Doctrines de haine, p
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et dans tous les partis dignes de ce nom, le plus j^souA ent, des sympatliies, et toujours au moins le respect. — Je l ai vu respe^^té, même dans ch
milieux bien violents, lorsqu'il présidait, dans Iji salle des Sociétés savantes, les conférences orga|||^ nisées par le Comité de a Défense sociale ». Des groupes d'anarchistes peu rassurants venaient hurler au pied du bureau, ou même plus d'une foj|||||i|(ï l'envahirent : et il leur tenait tête avec une crânerie i qui les déconcertait, provenant d'un <x bourgeois » si peu musclé et si sûr de son courage.
Dans des milieux d'ordre intellectuel plus élevé, chacun s'inclinait devant la profonde connaissance que A. Leroy-Beaulieu possédait de tous les j)roblèmes de la j^olitique contemporaine, problèmes religieux, ethnographiques, sociaux et| politiques qui étaient devenus son domaine propreij Il les avait étudiés dans les divers pays ; et de ces^ divers pays, Russie, Italie, Allemagne, Angh terre, Espagne, il savait et pratiquait courammen| la langue, ce qui lui j)ermettait la lecture de! journaux et les conversations familières avec les politiques et les intellectuels, aussi bien qu av les simples bourgeois ou paysans, dont il touchait ainsi la mentalité intime.
Il a consacré au premier de ces pays, la Russie^j^
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après des séjours prolongés, et comme par une singulière prévision du rôle qu'elle devait jouer clans nos propres destinées, un ouvrage considérable, qui assura sa renommée comme historien, qui fut toujours consulté par ses nombreux successeurs, et qui, traduit en plusieurs langues, fait encore autorité, même chez nos alliés moscovites. Les liens qu'il avait contractés avec ce pays, l'admiration qu'il gardait pour ses grandes qualités et ses ressources d'avenir, n'empêchèrent jamais l'indépendance de son jugement au sujet de la pohtique de ses hommes d'Etat, et, dans plusieurs circonstances, les opprimés de la race, de la religion ou de la politique trouvèrent en lui un courageux défenseur, chez qui la modération des mois et la mesure dans la critique n'excluaient pn?; la fermeté de la pensée. Déjà un article anonyme de 1888, dans la Revue des Deux Mondes, mais recueilli ensuite par Leroy -Beaulieu dans son volume France, Russie et Europe, qui ht beaucoup de bruit, contenait certaines réserves au sujet de l'Alliance. Plus tard, dans une conférence à V Ecole des sciences politiques, en 1907, il faisait encore à l'égard de la Russie preuve d'une justesse de prévisions que les événements ont singulièrement confirmée :
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(( Tous ceux qui m'ont fait rhonneur de suivre v mes cours depuis quelque vingt-cinq ans, disait » il, savent que je n'ai cessé d'annoncer quel auto- ) cratie russe ne pouvait plus vivre longtemps. ^ Rien que le gouvernement russe semble prétendre j la maintenir en théorie, l'autocratie tsarienne es
si malade, que j en suis convaincu, elle ne saurai! guérir. A mon avis la faute caj)itale du gouverne-ment russe a été de ne pas savoir prendre les^ devants... Toutes les doctrines nouvelles étant n également prohibées, les idées libérales aussi a bien qige les idées révolutionnaires, ce sont naturellement ces dernières, les plus simples et les plus séduisantes pour un peuple encore inexpérimenté, qui ont germé le plus vite sur ce sol 1! primitif. Le gouvernement a fini par se résigner. . . sous la pression de la guerre, de la défaite, Rien de plus malheureux pour un peuple que de dé buter dans la voie de la liberté sous de pareils auspices.
«... C'est pour moi un axiome ajoutait-il, cl je l'ai dit et redit sans cesse en cette chaire, que la force de la Russie n'est pas en proportion de sa masse... Si la Russie a une grande force, c'est une force de résistance chez elle, à l'intérieur, une force défensive, ce n'est pas une force offensive.
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encore une chose que je ne me suis pas lassé !e répéter à propos de l'alliance. Il est peut-être loiireux pour nous que l'expérience n'en ait pas Hc faite dans d'autres conditions (que la guerre russo -japonaise). . . »
La soif de la justice qui l'inspirait dans sesjugemonts sur la Russie, il la portait dans tous les sujets d'étude qu'il abordait sous l'impulsion des vénements contemporains, aussi bien en notre propre pays qu'à l'étranger, dans les conférences ou il se prodiguait, dans ses allocutions, dans ses préfaces, dans ses articles de journaux ou de revues qui portaient loin son nom et ses pensées. 11 n admettait pas comme une force durable la simple force, et l'idée ou le sentiment lui apparaissait l'un de ces impondérables qui pèsent définitivement plus dans la balance du monde que le lourd poignet du tyran individuel ou collectif, de trône ou d'autel, d'église ou d'état, de secte ou de syndicat. Profondément imbu, dès sa jeunesse, de ( liristianisme, il y aimait surtout ce qui unit les hommes, et il y recherchait plutôt des points de contact avec d'autres croyances que des sources d'exclusivisme'. Le fanatisme lui répugnait par-