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ACTE PREMIER. — &GÈNE PREMIÈRE, 205 LE PRINCE

En temps ordinaire?

LAMBERT

Toujours !

LE PRINCE

Mais quand vous jouez, vous devriez peut-être changer.

LAMBERT

Oh! non!... Moi, vous savez, Monseigneur, je me connais; je ne suis pas un enfant; je serais malade: je perdrais encore plus.

LE PRINCE

Peut-être pas... Et, dites-moi, vous avez beaucoup perdu?

LAMBERT

Beaucoup, Monseigneur... du moins, beaucoup pour moi.

LE l' RINCE, sentencieux,

Quand on perd, retenez bien ceci : quand on perd, c'est toujours beaucoup et pour tout le monde.

LAMBERT

Et vous-même, prince, vous êtes heureux?

LE PRINCE-

Oh! moi, maintenant, c'est à peine si je joue; ce n'est plus comme autrefois.

LAMBERT

Vous jouiez beaucoup?

LE PRINCE

Beaucoup!... J'ai laissé, ici des fortunes.

LAMBERT

Des fort unes!...

Oui ; mais, j'avais, au moins, la consolation de perdre en sachant jouer.

LAMBERT

Je vous avouerai, prince, que j'aimerais mieux gagner en ne sachant pas jouer.

LE PRINCE

Parce que vous n'êtes pas un véritable joueur au sens artiste du mot.

LAMBERT

Peut-être... Toujours est-il qu'il est bien fâcheux de se trouver ennuyé, comme moi, en ce moment.

LE PRINCE

Cela s'arrangera, puisque je vous ai promis de vous présenter à la générale de Saint-Alain.

LA MBERT.

Vraiment, prince, vous consentiriez?...

LE ['RINCE

Eh ! parbleu, oui.

LAMBERT

Je ne sais comment vous remercier.

LE PRINCE

Ne me remerciez donc pas, cher Monsieur... (Cherchant.) Monsieur... mais comment donc déjà ?. ..

LAMBERT

Lambert... Auguste Lambert.

LE PRINCE

Auguste Lambert! Ah! oui, c'est vrai!... Eh! bien, cher Monsieur Auguste Lambert, je suis enchanté, je vous le répète, de vous rendre ce léger service;

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