ACTE PREMIER. — S CE NE IV
a Lien.
Un jour je me suis laissé emmener chez toi, ici. là où nous sommes ; et ce que lu me demandas de te donner, souviens-toi, ne fut ni mon nom, ni nu m adresse.
ROBERT
Evidemment!... Mais enfin... ma chérie...
ALICE
Laisse-moi continuer. Je t'ai dit ceci : « Je me donne à vous lihrement. .. Je veux que vous nj'aimiez tant qu'il me plaira d'être aimée... Ne cherchez pas à savoir d'où je viens et où je vais; prenez-moi comme on prend une fleur, sans se soucier ni de l'endroit où elle a pu éclore, ni de celui où elle mourra. >
ROBERT
tout cela, c'est des phrases ! Et d'ailleurs, à ce moment-là, je ne t'aimais pas comme je t'aime aujourd'hui.
ALICE
El pourtant tu me disais que jamais tu n'avais autant aimé et que jamais tu n'aimerais autant.
Qu'est-ce que cela prouve?
ALICE
Que la vérité du moment ost rarement la vérité.
BOBERT.
Tu parles, ma chérie, comme une personne ayant une très grande expérience ; tu ouhlies que tu n'es qu'une enfant.
ALICE
Chez la femme, l'instinct supplée à l'expérience.
Mon LA VI. M I li K.
ROBERT
Je sais que tu trouveras toujours des raisons qui n'en sont pas.
ALICE
Ce sont les meilleures.
liOBERT.
11 ne s'agit pas de se payer de mois: il faudra bien avouer à ta mère...
ALICE
Je ne veux rien avouer.
ROBERT
Voyons !... Tu parles comme une innocente : il arrivera un moment ou ta mère s'apercevra de ton état.
ALK'.E.
Maman ne s'apercevra de rien... Je ferai tout, lu entends : tout, pour qu'elle ne s'aperçoive do rien.
ROBERT, avor une émotion grave.
Oh! pardon... là, je t'arrête... Je crois comprendre... Eh bien! jamais, tu m'entends : jamais, je ne me prêterai à une eboseque je considère, moi. comme un crime.
ALICE
Qu'est-ce que lu veux dire ?
ROBERT, même jeu.
Je veux dire que lu as été mal conseillée... et que Ion n'a pas le droit, pour quelque cause que ce soit, de supprimer la vie du petit être...
A L I C E, éclatant <!<-• rire.
Ah ! ça, non ! mais tu deviens fou ! Je n'ai pas été