A ( : T F. I> 1! E .M I F. R. — S < : F. N FIN
conseillée du tout, et je n'ai jamais eu l'intention, comme tu le crois, de... enfin ! de supprimer qui que ce soit. Non, mon ami, rassure-toi... D'ici quelque temps... avant qu'on ne s'aperçoive de mon état... j'irai tout bonnement chez tante Agathe... Elle possède là-bas, dans le Midi, une propriété...
ROBERT, très étonné.
Tu ne me l'avais jamais dit.
ALICE
Eh ! bien, je te le dis, voilà tout ! Tante Agathe est la bonté même; je lui ai tout avoué, et c'est ellemême qui m'a proposé cette solution.
Quand donc lui as-tu dit cela?
ALICE
Mais hier, en sortant de chez le médecin.
ROBERT
Et lu ne crains pas que le médecin aille tout raconter à ta mère?
A LICE
Tu penses que je n'ai pas été voir le médecin de la famille; d'autant plus que je me doutais bien un peu de ce que j'avais en y allant.
ROBERT
Et comment?
ALICE
11 y a quelques jours, j'ai vu Henriette, une amie de pension qui est mariée depuis deux ans ; comme je lui disais ce que j'éprouvais : «Ma petite, m'a-t-elle c< répondu, c'est curieux, mais si lu n'étais pas jeune
<< fîllp, je te dirais que tu vas devenir maman... » Tu penses si cela m'a mis la puce à l'oreille.
ROBERT
Oui... (Un temps et un peu méfiant.) G' est vrai tout cela? ALICE.
Quoi ?
Toutes ces histoires?... (Se levant et énervé.) Est-ce cpie je sais, moi? Tu me parles d'un tas de gens que je n'ai jamais vus... Henriette, tante Agathe... est-ce que je sais seulement s'ils existent!
ALICE, indignée.
S'ils existent ! Alors tu crois que je mens?
ROBERT, s'excusant.
Je ne dis pas cela.
A LIC E. même jeu.
Si ! si ! Je mens... n'est-ce pas?... Je suis une menteuse, une menteuse...
Elle éclate en sanglots.
ROBERT
Mais, ma chérie, voyons, calme-toi.
ALICE
Non! non!... c'est trop fort! Me traiter de menteuse !
ROBERT
Ma petite Alice, je t'en prie.
ALICE, tombant sur la chaise près de la table.
Non, laisse-moi... Mettre en doute ce que je dis... Oh ! non vrai, je ne m'attendais pas à cela.