Tberefore to whom turn I but to tbee, the ineffable Name
Builder and maker, tbou, of bouses not made witb bands I Wbat, bave fear of cbange from tbee wbo art ever tbe same?
Doubt tbat Tby power can fill tbe beart tbat Tby power expands ? Tbere sball never be one lost good ! Wbat was, sball live as before
Tbe evil is null, is nougbt, is silence implying sound ; Wbat was good, sball be good, witb, for evil, so mucb good more ; On tbe eartb tbe broken arcs ; in tbe beaven, a perfect roimd.
AU we bave willed or boped or dreamed of good, sball exist ;
Not its semblance, but itself ; no beauty, nor good, nor power Wbose voice bas gone fortb, but eacb survives for tbe melodist
Wben eternity affirms tbe conception of an bour. Tbe bigb tbat proved too bigb, tbe beroie for eartb too bard,
Tbe passion tbat left tbe ground to lose itself in tbe sky. Are music sent up to God by tbe lover and tbe bard ;
Enougb tbat be beard it once : we sball bear it by-and-by.
{Abt Vogler.)
profondeurs les plus basses sans quitter du regard les sommets dont il est descendu. Cette vue le soutiendra ; il reprendra la tonalité ordinaire, Yut majeur de la vie, et s'endormira satisfait. (Abt Vogler. — Dramatis Personœ,)
Ainsi considérée, la vie se transfigure, la douleur perd de sa force, le mal disparaît et la mort n'est rien. Dans ses fins dernières comme dans son ensemble le monde est bon, et nous le saurons un jour « non sur notre terre, mais là-bas, à des univers de distance, où naîtront des choses étranges et nouvelles, et où la Puissance aura son plein jeu * ».
Ici-bas, l'insuccès même n'est pas un mal, puisqu'il n'est pas éternel. Sur ce dernier point nul n'a été peut-être plus énergique que Browning ; la glorification de l'échec est un des points les plus remarquables de sa doctrine. Puisqu'il faut que l'idéal soit hors d'atteinte, il est nécessaire que nous échouions :
L'effort d*uu homme doit dépasser sa portée ; sinon, à quoi bon le ciel 2 ?
Bien plus, tant pis pour celui qui réussit : selon la parole évangélique, il a déjà reçu sa récompense. Il ne cherche pas plus loin ; il devient comme l'animal rassasié, comme l'argile que ne trouble aucune étincelle. « L'homme n'a senti d'échec que depuis qu'il a quitté les formes inférieures de la vie. » (CZeon.) Mieux vaut se réjouir de chaque insuccès qui rend la terre plus rude pour nous, mais qui nous force ainsi à marcher toujours, au lieu de nous complaire dans la halte satisfaite. L'échec constant est la loi de la vie, mais il est un triomphe, car il montre que nous avons cherché à nous élever, que nous ne sommes point sans un idéal au-dessus de nous.
Paradoxe qui console tout en nous raillant : la vie réussit dans la mesure même où elle échoue. Ce que j'aspirais à être et n'étais pas est pour
1. When see ? When there dawns a day, If not on the homely earth,
Then yonder, worlds away,
Where the strange and new hâve birlh,
And Power cornes full in play.
(Rêverie. — Asolando.)
2. ..A man's reach should exceed his grasp, Or what's a heaven for ?
{Andréa del Sarto,)
moi une consolation ; j'aurais pu être une brute ; je n'ai pas voulu descendre dans réchelle des êtres * .
Il nous faut aller sans fin à la recherche de l'idéal, et toujours revenir frustré, comme cet amoureux de la nymphe qui la poursuit sans cesse dans une lumière trompeuse, déçu chaque fois, et chaque fois se remettant en route dans Tespoir qu'à la fin le baiser descendra des lèvres de la déesse. (Numpholeptos,)
Cesser de chercher serait la mort. Mieux vaut, comme le che- F valier Roland, avancer dans l'inconnu, à travers les routes arides, même vers Téchec certain. Cet échec sera le succès, la tour sombre ^'' tant cherchée, autour de laquelle nous trouverons rangés triomphants ^ les paladins vaincus des siècles passés. (Childe Roland to the Dark Tower came.) Mieux vaut la dernière chevauchée avec la maîtresse perdue que sa possession même. Ceux qui l'ont possédée n'ont que ;'î, .-^^ ' le présent ; le cavalier a sa chevauchée et l'espérance des existences futures, et qui sait si le monde ne va pas finir ?(77ie last ridetogether.) Mieux vaut être le peintre à Tidéal irréalisable, comme Raphaël, que le peintre parfait, comme Andréa, qui, dans sa perfection et son succès même, reconnaît la petitesse de son âme d'artiste. (Andréa del Sarto,) C'est lorsque ses personnages les plus nobles échouent et meurent, comme Paracelse, comme Anael (Return of the Druses), comme Norbert et Constance (In a balcony)^ comme Mildred (A blet in the scutcheon)^ comme Luria, comme Pompilia, que leur triomphe est le plus près. Abt Vogler est encore celui qui le déclare le plus catégoriquement : « Qu'est-ce que notre échec ici-bas, sinon la certitude d'un triomphe quand viendra la plénitude des jours ?» De même David s'écrie : « Ce n'est point ce que l'homme fait qui l'exalte, mais ce qu'il a voulu faire ! » (Saul) et Ogniben est logique lorsqu'il juge les gens, non par leurs œuvres, que les choses et les circonstances ont pu gâter, mais par leurs intentions, qui sont l'expression même de leur âme. (A SouFs Tragedy^ Part IL) Gloire donc aux vaincus, parce qu ils ont combattu pour leur idéal ; qu'ils se réjouissent, car