ACTE PREMIER — SCÈNE PREMIÈRE
d'ailleurs, ce que je fais est tout naturel : nous sommes à Monte-Carlo, nous habitons le même hôtel, et, entre gens du monde et du même hôtel, on se doit bien quelques égards.
LAMBERT, avec émotion.
Vous êtes tout à fait grand seigneur !
LE PRINCE, simplement.
Je suis le prince Kougeloff !
LAMBERT, sinelinant.
Monseigneur!
LE PRINCE
Et puis, je vous connais.
LAMBERT, ravi.
Ah ! vraiment !
LE PRINCE
Je vous connais pour vous avoir vu ici, et dans les salons de jeu... Je sais que vous êtes commerçant, marchand de tableaux, je crois?
LAMBERT
Oui, Monseigneur, marchand de tableaux... à Paris.
LE PRINCE
Eh! bien, vous m'êtes très sympathique. Tout à l'heure, je vous présenterai à mon amie, la générale de Saint-Alain, et, si le bijou dont il est question lui plaît, vous pouvez être sûr qu'elle le prendra.
LAMBERT
Vraiment, je suis confus.
LE PRINCE
Ne soyez donc pas confus. Ce que je fais est, je vous le répète, très simple. D'ailleurs cela fera plaisir à Madame de Saint-Alain. La générale n'est pas seule-
nipnt immensément riche, elle est très artiste : elle recherche les belles choses; et si, même,- vous aviez d'autres objets, mais de grande valeur, vous pourriez les lui montrer.
LAMBER T
Non, prince, ici, je n'ai rien; mais à Paris, c'est différent : j'ai des tableaux superbes.
LE PRINCE
Ah! vraiment !
LAMBER T
J'espère, d'ailleurs, que vous viendrez les voir.
LE PRINCE
Certainement! les belles toiles c'est si intéressant, n'est-ce pas?
LAMBERT
Surtout quand elles ont des acheteurs.