OBSERVATIONS
OBSERVATION I (due à l’obligeance de M. CATHELIN).
N... Jean, 6$ ans, journalier.
Entre à l'hôpital Tenon dans le service de M. le docteur Poirier, salle Lisfranc, n° 12, le 14 mars 1899, pour un néoplasme de l'extrémité inférieure de l’œsophage.
La dénutrition a commencé surtout il y a trois mois. Le malade ne peut même plus absorber les aliments liquides.
Il rend tout, mème le lait et les œufs battus Cependant on réussit à l’alimenter un peu avec des lavements nutritifs et de petites quantités d’alcool.
La cachexie est extrême et le malade, squelettique, peut à peine se tenir debout.
Les téguments sont colorés en teinte jaune clair.
L’abdomen est très excavé.
Gaslrostomie, le 18 mars 1899. — Le malade est endormi
au chloroforme.,
rh
Incision latérale parallèle aux fausses côtes du côté gauche et de huit à dix centimètres environ. Ouverture de la cavité péritonéale.
Pincement de l'estomac qu'on attire au niveau de la plaie de la paroi abdominale.
Fixcation de l'estomac au pourtour de cette plaie avec du catgut moyen.
Incision au bistouri de la tunique séro-musculeuse du viscère.
A l’aide de la sonde canneléie qu'on enfonce progressivement de plus en plus du côté de la cavité gastrique on pratique le décollement de la muqueuse au niveau de la tunique celluleuse et on forme ainsi un trajet intra-pariétal.
Perforation de la muqueuse gastrique et introduction d'une sonde molle de Nélaton n° 18, en Caoutchouc rouge, dans le canal ainsi créé.
Suiles opéraloires. — On laisse la sonde à demeure pendant douze jours en permanence.
Passé ce temps, on la retire pendant la journée ne le replaçant que la nuit pour éviter la fermeture de la fistule.
On n’observe pas de régurgitation par la fistule.
Le malade soft de l'hôpital le 20 avril encore très affaibli.
OBSERVATION II (Ibid).