SCENE VI
bOllIie au COUrant du Service. Lui montrant son menton.
Tiens, tu vois ces boulons.
BRI N G V E, après Lui avoir, de très prés, regardé le visage.
Non.
FLOCHE
Comment! Non... tu ne vois pas que j'ai des boutons.
MADAME F L 0 C il E , à. son mari.
Mais non, tu exagères aussi, tu liniras par te rendre malade pour tout de bon, tu n'as pas de boutons, je te l'ai déjà dit ce matin.
F LOCHE, rageur.
Ah ! vraiment, je n'ai pas de boutons. Eh bien, ces boutons que vous ne voulez pas voir, je sais ce que c'est, moi : c'est le restaurant, c'est cette nourriture échauffante qui finira par me donner une bonne gastralgie.
MADAME FLOCHE
Ah ! ça, je le crains.
BRINGUE
Il y a pourtant des gens qui se portent bien et qui mangent toujours au restaurant.
FLOCHE
Les maîtres d'hôtels.
BRIiNGUE, un peu vexé.
11 n'y a pas que les maîtres d'hôtels...
FLOCHE
Bon ! 11 va nous soutenir que la place d'un homme marié est au restaurant. (A Bringue.) Toi, ça t'irait celte existence de guéridon de cabaret.
BRI. Mi l E.
Moi!
FLOCII E.
Oui. mais pas moi; ça n'est pas la peine d'avoir une femme et un intérieur pour aller s'ingurgiter des sauces. (A sa femme.) Enlin, quoi? tu n'es pas de mon avis?
MADAME FLOCHE
Mais si, mon ami, seulement il ne faut pas non plus te décourager ainsi.
BRINGUE
Mais oui, tu es un homme.
FLOCII E.
Il ne s'agit pas d'être un homme; il s'agit de ne plus être un vieux garçon. (Désespéré. Vraiment, c'est pitoyable ! J'ai l'estomac dans un état!...
BRINGUE
Tu devrais suivre un régime.
FLOCHR.
Un régime ! comme c'est commode !
MADAME FLOCHE
Oui, cela n'est possible que si l'on prend ses repas chez soi.
BRINGUE, s? levant.
Pas du tout... j'en connais un purement physique qui est excellent. C'est un régime très recommandé par les médee.ins allemands. Tous les malins, au suit du
lit, eil chemise, (il tend la main droite en avant, la ferme, puis fait le geste de lancer dessous) tu prends Une pOlgllée (le
sous, de gros sous, et tu la lances à travers la chambre. Les sous tombent...