‹ Quelques Applications Dermiques et Transdermiques De L'InsulineChapitre 13 sur 20 · OBSERVATIONS DU DOCTEUR THAIS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DU DOCTEUR THAIS

Ebauche de gangrène. — M. A. T.., 90 ans, alité, très maigre. Tension artérielle au Vaquez : 10,5. Bronchite chronique depuis plus de quarante ans, par irritation tabagique. À présenté, en novembre 1936, un début de gangrène au dos du troisième orteil du pied droit. Sur le dessus de l’orteil était apparue une tache d’abord brune, puis noire, durcissant au centre, et qui présentait un aspect charbonneux. Au comléncement du traitement, cette tache mesurait environ 15 mm. de long sur 10 mm. de large.

Pencant huit jours, chaque soir, après lavage à l’eau stérilisée et séchage soigné, application en couche épaisse de pommade à l'insuline F.

La tache noire a d’abord cessé de s'étendre, puis 1l s’est formé un sillon d'élimination; les bords de la croûte se sont soulevés de plus en plus et, le dixième jour, elle est tombée, découvrant un épiderme de néoformation rose, mince et souple.

Et voici du même auteur, une observation sur un cas d’ozène traité également par la pommade à l'insuline :

Ozène. — M. R. B....., 46 ans. Consulte en janvier 1937 parce que, depuis plus de trente ans, il souffre d’ozène et qu’il a suivi nombre de traitements divers sans résultat. En outre a été gazé à l’ypérite en 1917.

Il lui est prescrit de laver chaque soir les narines au sérum physiologique et de les sécher soigneusement; ensuite, avee un tube à canule, de les bourrer de pommade à l’insuline Fornet. C2 traitement a été continué pendant quinze mois; l’on a d’abord vu disparaître les croûtes, puis les mucosités et enfin le suintement. Pas d’odeur.

Le malade, revu en novembre 1938, paraissait complètement guéri.

La pommade à l’insuline avait déjà été employée dans le traitement de l’ozène. En 1927, A. Stefanoff avait signalé l'efficacité de cette thérapeutique qu'il avait vu en quelques jours faire disparaître la mauvaise odeur, en même temps que se produisait une abondante secrétion liquide.

E) La pommade à l’insuline en gynécologie

Nous venons de voir que presque toutes les ulcérations réagissaient favorablement à l’emploi de pommade à l’insuline. Les prurits vulvaires et les ulcérations vaginales sont également notablement améliorés par des applications locales d’insuline; e’est ce que rapporte E. Klaften dans Ars Medici, 1935.

Cet auteur a pratiqué avec succès le traitement local des érosions et ulcérations vaginales depuis 1924. Il badigeonne quotidiennement la surface ulcérée avec de la pommade à l'insuline, puis il la recouvre d’un tampon enduit et imprégné de la même pommade. L'auteur a employé avec des résultats satisfaisants des préparations différentes et aussi une préparation personnelle. Sous l'influence du traitement local à l’insuline, les lésions sont rapidement nettoyées et épidermisées. En particulier, des ulcérations qui avaient déjà été traitées sans succès depuis plusieurs mois réagirent rapidement à la pommade à l’insuline.

La résorption de l’insuline en application vaginale est assez faible pour qu'il n’y ait pas à redouter de manifestations d’hypoglycémie.

Du reste, nous n'avons pas trouvé trace, dans toute l’abondante littérature sur la question, d’un seul cas d’hypoglycémie provoqué par l'emploi d'insuline en pommade. Cette médication donne donc de légitimes et remarquables succès dans l’immense majorité des cas d’ulcères cutanés.

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