SCÈNE VIII
GERTRUDE, s'approchanl de Floche.
Voilà !
FLOCHE, baissant la voix.
Alors, c'est vrai?
CERTRUDE.
Quoi?
FLOCHE
Vous restez?
GERTRUDE
Dame! écoutez, j'hésile.
FLOCHE
Il n'y a pas à hésiter. (Uq petit temps.) Il faut vous en aller.
Mouvement d'étonnement chez Bringue.
GERTRUDE
La place ne me paraît pourtant pas mauvaise. Madame n'est pas exigeante.
" FLOCHE
Mais si, mais si, Madame est exigeante, la place est mauvaise, le service est impossible, vous aurez des ennuis, des ennuis. Voyons, qu'est-ce que je vous ai donné ce malin?
GERTRUDE
Dix francs.
FLOCHE
A quelle condition?
GERTRUDE
A la condition que je m'en aille sans rien dire à Madame.
FLOCHE
Eh bien, allez-vous-en. Je vous le répète : ce que j'en fais, c'est pour vous... Vous pensez bien qu'il y a une raison, si Madame ne peut pas ganter de bonne; vous, vous êtes une brave fdle: vous en avez l'air.
GERTRUDE
Monsieur est bien bon.
FLOCHE
Cela me ferait de la peine de vous voir dans le pétrin... (Lui donnant une pièce.) Allons ! tenez, voilà encore dix francs et tilez.
G E li T H U !• K, empochant les dix francs.
Entendu.
FLOCHE
Mais pas un mot à Madame.
GERTRUDE, se dirigeant vers la droite.
Mais voyons, Monsieur.
FLOCH E. raccompagnant.
Dites n'importe quoi?... ou plutôt ne dites rien... c'est plus simple.
GERTRUDE
Mais oui. Oh! c'est pas difficile.
FLOCHE
Allons, adieu ma fille.
GERTRUDE
Adieu, Monsieur.
Elle sort par la porte de droite.