‹ Quelques cas d'éclampsie sans albuminurie prémonitoireChapitre 12 sur 18 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Cas d'éclampsie très grave, sans albuminurie, consécutif à l'accouchement : crises subintrantes, injeclions sous-cutanées d'éther : quérison. Par M. le D' Perron (de Sennecy le-Grand.

Femme P. L:..., 20 ans, primipare. Pas d’antécédents personnels, pas d'antécédents héréditaires.

Bonne santé habituelle : grossesse normale.

La malade a été souvent exposée au froid pendant les derniers temps de sa grossesse.

Accouchement normal.”

Pas d'albumine dans les urines.

Le 15 janvier dernier : à dix heures du soir, une heure après la délivrance ; la malade est prise d’une première crise d’éclampsie, perte de la connaissance et dela sensibilité, mouvements convulsifs de la face du tronc et des membres, dyspnée considérable due aux spasmes des muscles de la respiralion.

Je prescris une polion au chloral avec la formule sui-

vante :

Ghlôral er il a AO PR ERA E

Sirop d'écorce d’oranges amères. . . A0

Faut xs ee RSR RARE

A prendre par cuillerée à bouche toutes les heures. Je fais appliquer la moutarde aux jambes.

Pendant loute la nuit les crises se renouvellent d'heure en heure.

Rappelé une seconde fois au milieu de la nuit, je fais placer six sangsues derrière chaque oreille; ma's ces sangsues sont déplacées par les mouvements incessanls de la malade et ne peuvent prendre.

Appelé une troisième fois vers quatre heures du malin, je fais au bras une saignée d'environ 200 grammes. La saignée parait calmer légèrement la malade, mais les crises recommencent une heure après.

À huit heures du matin la malade ne peut plus supporter la potion au chloral. Elle rend chaque cuillerée avssilôt après l'avoir prise. Je prescris alors le chloral en lavements à la Cose de deux grammes toutes les deux heures. j

A ce moment, uu confrère appelé en consultation por- Le un pronostic des plus sombres, confirme mes preseriptions el y ajoute des inhalalions de culoroforme.

Ë Foreé de nous absenter pour des courses de campagne, nous confions l’admiuistiation du chloroforme à la sage-femme en lui recommandaut la plus grande pruden-

ce. La sage-femme croiunant d'outre passer nos ordres

ne fait inhaler en 6 heures que 8 grammes de chloroforme.

Les crises qui de huit heures du matin à midi s'étaient reproduites environ loutes les demi heures, deviennent subintrantes de midi à quatre heures.

Les veux sout convulsés, la bouche est tordue, le tronc et les membres sont agilés de secousses presque continuelles. La dyspnée est extrème ; la malade est suffocante el cyanosée ; la respiration est sterloreuse; parfois, elle s'ariêle pour reprendre au bout d’un instant.

Le cœur est rapide, mais ne présente pas d’intermittences. La peau est très chaude mais sèche. Il est évideut que la malade va mourir d’un moment à l’autre par arrêt de la respiralion.

C'est alors qu'en desespoir de cause je fais une injectiou sous-cu!anée d’éther avec la seringue de Pravaz pleine. |

Quelques minules après, la respiration devient moins embarrassée, plus régulière ; de stertoreuse elle devient calme et les crises subinlrantes cessent comme par

enchantement.

Encouragé par ce succès, je fis un quart d’hcure après une seconde injection d’éther, puis une lroisième deux

heures après.

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