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Quatre malades comprises dans ces séries furent attein= tes d’éclampsie.
Dans un seul seulement de ces quatre cas la présence de l’albumine fut décelée avant le travail ; dans trois cas, de grandes quantités d’albumine existaient aussitôt après les convulsions, dans un cas, il n'y eut jamais d’albumine et dans un cas il n'y avait pas d’albumine 24 heures après les convulsions.
Dans un cinquième cas plus récent, des traces d’albumine furent trouvées dans l'urine avant le travail.
L’urine qui se trouvait dans la vessie au moment de la première convulsion ne contenait pas d’albumine el la présence d’une petite quantité d’albumine était décélée dans l'urine, qui fut secrétée quelques heures plus tard.
Dans 10 cas, cités par l « Obstétrie Clinic » d'Elliot, et dont l’urine fut examinée avant que le travail ne commençât, la présence de l’albumine fut reconnue quatre fois et son absence fut affirmée six fois.
Ajoutant ces cas, à ceux que nous avons relatés plus haut nous avons 15 cas d’éclampsie.
L’urine de chaque malade fut analysée avant le commencement des convulsions. On trouva de lalbumine six fois et neuf fois on n’en trouva pas.
Le nombre des cas présentés ici est petit; mais si nous sommes autorisés à les considérer comme des cas moyens qu’on nous permette aussi d’en tirer les conclusions sui-
vantes :
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I. — La présence de l’albumine dans l'urine d'une femme enceinte n'est pas une raison suffisante, sur laquelle on puisse baser le pronostic d’éclampsie.
Il. — Le fait de ne pas trouver d’albumine dans l'urine d'une femme enceinte n’est pas une preuve de l'absence des condilions qui peuvent donner lieu à des attaques d’éclampsie.
IT. — L’albumine est si fréquemment trouvée en quantités considérables dans l'urine des malades immédiatement après l'apparition de convulsions puerpérales, que nous sommes justifiés à tirer cette conclusion que les convulsions sont la cause de l’albuminurie (1) ». Nous nous associons pleinement aux deux premières conclusions du D' Gardner; discuter la troisième nous entrainerait trop loin de notre sujet.
Nous citerons aussi ce passage de la thèse de M. Bouffe de Saint Blaise qui résume bien l'opinion de plusieurs auteurs sur la question qui nous occupe.
« Nous disions que la présence de l’albumine dans l'urine des éclamptiques n’élait pas considérée comme: constante par les pathologistes :
C’est ainsi que Charpentier cite 141 cas d'éclampsie
1. Rapport de l’albumine à l'éclampsie. Communication du D' William S. Gardner of Baltimore. |
Proceedings of the third annual meeting of the American Associa- Lion of obstetricians and gynecologistes.
American Journal, 1890, p. 236.
sans albuminurie. Ces observations sont dues à des hommes éminents, tels que : Imbert-Gourbeyre, Spiegelberg, Mascarel, Winckel, Simpson, Depaul, Rieder, Tarnier, Lhuillier, P. Dubois, etc., et, par conséquent, ne peuvent être mises en doute.
Dans son rapport sur un mémoire de Mascarel à l’Académie, Depaul s'exprime ainsi : « Comme j'ai eu l’occa- « sion de Île dire, dans une autre circonstance, je suis
« loin de constater que l’albuminurie ne coïncide babi-
« tuellement avec l’éclampsie; mais il n’est pas exact de
« dire avec notre collègue, M. Cazeaux, qu'on trouve « toujours de l’albumine dans l'urine des éclamptiques. « Les cas qui prouvent que celte assertion n’est pas « fondée sont maintenant assez nombreux pour qu'ils « faille les prendre en sérieuse considération. »
Tl cite ensuite plusieurs observations à l'appui de cette opinion : un cas du D'Lever, du professeur Dubois, dans lequel il n’y eut pas d’albuminurie même pendant les accès.
Mascarel, lui aussi, donne deux observations du même
genre. De tous ces faits Depaul conclue, en refusant à
l’albumine l'importance qu'on lui prête, comme cause
des convulsions.
D’autres auteurs, comme Braun, James Eyson de Phi-
ladelphie, Arnel, Larquet, Mayor, disent avoir toujours trouvé de l’albuminurie.
Nous avons nous-même assisté à l’évolution d’un cas
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dout nous rapportons plus loin l'observation détaillée. C'est une femme qui fut gardée à la clinique Baudelocque dans le service de M. le professeur Pinard un mois environ avant son accouchement.
L’urine examinée d’une façon régulière n’avait jamais laissé voir de traces d’albumine, quand subitement la malade est prise d'accès éclamptiques manifestes ; aussitôt albuminurie énorme. La femme guérit; deux jours après la disparition de ces accès, l'urine est de nouveau normale. Quoi de plus intéressant ?
Voici quelques statistiques qui donneront une idée de la proportion des cas d’éclampsie dans lesquels on n’a pas trouvé d’albuminurie.
Blot, P. Dubois et Cazeaux (Larquet) trouvent de l'albumine dans les quatre cinquièmes des cas.
Royer, Simpson, Frerichs, quoique partisans absolus de l’origine kystique de l’éclampsie, avouent que dans dix cas sur cent, l'analyse est muette, tandis que dans les quatre-vingt-dix autres les urines portent l’estampille d’une affection rénale.
Ingersiew, dans une étude complète sur l’albuminurie de la grossesse et ses rapports avec l'éclampsie a eu six cas négatifs sur 77 examens,
Fr. Schauta a trouvé 107 albuminuriques sur 125 éclamptiques.
Dernièrement au quatrième congrès de Bonn en l'honneur de Pirogoff, Paouperoff a donné les résultats obser-
SAP vés à la Maternité de Moscou. Dans 174 cas sur 288, l’urine contenait de l'albumine et des éléments fizurés. »
La principale objection qu'on pourra nous faire reposera sur la façon dont les urines sont examinées : aussi avons-nous éliminé un grand nombre d'observations, pour n’en retenir que cinq. Comme on le verra plus loin trois d’entre elles ont été recueillies dans les hôpitaux de Paris.
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