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POURQUOI ON LE PRATIQUAIT

Le Droit ancien s'occupe avec de grands détails de la question de la nullité du mariage. Il suffit pour s’en rendre compte de parcourir la table générale et très détaillée des œuvres d'Antoine Despeisse (1), célèbre juriste du xvu‘ siècle, et aussi pour comprendre le pourquoi du Congrès.

En voici un extrait

« Mariage est interdit aux hommes impuissants et aux femmes inhabiles: ce qui est déclaré et expliqué, ibidem T 1, nombre 3, p. 150 el 151.

« Mariage étant déclaré nul pour cause d'impuissance du mari, il doit rendre la dot avec dommages et intérêts de la femme qui ignorait cette impuissance tbid, page 151.

« Mariage contracté entre impuissants sans erreur des parties n’est pas cassé, pourvu qu'ils vivent chastement. T 1, n. 3, p. 151.

(1) DESPEISSE : (Œuvres. Gros in-folio en deux parties (Paris, Huguetan, 1685); 1'e partie, titre XIIT : Du Mariage; section I Des personnes qui peuvent se marier, pages 149 et seq.

Æto0re

« Mariage contracté par un moribond est mul si ce n’est avec sa concubine, 1bid.

« Mais l’impuissant n’est pas reçu à demander cassation du mariage, tbid.,

« Mariage reprend force si l'impuissance vient à cesser, tbid, 151.

« Mariage est bon nonobstant la stérilité ou caducité des conjoints, T1, p. 151 et 152. »

On ordonnait le Congrès dans les cas d’impuissance de l’homme, à la requête de la femme qui intentait un procès en impuissance, mais, dit Despeisse (), « comme la femme peut faire dissoudre le mariage lorsque son mari est impuissant, pareillement l’homme peut faire dissoudre le mariage pour l’inhabileté de sa femme, lorsque ce défaut vient de la nature et qu'il est incurable. » |

Actuellement l'interdiction du mariage pour impuissance ®) est formulée par la loi dans les pays suivants : Bulgarie, Canada (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Ecosse, Ile du Prince Edouard), Etats-Unis (Arkensas, Massachussetts), Grèce où la loi du divorce reste celle du Code Justinien et peut être prononcé pour impuissance maritale; Italie où le divorce peut être DO OC pour impossibilité de procréation ; Nouvelle-Zélande, Sud-Afrique.

Nous voyons par cette énumération que nos législations modernes reviennent aux règles anciennes que

(1) Partie I du Mariage, Section I, page 151, colonne 2. (2) International Tear Book of Chila Welfare and Protection,

5 Dee

la médecine sociale était aussi en honneur autrefois qu'aujourd'hui, sauf le mot, et que pour l’élucidation de ces cas, l'intervention du médecin était forcément indispensable. On ne s'en tenait d’ailleurs pas au motif d'impuissance. D'autres maladies étaient une cause de séparation. Ainsi, au xvi' siècle, d’après une note de la Gazette Médicale de Paris 4), l'épilepsie dûment constatée était une cause de séparation. Nos pères, nous le constatons et le répétons encore une fois, étaient d'excellents eugénistes.

Très souvent, la femme ®) demandait ou provoquait le Congrès par lascivité ou par intérêt à cause des dommages à elle payés, pour changer de mari où pour reprendre sa liberté et en accusant à faux son mari. Aussi, pour ce motif comme pour bien d’autres, la phrase d’Oreste ‘ est éternellement vraie

« Que le sexe est ingénieux et fécond en ressources! » 5

Mais toutes les femmes ne demandaient pas le Congrès ou ne le suscitaient pas en le rendant inévi table pour annuler un mariage qui leur pesait parce que leur époux est malade.

Montaigne (# rapporte, d'après Pline le Jeune, e cas de cette femme dont le mari avait les parties hon- ) Reproduite par la Rev. Chirurg. du Dr Fort, 1 mars 1904. ) Chronique Médicale, 1% janvier 1914, page 4. ) )

EURIPIDE : Iphigénie en Tauride.

Essais, Livre Il, chap. XXXV : De trois bonnes femmes.

teuses ulcérées et qui, le voyant languir depuis longtemps, par pitié et pour abréger ses souffrances, lui proposa le suicide et se suicida avec lui en se faisant attacher à lui, afin qu'ils mourussent dans les bras l'un de l’autre.

Les femmes disaient qu’elles voulaient avoir des enfants. Dans certains cas, ce motif honorable pouvait être exact. Mais souvent aussi c’est parce qu'elles étaient des malades, des nymphomanes, des névrosées, des aliénées. La nymphomanie n'est-elle pas symptomatique d’affections graves () : certaines formes d’aliénation mentale, tumeurs kystiques, inflammations locales de la vulve et du vagin, prurit vulvaire? Mais on peut la guérir dans les cas de clitoris volumineux, par l’amputation du clitoris, opération simple pouvant être pratiquée au thermocautère d’après A. Lutaud. Souvent aussi parce qu’elles étaient privées et qu’elles avaient un besoin intense de l’apport viril, besoin non pas luxurieux mais physiologique, ce qu'on ne savait peut-être pas très bien à l'époque du Congrès. On sait que les vieillès filles présentent des manifestations psychopathiques et des troubles de la nutrition, et que la continence provoque parfois des malaises et des réactions miorbides. Or, l’étude des sécrétions internes des glandes et des tissus a permis à la thérapeutique, contemporaine de guérir ces affections et, par suite, de poser

le diagnostic exact du mécanisme de leur étiologie.

(1) A. LUTAUD : Manuel complet de gynécologie médicale rt chiruraicale.

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On les traite, on les améliore, on les guérit en donnant aux femmes malades de l'extrait testiculaire, non pas un extrait total, mais un extrait en grande partie, sinon exclusivement, de l'élément séminifère de la glande (# @®), Cet extrait a une action harmonique hétérologue.

D'autre part, la femme est souvent la cause de l'impuissance de son mari par la frigidité ou par angoisse de l'acte sexuel. « L’angoisse de l’acte sexuel peut conduire la femme, soit à un vaginisme très douloureux, soit à une frigidité qui troublera profondément la bonne entente des conjoints. Chez l’homme, on voit fréquemment survenir l’impuissance. » (),

La femme aime les guerriers. Elle admire leurs uniformes et leur force physique. C’est le cri du sexe, Aime-t-elle leur gloire? Qu'ils soient commotionnés anciens ® à la suite d’explosions de mines ou d'obus, par exemple et atteints ensuite de fatigue et de faiblesse, demandera-t-elle le Congrès ou ce qui le remplace? Je ne le crois pas. D'ailleurs, elles auraient à supporter le poids de critiques équitables.

Le k x

Autrefois on critiquait amèrement celles qui

1) L.-M. PIERRE et À. JOUVE : L'Opothérapie spermalogénique chez la femme.

(2) H. ViGxes : Applications de l'opotfhérapie testiculaire aux troubles gynécologiques. (Bulletin général de thérapeutique, mai 1926.) À |

(3) Dr G. PAPILLAULT : Analyse de la race €t de l'inconscient.

(Conférence au Musée Social, le 14 mai 126, sous es auspices de la Société française d'eugénique. ,

(4) LERI.: les enseignements de la guerre en pathologie cérébrale. ‘Bulletin de l'Union fédérative des médecins de réserve, mars 1927.)

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