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en sont dépourvus, à la disposition de ces isolés, de ces Sauvages, gauches et par trop concentrés.
Dans une de ces familles d'’isolés, voici une jeune fille de qui le teint jaunit, que des vapeurs étourdissent, « marques d'un célibat trop prolongé ». Mariez-là ! conseille le médecin. Mais à qui? Il y a des dames compatissantes dont le salon est propice aux rencontres. Comme par hasard, on en rencontre une (on avait confié son embarras à son notaire ou à son curé). Elle vous invite à prendre un thé. L'affaire est emmanchée et quand toutes les voies sont aplanies, c'est le {hé familial ou la sauterie intime et la jeune fille ne soupçonne rien. Le salon est respectable, la dame n'a pas de ressources bien connues, mais ell: vit dignement. Qui paie les gâteaux et empêche la dame d’être saisie le lendemain? Une agence d’affaires qui envoie toujours un de ses représentants — un ami d'enfance de la dame — surveiller l’entrevue et veiller à ce qu'il n’y ait pas de coulage. Evidemment, quelque petite que soit la dot, une partie servira à rémunérer tous ces intermédiaires : le notaire, la dame respectable, l'agence. Souvent le futur, la future ou leurs parents, sont tenus de s'engager par écrit à rémunérer tous ces concours, Mais la loi ne reconnaît pas cette sorte d'engagement. Il est taxe d'immoralité. Il reste à l'agence, aux marieuses el aux marieurs la ressource de « faire chanter » l’inté: ressé, c’est-à-dire de menacer de révéler à son conjoint ce qui s’est passé. Mais, l'union réalisée, les menaces sont parfois insuffisantes. Ordinairement, on
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transige par un compromis entre la commission stipulée et une somme en pis-aller.
Ces intermédiaires organisent très bien leur affaire. Ils sont à l'affût des affaires possibles. Ils les font réussir grâce à mille ruses. Ils savent mettre en avant tous les sentiments. Tantôt c’est au profit de l1 famille et de la prolification, tantôt au profit immédiat des intéressés, Bref, ils sont très habiles. Il serait souhaitable que cette habileté soit mise au service de l’'eugénique et, pour cela, que cette profession, car c'en est une, passe du domaine de l'inconnu dans celui du connu et soit soumise à certaines règles en faveur des couples qu’ils forment et dont certains, dit-on, n’ont pas à se plaindre.
Avec le mariage bien réglé, eugénique, on verrait disparaître l’angoisse du mariage et diminuer le nombre des divorces.
Au cours de la vie, chacun de nous reçoit des chocs émotifs dont le souvenir persiste à l’état latent dans l'inconscient. À l’occasion d’un acte grave, une angoisse survient. On ne sait quelle en est la cause, mais si on fait la psychanalyse, on parvient à décou-vrir la trace de ces chocs anciens.
Il y a une angoisse du mariage qui conduit à l’aboulie du mariage, le sujet pesant sans cesse le pour et le contre, comme l'a déjà fait remarquer Rabelais, qui avait tout vu et qui savait tout. On la