‹ Quelques aspects de la foi moderne dans les poèmes de Robert BrowningChapitre 40 sur 52 · Se, I soberly laid my last plan · texte numérisé non relu

Se, I soberly laid my last plan

Toextinguish the man.

Round his creep-hole, with never a break Ran my fîres for his sake ; Over-head, did my thunder combine With my under-ground mine :

Till I looked from my labour content To enjoy the event .

When sudden .. how think ye, the end ?

Did I say « without friend ? »

Say rather, from marge to blue marge

The whole sky grew his targe

With the sun's self for visible boss,

While an Arm ran across

Which the earth heaved beneath like a breast

Where the wrctch was safe prest I

Do you sce ? Just my vengeance complète,

The man sprang to his feet,

Stood erect, caught at God's skirts, and praycd I

So, I was afraid 1

[Instans Tyrannus.)

nous en servions. Le monde n'est pas le serpent tentateur qui nous éloigne de Dieu et dont il faut se défier : c'est l'outil que nous devons employer pour nous perfectionner et nous rapprocher de Dieu. Ainsi s'explique la religion de la joie, celle de Pippa jeune et riante, celle de l'âge mûr actif et robuste de Filippo Lippi, ou celle de la vieillesse sereine de Ferishtah. Nous ne devons perdre ni cette vie ni les vies à venir.

De la nécessité de l'action découle la fausseté de dogmes comme celui de la prédestination. Johannes Âgricola, qui l'expose dans toute sa plénitude et qui aime mieux se sentir l'élu de Dieu depuis Téternité, quoi qu'il fasse, que d'aller à la barre du jugement, avec ses œuvres, debout, demandant effrontément son salaire, pourrait au premier abord paraître avoir les sympathies de Browning si Ton ne remarquait un des titres du morceau : Cabanons de fous (Mad-Cells, titre dans la 1*"® édition).

Il faut agir, parce que l'action présente a ses répercussions dans l'éternité. Il ne faut point se borner à rêver, à discuter, à temporiser, mais vouloir fortement, et lorsque vient le moment précis de l'action, ne pas le laisser passer. Les personnages de Browning qui faillissent à cette loi sont nombreux. Tel est le héros de la Statue et le Buste qui n'enleva point sa maîtresse le jour où il le pouvait, mais remit toujours la chose au lendemain, ne l'accomplit jamais et ainsi ruina leur vie à tous les deux. Le « Byron de nos jours » ne dit point à la femme qu'il aimait et au moment où tous les deux le sentaient le mot qui aurait déterminé leurs deux existences ; il faillit à créer ce que le ciel eût complété ; il perdit l'heure de perfection qui ne peut jamais revenir. (Dis aliter visum.) h'Ediih de Too late ne sentit point au moment voulu quel était pour elle le choix de Dieu ; elle se trompa, et manqua le destin de sa vie. Les deux jeunes gens pauvres de Youth and Art n'osèrent point se dire leur amour, alors que leur vie commençait et qu'ils étaient pleins d'espérances et de visions de leur art. Lui craignait d'être imprudent ; elle, d'être imprudente et quelque chose de plus. Ils s'en allèrent chacun de leur côté, faisant leur chemin dans le monde. Elle épousa un riche vieux seigneur; lui devint célèbre dans les salons. Ils se retrouvent plus tard et elle évoque de vieux souvenirs :

Pourquoi n'avez-vous pas coupé une fleur pour me la lancer, dans une boulette d'argile ? ou pourquoi n'ai-je pas mis toute la force de mes remerciements dans un chant ou dans un regard ?

Elle voit que ni lui ni elle n'ont continué à poursuivre leur idéal, et elle déplore leur sort :

Chacune de nos deux vies reste inachevée, vous voyez. Elle est là suspendue, fragmentaire, en lambeaux. Nous n'avons pas poussé de profonds soupirs ; nous n*avons pas ri franchement ; nous n'avons ni souffert la faim, ni festoyé, ni désespéré, — ni été heureux I

Cependant personne ne vous appelle imbécile, et les gens me croient intelligente. Ceci eût pu arriver une fois seulement, et cette fois nous l'avons manquée, perdue à jamais ^ I

Soyons d onc des hommes d'idéal, mais aussi des hommes d'action et de volonté forte. Agissons d'après notre conscience et nos aspira tion s ; vivons dans l'éternité, mais ne laissons échapper aucune des occasions ou des forces que nous donne le temps. Ainsi nous avancerons dans notre perfectionnement moral et nous aiderons à l'œuvre de Dieu. Telle est dans ses grands traits la religion pratique de Browning. Elle s'accorde bien avec son optimisme imperturbable, et plus encore peut-être avec le caractère de volonté robuste de sa personnalité si fortement marquée. Il a trouvé sa morale où il avait trouvé sa foi, non dans les autorités ou les habitudes, mais dans le fond de sa conscience. Là aussi il a trouvé ses conceptions de la vie à venir, cette vie qui doit corriger et compléter la nôtre, alors même que nous aurions perdu celle-ci, et dont le tableau parachève sa vision optimiste de l'univers et de Dieu.

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