‹ Quelques conseils sur l'éducation dédiés aux élèves du grand Séminaire de Sherbrooke [microforme]Chapitre 11 sur 23 · PUNITIONS ET SANCTIONS · texte numérisé non relu

PUNITIONS ET SANCTIONS

En tenant compte de la liberié de enfant comme d'un idéal vers lequel il faut tendre afin de la rendre plus droite, plus responsable en face du devoir, il ne faut pus la contraindre, mais l’aider avec tact et discrétion, en respectant l’autonomie et la personnalité de l'enfant, et jamais on n'y parviendra par la rigueur d’une autorité qui s'impose, mais, avons-nous dit, qui dirige et inspire la confiance. g

Il ne faut pas oublier que enfant est en formation, qu'il à des lacunes nécessaires,

u'il est sans expérience et incomplet. Le but 4 l’autorité est de former quelqu'un, une personnalité, un caractère, et mon humble avis est qu’on n’y parvient que par la persuasion, jamais On n’y arrive par les verges.

Certains éducateurs invoquent la parole de l'Esprit-Saint qu'ils travestissent : Celui qui épargne les verges n’aime pas son enfant.

Quelques médecins prétendent qu'un bon fouet décongestionne le cerveau d’un enfant en colère. Je crois que c’est le cerveau de certains éducateurs qui aurait besoin d’être décongestionné. Le père seul ou celui qui le remplace “ officiellement ”” peut quelquefois, comme punition extrême ”, décongestionner le cerveau.

La méthode des verges crée des brutes ou des révoltés, des amoindris ou des hatneux aigris. Combien sont détestables les for-

mules qu'on entend parfois : je le réduirai, je le mâterai, je le forcerai à obéir.

Ces formules sont-elles de nature à créer la

confiance chez l'enfant ?

le but à atteindre de toute

s'agisse de punition où de ré-

pan © former le caractère Le la cons-

cience, élever le cœur, inspirer le respect et

l'amour du bien, du devoir, établir et main-

tenir l’ordre et l’émulation, prévenir le mal et

les abus. Autant e il

faut prévenir les fautes et la n ité des pu-

nitions; par une vigilance attentive, mais ja-

mais soupçonneuse et tracassière, par des

5 „„ répétés en particulier, quel-

mais rarement en public. II faut — aux élèves ces principes supérieurs qui doivent guider les maîtres et les guider euxmêmes, afin de les former au sentiment de:

l’honneur et du devoir qui font pour Dieu et non pour les hommes, sous e regard de Dieu, et non sous le regard des hommes.

u’une punition est nécessaire, il faut

avoir le courage de l’imposer, sans se laisser arrêter par la crainte pusillanime de. blesser ou d' r. Mais pour qu elle atteigne N son but, il faut les conditions 1 parfaite justice, dé manière à ce que la sanction soit méritée et mesurée à la gravité matérielle et morale de la faute : conditions de modération t de douceur, de telle sorte que, plutôt moins 13 trop dure, elle soit propre à réparer le ou à suérir les défauts d où la faute

QUELQUES CONSRILS

223 Une fois la punition faite, une fois faute exp, il faut la pardonner sincèrement, l'oublier rapidement, le disant et le prouvent par sa conduite, montrant d’aileurs qu'en agissant ainsi avec sévérité, on obéit toujours au devoir et non à l’emportement. 8 ö FR Mais aussi il faut savoir louer, profiter avec un contentement. visible de toutes les Circonstances favorables pour adresser un éloge mérité, un, mot aimable, une parole d’affectueux intérêt. Il faut avoir égard à la bonne volonté, même infructueuse, et relever le courage des élèves faibles, mais laborieux, en louant dans leurs travaux et leuf Conduite ce qui suppose ün effort réel et notable pour mieux faire. Sapientia attingit ad finem ]ortiter, et dis ponit omnia suavitér. Sap.

vin, I. | * L'autorité ne doit pas non plus absorber la personnalité et la conscience de l'enfant. II ne faut pas se substituer à l'enfant, il faut lui laisser son initiative et ne pas créer une obéissance qui se laisse agir. II faut montrer le devoir et faire agir l'enfant sous la dictée de sa constience qui est la voix de Dieu meme.

Autrement on ne crée pas des éaractères, on ne sème pas les germes de l'avenir, mais on forme des personnalités fantômes qui ne sont que des caricatures d'hommes. & Combien il faut de patience, de dévouement, de vertu pour arriver au don mutuel de l’éducateur et de l’enfar t sans absorber l’au-

tonomie de l’enfant et sans abdiquer sa propre autorité. Le devoir bien compris et ac- ‘cepté de part et d' autre devient un puissant ‘facteur de grandeur morale. | Qui on mé permette ici une remarque que je “crois fort opportune. Les demi-mesures sont toujours désastreuses : elles découragent les ‘bonnés volontés chargées de l’observance d'un règlement et e.couragent les désobéissances de la part desélèves. Si, au jugement des autorités d'une maison d'éducation, une ‘faute est suffisimment grave pour motiver ‘l'expulsion d’un élève, et cela pour le plus ‘grand bien de l'institution, il faut alors que cet el ye coupable de cette faute soit expulsé, quelle que soit sa conduite antérieure.

On suppose que cette offense est à l’article des Fautes pour lesquelles un élève sera renvo de I institution Si l’élève coupable d'une telle faute n'est pas renvoyé parce que sa conduite antérieure .-a.été bonne, alors ses confrères, se jugeant aussi bons que cet élève qui a enfreint ainsi “le règlement, se permettront la même faute, ‘ parce que les e auront gardé cet . élève coupable d'une offense pour laquelle les autres élèves ne croiront L ‘s qu’on puisse les renvoyer. Et zi ces élèves, entraînés par exemple de leur confrère et éñcouragés par . la faiblesse antérieure des autorités, sont ex- Pulses, ils crieront à l'injustice. Les demimesures sont toujours dangereuses et l’on ne

doit pas les décréter.

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