‹ Quelles Considérations à propos du CongrèsChapitre 27 sur 60 · PRE · texte numérisé non relu

PRE

demandaient ou acceptaient le Congrès. « C’est déjà beaucoup, écrit Bayle ),'que de confesser publiquement qu’on ne peut se contenir. Or toute femme qui intente de tels procès, déciare devant tout le monde qu’elle a ce défaut : elle en livre un acte qui demeure dans les greffes et qui fournit un sujet de railleries à tous les plaisants et même un sujet de crainte au nouveau mari. Car, s’il se trouve obligé à faire de longs voyages ou s’il lui survient une longue maladie, quel fond fera-t-il sur la vertu d’une femme qui s’est confessée de son incontinence au vu et au su de toute la terre. N

« Notez qu'on ne veut pas dire qu'elles font un tel aveu en propres termes : on sait bien que pour l’ordinaire elles ne parlent que de l'envie louable d’avoir des enfants, mais le public ne se paye pas de cela : il interprète la chose au sens que je marque. »

Les causes médicales profondes sont donc l’impuissance de l’homme, la frigidité de la femme, la satiété, le désir de changer ou bien la déception.

En médecine légale, le mot impuissance est pris dans un sens plus étendu qu’en physiologie et comprend les cas d’absence ou d’atrophie des testicules. Il ne faut pas confondre impu#sance et stérilité. L’impuissance est l’incapacité d’un individu, quel que soit

son sexe, d'exercer le coït, tandis que la stérilité est

(1) BAYLE : Dict, hist, et critique.

tn) e—

l’impossibilité de féconder ou d'être fécondée. L'impuissance masculine tient à l’absence complète ou à une malformation, à une maladie des organes génitaux ou au défaut d’érection de la verge. L'absence de la verge ou son imperforation entraine nécessairement l'impuissance, L'hypospadias, la hernie scrotale, la cryptorchidie, l’absence des testicules ne l’entraînent pas. On sait que dans la Rome antique, les dames romaines recherchaient les eunuques par ablation testiculaire. Elles satisfaisaient avec eux leur lascivité sans avoir à craindre une maternité toujours possible. Les maladies par épuisement, les asthénies, les convalescences post-infectieuses, les affections systématisées nerveuses de la moelle ou du cerveau (!, qui désaxent l’activité corticale et exagèrent l’émotivité en rendant l'homme hésitant, craintif, aboulique et versatile, le font déchoir. L’impuissance n’est souvent qu'une forme de la faiblesse générale. Elle est due à l'atténuation de l'initiative cérébrale par la faiblesse physique. Quand il n'y a pas de faiblesse médullaire, de tabes, il faut songer à cette faiblesse, On la traite par l'opothérapie orchitique et par des toniques. Aujourd'hui, le jeune homme dont la requête provoqua l'initiative de la création du Congrès, s’il était tellement impuissant, n'aurait pas été poussé à cette extrémité par sa femme. Il fut allé trouver son médecin qui aurait mis

en œuvre pour lui toutes les ressources de la

(1) KRRAFFT-AEBING : Psychiâtrie. Trad. Laurent.

RE

méthode de Brown-Séquard perfectionnée par les recherches sur la carence prostatique et agrémentée par suite de préparations opothérapiques prostatiques sans compter celles au phosphore et s'il avait dû, quand même, subir le Congrès, il lui aurait ordonné une des préparations spéciales qui figurent dans nos formulaires, par exemple les injections hypodermiques suivantes (1?

Chlorhydrate d’yohimbine ....... 0 gr. 10

au distiliée"e CORRE OUTRE A PAIDISE

F. S. A. — Dose : 2 à 1 cent. c.

[La dose de la yohimbine est de 0 gr. 005 à 0 gr. 01 par 24 heures.]

Son insuffisance testiculaire, si elle existait, eût été vaincue. Le besoin de la fonction eût été augmenté par hyperspermatogénèse, et s’il y avait eu inhibition psychique au moment du Congrès, celle-ci eût été vaincue secondairement par l’opothérapie et premièrement par l’yohimbine.

Hs

Mais la vieille thérapeutique n'était pas sans armes, aussi, il semble, que sauf dans des cas réellement certains, la demande en annulation avec examens divers, dont l'épreuve du Congrès n’était souvent qu'une demande hermétique pour obtenir un divorce occulte désiré pour divers motifs dont celui d’ennui conjugal, « mal endémique de la cohabitation », à ce qu'assurent certains auteurs.

(1) GILBERT et YVON : Formulaire (ancien Dujardin-Beaumetz).

Page 1