L. BUCHNER
trois termes naturels sont complets : la vie donnée et reçue est transmise, Grâce à lui, le fléau de la dépopulation peut être enrayé, mais pour cela, il faut des mariages assortis, sélectionnés, C’est le but de l’eugé-nique et du certificat prénuptial, c'était peut-être une des conséquences du Congrès, cette sorte de certificat postnuptial. :
Mais pour cela il faut, au préalable, que la société assure aux époux le nécessaire social. Il faut que l’homme puisse ( 1° suffire à l'entretien actuel de son foyer; 2° Payer les avances de l'apprentissage ou de l'établissement de ses enfants (ces avances lui ont été fournies pour lui-même, par son propre père ; c’est une véritable prime d'amortissement) ; 3° assurer une provision en cas de chômage par accident, maladie ou faute d'emploi, et une retraite pour sa vieillesse et celle de sa femme; 4° Pouvoir économiser sur son gain journalier de quoi se reposer un jour par semaine et un nombre d'heures suffisant par jour, afin de remplir sans gêne ses devoirs de religion, de famille, de société et s'occuper un peu de son intelligence et de son âme. Il faut reconnaître que les lois sociales modernes tendent à réaliser ces desideratums mais, malheureusement, aucune d'elles ne tend à transformer la mentalité publique de manière à répandre l'esprit d'initiative personnelle source de toutes les énergies et de toutes les satisfactions dans la liberté.
(1) MILLOT : Que faut-ùl faire pour Le peuple ? p. 80.
ENST
C'est, qu'en effet, comme l’écrit Hugues Le Roux, qu'il faudrait citer longuement (), « la plaie du fonctionnarisme contribue à paralyser chez nous l'esprit d'initiative. Les Français savent mieux garder l’argent que le gagner et c’est ainsi que s’épuise la fortune nationale ». Mais ceci n’infirme en rien la fin sociale du mariage,
Pose
Le mariage peut être une cause de nuisance sans doute tant au point de vue pathologique qui nous intéresse particulièrement, qu'aux divers autres points de vue pouvant être envisagés. Les époux peuvent se communiquer de terribles maladies, ils peuvent s’être trompés mutuellement. Le Congrès jadis tâchait de mettre un peu d'ordre à cela. Mais c'était après coup, donc un peu tard. Le certificat prénuptial le fera en temps utile quand l’évolution des mœurs et des idées sera suffisante chez nous pour le faire pénétrer dans la pratique courante. Mais le mariage est d’une grande utilité pour l’homme et pour la femme. Il est un facteur de longévité et de moralité, il est une force de résistance aux causes de désagrégation morale et physique de la santé, Ta femme mariée s'épanouit. Pour elle, le célibat test atrophiant.
Certaines qualités sont requises pour entrer dans
(1) Nos filles, p. 27.
DA QT
Je mariage. Il y faut de la santé, de l’honorabilité des sentiments et la parité (1 des esprits et des cœurs, mais cela sans absolutisme.
Bref, il y faut des qualités morales et physiques. Les qualités morales principales sont la pureté et l’amour. Ce sont elles que le symbolisme de nos cérémonies si cher aux femmes a traduit par la couleur des vêtements. En effet, l'usage « à la fin du Moyen- Age, et plus tard encore, fut de se marier en rouge » @®), Dante, soupirant en présence de Béatrice, est représenté vêtu de rouge par l’iconographie italienne. La première robe de mariage blanche fut portée par Marie Stuart. C’est en 1558, lorsque la jeune reine écossaise épousa François Il, qu’elle innova en portant une robe de brocart blanc. Toutefois, un manteau de cour en velours de Perse bleu recouvrait la robe. C’est seulement à la fin du xvn° siècle que l’usage de la robe blanche se généralisa pour les jeunes mariées. Les jeunes hommes se mettaient aussi en blanc, si je dois avoir confiance dans la sûreté de documentation de nos grands théâtres où j’ai vu les deux fiancés vêtus de blanc; la fiancée en robe de brocart blanc et le fiancé en toque, pourpoint, hautde-chausses et souliers de satin blanc. Le rouge était le symbole de l’amour et du sacrifice et le blanc est celui de la pureté. Ces symbolismes correspondaient sans doute à la quintessence de la mentalité de leurs époques respectives.
(1) Dans tout mariage, il y a forcément une certaine mésalliance des Âmes (Rostand).
(2) QUICHERAT : Histoire du costume en France, pp. 312-313.