‹ Quelques actesChapitre 143 sur 238 · ACTE PREMIER — SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER — SCÈNE PREMIÈRE

d'ailleurs, ce que je fais est tout naturel : nous sommes à Monte-Carlo, nous habitons le même hôtel, et, entre gens du monde et du même hôtel, on se doit bien quelques égards.

LAMBERT, avec émotion.

Vous êtes tout à fait grand seigneur !

LE PRINCE, simplement.

Je suis le prince Kougeloff !

LAMBERT, sinelinant.

Monseigneur!

LE PRINCE

Et puis, je vous connais.

LAMBERT, ravi.

Ah ! vraiment !

LE PRINCE

Je vous connais pour vous avoir vu ici, et dans les salons de jeu... Je sais que vous êtes commerçant, marchand de tableaux, je crois?

LAMBERT

Oui, Monseigneur, marchand de tableaux... à Paris.

LE PRINCE

Eh! bien, vous m'êtes très sympathique. Tout à l'heure, je vous présenterai à mon amie, la générale de Saint-Alain, et, si le bijou dont il est question lui plaît, vous pouvez être sûr qu'elle le prendra.

LAMBERT

Vraiment, je suis confus.

LE PRINCE

Ne soyez donc pas confus. Ce que je fais est, je vous le répète, très simple. D'ailleurs cela fera plaisir à Madame de Saint-Alain. La générale n'est pas seule-

nipnt immensément riche, elle est très artiste : elle recherche les belles choses; et si, même,- vous aviez d'autres objets, mais de grande valeur, vous pourriez les lui montrer.

LAMBER T

Non, prince, ici, je n'ai rien; mais à Paris, c'est différent : j'ai des tableaux superbes.

LE PRINCE

Ah! vraiment !

LAMBER T

J'espère, d'ailleurs, que vous viendrez les voir.

LE PRINCE

Certainement! les belles toiles c'est si intéressant, n'est-ce pas?

LAMBERT

Surtout quand elles ont des acheteurs.

Page 1