‹ Quelques Applications Dermiques et Transdermiques De L'InsulineChapitre 12 sur 20 · RES · texte numérisé non relu

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Résumé de Karl Hedem

« Il ressort de nos documents que sur 32 cas d’ulcères variqueux « des jambes, traités par la pommade à l’insuline Fornet, 20, c’est-à- « dire 62,5 % furent complètement guéris ; 3, c’est-à-dire 9 %, presque « guéris, 5 ou 15,5 % largement améliorés et 4 (13 %) restèrent sans « grand changement. Ces résultats éminemment favorables sont à rap- « procher des 66 cas que nous avions précédemment traités avec de la « pommade à l’insuline Vitrum. Nous possédons donc indubitablement « dans ces pommades à l'insuline, des médicaments de choix, pour gué- « rir les ulcères variqueux. »

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B) Observations d’ulcères radiologiques

Nous avons vu que Voet, de Tubinge, avait occasionnellement employé la pommade à l'insuline pour traiter des ulcérations roentgéniennes. Il avait obtenu les mêmes résultats favorables que dans le traitement des ulcères variqueux.

Afin de ne pas alourdir notre travail et ne pas répéter à propos d’ulcérations radiologiques des observations absolument semblables à celles des ulcères variqueux, ce qui serait fastidieux, nous nous bornerons à une seule auto-observation d’un médecin berlinois qui, après avoir entendu, on devine avec quels sentiments, deux de ses maîtres chirurgiens lui conseiller l’amputation d’un bras, eut la joie d'éviter cette mutilation après trois mois de traitement avec de la pommade à l’insuline.

Communication du Docteur Zernick, de Berlin

« Il y a neuf ans, souffrant de psoriasis aux deux coudes, j'ai « été traité par la rontgenthérapie. Le coude droit guérit, mais à < gauche, il y eut des récidives que l’on traita de nouveau par les « rayons. Le psoriasis disparut, mais il se produisit à la place, une « atrophie cutanée typique de la région irradiée, puis une excavation « de la peau qui suivit le cours naturel de ces lésions et devint saigno- « tante.

« En août 1937, la plaie fut infectée secondairement, la peau « tomba, découvrant un petit uleère rond de 10 mm. de diamètre, plat, « à bords aigus, mobile sur l’os. Thérapeutique : enveloppement avec « des bandes enduites de pommade non irritante, feuille d’argent et « finalement traitement par les ondes courtes, le tout en vain. Un < chirurgien réputé diagnostiqua un eareinôme et fin novembre 1937,

« me proposa l’amputation. Je me construisis alors une éclisse de « protection sous laquelle je mis un pansement de pommade à l’insuline « F. L’ulcération diminua lentement, passant en trois semaines de € 10 mm. à 5 mm. de diamètre et au début de mars 1938, elle était, à « ma grande joie, guérie, avec une cicatrice souple et lisse, mobile et « indolore. Ni rechute, ni réaction jusqu’à maintenant (17 oct. 1938).

C) Observations d’ulcérations infectieuses

A priori, l’emploi de l'insuline dans les ulcérations infectieuses peut surprendre, car cette hormone n’a en soi rien de microbicide, mais à notre avis elle influe sur l’autre plateau de la balance, le terrain, et permettant à celui-ci de se régénérer plus rapidement, elle favorise sa victoire dans la bataille cellules contre microbes. Un jeune auteur, prématurément décédé, et auquel nous rendons ici hommage, associait dans le traitement des plaies infectées, vaccin et pommade à l’insuline, ce qui lui donnait d'excellents résultats, supérieurs à la simple addition des effets des deux médications séparées.

Déjà, les résultats remarquables de l’insulinothérapie sur l’évolution des suppurations et plus particulièrement des anthrax chez des diabétiques, avaient incité quelques médecins à employer l’insuline dans le traitement des suppurations chez des malades aglycosuriques mais hypergelycémiques, puis chez des sujets à glycémie normale. Picard (Deutsche Mediz. Wochensch 1927) rapporte 35 cas d’affections staphylococciques et streptococciques aiguës, (furoncles, anthrax, abcès tubéreux, ostéomyélites), chez des malades non diabétiques, traités avec succès par l'insuline.

Huang (Arch. f. klin Chair. 166, mars 1931) associe l’insuline à l’excision dans le traitement de l’anthrax non seulement chez les diabétiques mais chez des sujets aglycosuriques.

Delrez (Insulinothérapie de l’anthrax en dehors du diabète, Le Scapel, 85° année, n° 43, 22 octobre 1932, p. 1281) rapporte 20 observations de malades aglycosuriques et aglycémiques porteurs d’anthrax et traités par l’insuline. Dans 6 cas, en dehors de tout traitement local, l’anthrax s’est flétri en 3 ou 4 jours et est entré en régression.

Van Erps (Le Scapel, février 1934) rapporte une série d’observations de septicémies puerpérales ou post abortum chez des nondiabétiques, traitée par l’insuline et qui montre :

1° Un abaissement de température parfois définitif et complet sans autre médication ;

2 L'euphorie; dans certains cas, malgré la persistance de la fièvre, la malade se trouve bien, présente de l’appétit et son pouls se régularise ;

3° Une période de convalescence très abrégée.

Par ailleurs, Pech (Soc. des Sciences médicales et biolog. de Montpellier, séance du 8 février 1929) avait signalé la chute de température dans les pyrexies sous l’influence de l’insuline.

E. Benn, E. Hugues, $S. Alstead, (Lancet, 4 février 1932) montrent que le traitement de la diphtérie toxique est rendue plus efficace par l'association à l’antitoxine de dextrose et d’insuline.

