Wbat meant (I shall say
In tbe lower eartb, in the years long still,
Tbat body and soûl so pure and gay ?
Why your hair was amber, I shall divine,
And your mouth of yourown géraniums red — And wbat you would do witb me, in fine,
In tbe new life corne in tbe old one^s stead.
I bave lived (I shall say) so much since tbeu,
Given up myself so many times, Gained me tbe gains of varions men,
Ransacked tbe âges, spoiled tbe dîmes ; Yet one tbing, one, in my soul's full scope,
Either I missed or itself missed me :
Aud I want and fînd you, Evelyn Hope !
Wbat is tbe issue ? let us see I
I loved you, Evelyn, ail tbe wbile !
My heart seemed full as it could bold ?
Tbere was place andto spare for tbe frank young smile,
And the red young mouth, and tbe bair's young gold. So, bush, — I will give you tbis leaf to keep;
See, I shut it inside the sweet cold band !
Tbere, tbat is our secret : go to sieep I
You will wake, and remember, and uiiderstand.
(Euelgn Hope.)
Ailleurs, c'est Tépouse mourante, qui sait que son mari lui reviendra, même après en avoir épousé d'autres, car ses paroles d'amour ont été dites pour Téternité. (Any Wife to any Husband.) C'est le cavalier chevauchant une dernière fois avec la maîtresse qui va le quitter, et se disant que le ciel et elle sont au delà de cette chevauchée. (The last ride together,) C'est Andréa del Sarto, qui peindra dans le ciel un des côtés de la Jérusalem nouvelle, avec Raphaël, Michel-Ange et Léonard. {Andréa del Sarto,) C'est l'amant trompé voyant sa maîtresse s'efforcer de redevenir pure et de regagner dans l'autre monde la place qu'elle a perdue dans celui-ci, se rappelant les heures bénies du passé, celles qui lui ont duré à lui toute sa vie et qui transformeront sa tombe en un flamboiement de lumière et un jaillissement de musique, et sachant que lorsqu'il la rencontrera làhaut, il passera sans tourner la tête. (The Worst of it.) C'est le chef perdu, celui qui a fait défection et que l'on ne veut plus recevoir maintenant, mais que Ton reverra plus tard, lorsqu'il aura appris la science nouvelle, et qu'il sera « pardonné dans le ciel, le premier près du trône ». (The lost Leader.)
Mais c'est dans Abt Vogler que cette pensée atteint son plus plein développement et sa plus belle expression. Abt Vogler, sur l'orgue qu'il vient de perfectionner, a fait entendre une musique sublime. Chacune de ses notes, obéissant à ses ordres comme les esprits que Salomon évoquait pour bâtir son temple, est venue pour l'aider à construire le palais splendide de sons qu'il vient d'élevei^. A mesure que ce temple grandissait, il lui semblait que le ciel descendait vers lui; que, dans son extase d'artiste, le firmament étoile se mêlait à la terre, et que dans sa musique passaient les visions des grands morts et celles des siècles à venir. Maintenant la musique s'est tue, et le palais a disparu. Rien n'en reste, pas même un mot, comme dans l'œuvre du poète, ou un trait, comme dans celle du peintre. Cependant il y avait là la marque du doigt de Dieu. C'était Dieu luimême qui lui permettait de faire avec trois sons, non un quatrième, mais une étoile. Tout cela est donc perdu à jamais ? Perdu comme une grande pensée qui aurait germé dans une âme et ne se serait point exprimée, comme un rêve irréalisé de poète, comme une vision idéale de peintre, comme un élan d'héroïsme qui n'a pu se transformer en action, comme une aspiration inassouvie de beauté ou de bonheur ! Tout cela perdu ?Non, et le musicien le sait mieux que tous les autres artistes, lui qui est un créateur sans matériaux, un
producteur de choses invisibles et éphémères, et par cela même plus célestes, un de ceux à Toreille de qui Dieu a chuchoté ses secrets . Son édifice de musique n'est point perdu ; bien plus, ceux mêmes qu'il a rêvés sans les exécuter n'ont pas disparu à jamais. Tout cela est dans Téternité. Et il présente au Dieu immuable toutes ses pensées, tous ses idéals, confiant qu'il les retrouvera en Lui, réalisés, complétés et parfaits.
Vers qui me tournerai-je, sinon vers toi, Nom ineffable? Toi, bâtisseur et créateur de maisons que des mains ne peuvent construire ! Craindrai-je le changement de ta part, à toi, qui es toujours le. même ? Douterai-je que ton pouvoir soit capable de remplir le cœur qu'il élargit ? — Jamais il n'y aura un seul bien de perdu. Ce qui était vivra comme auparavant. Le mal est nul, n'est rien : c'est le silence impliquant la musique. Ce qui était bon sera bon, et, pour remplacer le mal, il y aura autant de bien surajouté. Sur la terre, les arcs brisés ; dans le ciel, le cercle parfait.
Tout le bien que nous avons voulu, ou rêvé ou espéré, existera ; non son apparence, mais la chose même. Il n'y a point de beauté, point de vertu, point de puissance dont la voix se soit fait entendre, et qui ne survive pour son musicien au moment où l'éternité viendra affirmer les conceptions d'une heures Le sublime qui s'est trouvé trop haut, l'héroïque trop difficile pour la terre, la passion qui a quitté le sol pour se perdre dans le ciel, sont une musique qu'envoient à Dieu l'amant et le barde. Il suffit qu'il l'ait entendue une fois ; de nouveau nous l'entendrons à notre tour *.
Sûr de retrouver tout cela un jour, Browning peut, comme Abt Vogler, descendre par demi-tons des hauteurs de cet idéal jusqu'au niveau commun de la vie. Il pourra même tomber jusque dans ses