‹ Quelles Considérations à propos du CongrèsChapitre 7 sur 60 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le travail de l'étudiant, à dit Louis Couvreur, consiste à apprendre pour soi-même, le travail de l’homme à produire et à réaliser; il y a là un nouvel effort à fournir et, selon la maxime profonde d'Ollé Laprune, le premier effort à faire pour êtres un homme, c’est de penser par soi. C’est ce que j'ai voulu tâcher de faire en consacrant ma thèse inaugurale à un sujet que d’aucuns trouveront peut-être un peu singulier. Mais, ici, je suis sans crainte, parce que ceux qui ont à juger mon travail sont des hommes trop avertis pour ne pas l’accepter, je ne dirai pas seulement avec leur bienveillance coutumière devant l’Idée légitime qui ne veut pas rester dans les limbes de la velléité, mais avec l'esprit qui sait déceler les plus secrètes pensées sans même avoir besoin de mettre en œuvre les disciplines de la psychanalyse. Ma pensée secrète est bien simple. C’est une pensée

uniquement médicale, vierge de tout alliage impur,

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parce qu’elle se sait dérivant de l’art le plus noble, de l'art que nos pères classaient dans les arts majeurs.

Les circonstances m'ont permis de pénétrer dans une de ces bibliothèques composée d'ouvrages anciens et rares. Je les. ai d’abord regardés avec

curiosité et puis leur charme si prenant m'a enveloppé et je les ai feuilletés avec une joie profonde. J'ai admiré les éditions merveilleuses que sont les Dictionnaires in-folio de Bayle, de Trévoux, les œuvres d’'Erasme, avec leurs frontispices, leurs gravures, leurs lettrines et même l'Encyclopédie de Diderot, Mon admiration n’a pas été moindre lorsque j'ai examiné les ouvrages classiques de format plus modeste de nos vieux maîtres, ces graves Docteursrégents de l’ancienne Faculté! Là aussi, j’ai trouvé, unies, toutes les beautés de l'édition : papier, typographie, gravures, et, à la lecture, je me suis aperçu que ces vieux maîtres à grande perruque avaient le souci unique d’instruire le lecteur, de le nourtir de tous les sucs de leur pensée et de leur savoir. En pratiquant tous ces auteurs archaïques inconnus de la masse hypnotisée par la gloire tapageuse des écrivains admis à figurer dans les programmes du baccalauréat, j'ai souffert en songeant que leurs noms sont estompés sous le voile de l’oubli, je me suis pénétré de leur grandeur, j'ai admiré leur labeur et me

suis senti petit à côté d'eux. L'esprit rempli de ces

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