Enfin, Raige a insisté sur la nécessité de l’insulinothérapie dans certaines staphylococcies pour permettre l’action du bactériophage.

Quoique dans les cas ci-dessus l’insulinothérapie n'’ait pas été faite uniquement par l'emploi de pommade, ils encouragent très fortement À penser qu’un traitement local devrait être aussi efficace. C’est ce qui explique les résultats favorables qu'a bien voulu nous signaler le Docteur Salzac, ophtalmologiste à Pau, dans des cas d’orgelets récidivants, de blépharites et d’herpès, après débacle du sucre.

La même action non pas anti, mais contre-infectieuse se retrouve dans les communications de médecins coloniaux qui eurent à soigner ces plaies chroniques si fréquentes entre les tropiques et l’équateur. C’est ce que signale le Docteur Gutman au Congo Belge, c’est ainsi qu’à Madagascar l’on soigne cette ulcération à marche rapide dénommée : « plaie malgache ».

Par simple rapprochement géographique nous citerons une intéressante communication du Docteur Ch. Décés, directeur de la léproserie de Marana, à Madagascar :

« J'avais un petit bonhomme d’une douzaine d’années couvert de « léprômes sur les membres et sur la face. J'avais essayé sans succès « toutes sortes de remèdes quand il me vint en pensée d'essayer de la « pommade à l’insuline. Au bout de deux mois, je remarquai que les « léprômes non ulcérés, tout en subsistant encore, avaient diminué. Sans « doute ce n’était pas une guérison mais une notable amélioration. « Depuis, j’ai eu l’occasion d’employer la pommade à l'insuline Fornet, « dans les mêmes conditions et avec les mêmes résultats que pour le « cas précédent ; bien entendu, il ne s’agit que d'amélioration et non de « guérison. »

D) Observations de plaies atones

L'action stimulante de l’insuline dans le processus cicatriciel, ce eoup de fouet qu’elle donne aux tissus pour augmenter leur activité et leur combativité, se retrouve lorsqu'on applique de la pommade à l’insuline sur les plaies dites « atones ». Voici sur ce sujet deux observations qu'a eu la complaisance de nous communiquer le Docteur Amé Seatelli, d’Allauch, auquel nous adressons nos sincères remerciements :

OPSERVAMIONREEAME Se r, 69 ans, se présente à ma consultation le + février 1934 et me demande de la guérir d’une ulcération qu’elle présente

sur le nez depuis huit ans. Cette ulcération a résisté à toutes les pommades preserites par un confrère depuis cette époque lointaine.

Elle a la dimension d’une pièce d’un franc et montre un fond absolument atone, sans aucun bourgeonnement, ainsi que des bords irréguliers, déchiquetés.

Cette ulcération si mal placée et d'aspect si répugnant décourage la malade à un tel point qu’elle parle de se suicider.

Après lui avoir « remonté le moral », je lui prescris nettoyage à l’eau d'Alibour et pommade à l'insuline Fornet matin et soir.

Le 11 février 1934, c’est-à-dire après une semanie de traitement, l’amélioration est nette, la plaie est plus propre, la cicatrisation est amorcée.

Le 18 mars 1934, la guérison est presque complète; l’ulcère, presque entièrement cicatrisé, ne présente plus que la dimension d’une lentille. Le traitement est continué.

Je ne revois plus la malade au cabinet, mais j'ai l’occasion de la rencontrer en avril 1934. La cicatrisation est complète. La couche d’épiderme qui recouvre l’ulcère est mince, certes, mais elle suffit pour les besoins de la cause puisque la guérison s’est maintenue jusqu’à ce jour cheZ cette femme qui, âgée actuellement de 73 ans, ne pense plus à quitter ce monde. bien au contraire.

À noter qu’en juillet 1935, un érysipèle de la face d’allure très grave a pu évoluer chez cette malade sans conséquences pour le tissu cicatriciel qui recouvre l’ancien uleère.

OBSERVATION II. — M" B....z, qui vient me consulter le 12 mai 1938, présente sur le front, dans la région sus-orbitaire droite, une plaie à caractère ulcéreux de la dimension d’une pièce de 2 francs. Cette ulcération, dont le fond est grisâtre, d'aspect atone, évolue depuis un an environ et s’est étendue progressivement.

Je preseris eau d’Alibour et pommade à l’oxyde jaune de mercure.

Le 24 mai, aucune amélioration. J’ordonne alors éther et pommade à l'insuline Fornet.

Le 7 juin, amélioration très nette. Les parties inférieures et supérieures de l’uleère sont épidermisées et la dimenion de celui-ei se réduit à celle d’une pièce de 50 centimes.

Le 21 juin. l'amélioration continue. L’ulcération a la dimension d’un petit pois. Mais la malade trouvant la cicatrisation trop lente à son gré, me demande de changer de pommade. Comme je suis moi-même désireux d’essayer une pommade nouvelle dont on m’a dit le plus grand bien, je cède à ce caprice.

Le 1° septembre, je revois cette malade que je croyais guérie. Mais hélas! la cicatrisation n’a fait depuis le mois de juin aucun progrès; bien au contraire, il semble que l’ulcération se soit agrandie.

Je reprends alors la pommade à l’insuline F.

Actuellement (octobre), l’ulcération est presque entièrement cicatrisée; seule une plaie de la dimension d’une lentille persiste.

Cette deuxième observation nous paraît encore plus caractéristique que la première ear elle montre bien la supériorité de la pommade à l’insuline sur les autres pommades essayées.

L'association de la connaissance de l'efficacité de l'insuline dans l’artérite oblitérante, signalée dès 1925, par Gabriel Boyer, à celle de

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