ACTE PREMIER. — SCENE III
LAMBERT
Vivre seule ! parce que tu irais, de temps en temps, te promener sans moi... Enfin! On t'a ordonné de quitter Paris pour prendre l'air et non pas pour me suivre.
HENRIETTE
Moi ' je te suis ?
LAMBERT
Quand tu ne me suis pas, tu me précèdes. Je ne peux pas faire un pas sans toi... Je ne peux pas m'asseoir à une table de jeu sans t'avoir à côté de moi, devant moi, derrière moi. Tu es là, tout le temps là, el le résultat est aussi là... Je perds ce que je veux.
HENRIETTE
C'est moi qui te fais perdre?...
LAMBERT
Parfaitement !... tu me troubles : je ne peux pa-s suivre mon système.
HENRIETTE
Ton système! Laisse-moi rire!... Ali! il est propre, ton système : tu n'as pas gagné une seule fois.
A cause de toi. Uniquement à cause de toi : (Mimant la scène) au moment où j'ai besoin detoutemon attention tu arrives, tu me parles, tu me pousses le bras; on, si tu es loin de moi, lu tousses : je lève la tête, je te vois jouant la pantomime, me faisant signe de ne pas jouer, prenant une physionomie de femme martyre. Tout cela m'agace, m'énerve; je me trompe dans mes calculs et je perds.
HENRIETTE
Tu me fais rire.
L'administration, tu entends... l'administration le paierait pour m'enqurher de gagner que tu n'agirais pas autrement.
HENRIETTE
Ah! lues idiot!... En attendant, si lu m'avais écoulée hier, si tu t'étais levé quand je le l'ai dit. il est probable que tu n'aurais pas tout perdu et que lu n'en serais pas réduit, aujourd'hui, à vendre 1«'- bijoux de ta femme.