être guéri par l’art légitimement. En outre, la fécondation artificielle est légitime puisqu'elle a pour but d’aider la nature, à condition qu’elle ne soit précédée d'aucun acte contre nature, sinon elle est gravement illicite. Le cas est laissé à l’appréciation du Pape.
(1) Theoltogiæ moralis élem., T. IV, pp. 196-197.
NAT 2° flueurs blanches : Docet enim experientia quod semen viri corrumpatur vel in vaginae lateribus vel in uteri aditu obviam habeat simile aere liquidum.
L'hystérectomie, tout en rendant impossible une des fins du mariage, laisse ce dernier valable, parce que il y a eu union morale et physique. Dans la messe de mariage, il n'est question que de l’union des époux, de leur affection, de leurs devoirs mutuels, de l’indissolubilité du mariage. La postérité n’est demandée à Dieu que comme une bénédiction : « Que le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob soit avec vous, qu'Il répande en vous sa bénédiction afin que vous voyez les enfants de vos enfants jusqu'à la quatrième génération. »
Certaines femmes n’ont pas de vagin. Pour ce motif, elles ne peuvent pas se marier, Le cas serait assez fréquent, paraît-il, puisque les chirurgiens qui ont tâché de remédier à cette absence de vagin rapportent 42 cas opérés (1),
Si le fiancé a été prévenu au préalable que sa future a été hystérectomisée, il ne peut invoquer lerreur sur la personne pour faire annuler son mariage. Mais son mariage sera-t-il valable s'il épouse une femme que le chirurgien a gratifié d’un vagin artifi-
(1) Dr Henri Bon (de Besançon) : Nullité de mariage et opération de Baldwin-Mori. (Bull. de la Société Médicale de Saint-Luc, septembre-octobre 1924, page 248.