‹ Quelques cas de gastrostomie par un procédé facileChapitre 4 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous n'avons pas la prétention de retracer completement ici l'histoire de la gastrostomie. Si on laisse de côté la question des indications et de l'opportunité de cette intervention pour n’envisager seulement que la technique opératoire, on constate qu'il est peu d'opérations qui aient eu le privilège d'exercer au même degré l’ingéniosité des chirurgiens, surtout en considération du nombre assez restreint de cas opérés. De la multiplicité des procédés, il ne faudrait cependant pas déduire, a priori, l'insuffisance des résultats ; toutes ces méthodes en comptent de bons à leur actif et souvent même d'excellents.

Aussi n'est-ce pas pour en prôner la supériorité exclusive que nous avons entrepris de décrire un procédé simplifié et d'exécution relativement facile dont nous avons pu apprécier les bons résultats dans le service de M, le docteur Poirier. Nous nous sommes

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Simplement proposé d'en exposer la technique, d'en faire connaitre les resultats par quelques observations recueillies à l'hopital Tenon et entin de le comparer aux procédés plus connus au double point de vue de l'acte opératoire et de ses suites.

Mais auparavant, il ne sera pas inutile de jeter un coup d'œil rapide sur ce chapitre si intéressant de la chirurgie de l'estomac.

On donne le nom de gastrostomie à l'ouverture de l'estomac par l'établissement d’une fistule à l’épigastre ; cette ouverture est définitive ou témporaire suivant la nature de la maladie qui a nécessité l'intervention.

Proposée par Egebert en 1837, elle ne fut pratiquée sur l'homme vivant que quelques années plus tard, en 1849. C’est à Sédillot que revient l'honneur de l'avoir le premier tentée ; son initiative ne fut d’ailleurs pas couronnée de succès. En 1854, Nélaton pratiquait la gastrostomie en deux temps, mais ce fut Verneuil qui, en 1876, obtint de cette opération le premier résultat heureux. Les suites opératoires n'étaient toujours pas très encourageantes ; en effet, L.-H. Petit : produisait en 1879 une statistique dans laquelle on comptait encore 35 décès sur 40 gastrostomies. Alsberg, en 1883, rapporte 21 cas de gastrostomie pour rétrecissement cicatriciel de l'œsophage, sur lesquels on note une mortalité post-opératoire de 11 opérés, soit 52 0/0; 6 malades, soit 31 0/0 avaient guéri définitivement. La même année, Gross réunissait 137 cas, avec 95 morts plus où moins rapides, dont 31 seulement impulables à l'opération ; 42 malades en avaient

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léellement bénéficié. Zezas, en 1885, arrive aux mêmes conclusions qu’Alsberg. Toutefois, la gastrotomie ne fut pas sans rencontrer chez nous des adversaires résolus, comme Lagrange qui écrivait, en 1885, dans la Revue de Chirurgie :

« La gastrostomie doit ètre bannie de la thérapeutique des cancers de l'œsophage ; c'est une opération inutile et dangereuse. »

Le temps a fait justice de cette opinion et depuis la gastrostomie a été vulgarisée par les communications de Nicaise, Terrillon en 1883, Routier, de M. le professeur Berger, et enfin par les travaux de M. le professeur Terrier et de ses élèves, MM. Hartmann et Delagenière.

Senn, en 1892, estime la mortalité de la gastrostomie à 25 0/0. Actuellement, grâce aux perfectionnements de la technique, les insuccès sont devenus de moins en moins fréquents.

D'ailleurs, il importe beaucoup de tenir compte, dans les statistiques que nous reproduisons plus haut, du genre d'affection qui a nécessité la création de la fistule gastrique. On ne saurait évidemment comparer les résultats obtenus, au point de vue de la survie, chez des cancéreux de l'œsophage dans un état cachectique avancé, avec ceux qu'on obtient chez des sujets jeunes et vigoureux atteints d’une stênose cicatricielle, due à Faction d'un liquide corrosif, par exemple, et chez lesquels il n'y a qu'à lutter contre l'inanition.

Des le début, on fit la gastrostomie, soit en un

temps, c'est-à-dire en une seule séance, soit en deux temps, c'est-à-dire en deux séances.

Le procédé en deux séances, attribué à Howse, mais qui, en réalité, était pratiqué par Nélaton dès 1854, est peu employé en France. Il consiste essentiellement à fixer l'estomac à une plaie de la paroi abdominale dans un premier acte opératoire et à l'ouvrir lors d’une seconde intervention, seulement lorsque les adhérences péritonéales pariéto-viscérales sont constituées. Nous ne parlerons de cette méthode que pour mémoire, car elle n'a aucun lien commun avec le procédé que nous avons entrepris de décrire.

Ses indications ont donné lieu à une discussion à la Société de Chirurgie en 1885 (6 février) : MM. Monod, Schwartz et Picqué, la réservent pour les cas où il n'y a pas urgence, où linanition ne commande pas impérieusement une opération rapide. M. le professeur Poncet en a bien fixé la technique ; son procédé con- * siste dans la création, non d’une simple ouverture sur la paroi fraiche de l'estomac, mais d’un canal aussi long que possible, de deux à trois centimètres. pariétogastrique, percé en pleine cicatrice. La création de ce canal nécessite deux séances ; dans la première, on fait une gastropexie, dans la seconde une gastrostomie post cicatricielle.

Dans son article du « Traité de chirurgie », M. Hartmann nous rappelle qu'en Angleterre on pratique la gastrostomie d'une façon précoce dans les tumeurs de l'æsophage et estime qu'en France on y a souvent recours trop tardivement. Ceci explique, sans doute,

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