CONTRADICTION
Il est un mal indigne d’une âme noble et pe ; ce mal, on le trouve quelquefois ‘une façon surprenante dans le cœur de ceux qui doivent travailler au bien de la société; c'est un mal qui tue l’autorité, et l’œil subtil de l’enfant sait le découvrir ; alors l’enfant s'étonne, il se soustrait à l’influence de ceux qui en souffrent ; il est mal à l'aise, son jugement est faussé ; ce mal, c’est la 1lousie chez l’éducateur. L'important est que le bien se fasse; il faut travailler au règne de Dieu dans les esprits et les cœurs. Le duellis: e dans l'éducation est mortel, la différence de vues tue l'autorité dans ceux qui l’exercent, la jalousie surtout n’y doit jamais trouver place, et malheureusement -ce vice est assez commun : c'est surtout la source inavouée des critiques intempestives qu'on entend contre certains auxiliaires dans l’œuvre commune de l'éducation. On s'afflige des succès d’autrui, on s'efforce d'en atténuer l’importance. Oh!
certes, on a de magnifiques prétextes pour ier ses remarques : mais grattez un critiqueur et vous trouverez sûrement un jaloux.
On dit: expérience passe science; oui, mais à la condition que Îa science s’y ajoute. Chez les anciens il y a danger de la routine. Mais tout évolue dans ce monde ; on est plus averti à mesure que l’enfance est mieux connue.
Il peut y avoir, parmi les jeunes, des éducateurs mieux informés, plus studieux de la matière, qui fouillent leur âme davantage, qui s’outillent plus sérieusement, et l’expérience des aînés venant s' ajouter à leurs études et à leurs observations, ils deviennent des éducateurs réels, prenant leur rôle au sérieux, faisant plus de bien que ceux qui s’encerclent dans quelques principes routiniers. | Dans l’œuvre de l'éducation, il faut éviter toute désapprobation directe ou indirecte :
toute autorité blessée dans un membre devient malade ou languissante dans le corps.
Il ne faut jamais 8 des inévitables imperfections qui se trouvent dans toutes les institutions et ne pas trop se scandaliser des difficultés intérieures et extérieures que traversent les plus saintes œuvres. L’éducateur ne doit pas oublier que les affaires intérieures de la maison sont comme des secrets de famille, et il se fait un devoir de n’en point parler au dehors. II ne défend pas ses petits droits avec aigreur et âpreté ; il ne contredit jamais les enseignements et les ordres de ses confrères, il ne les blâme jamais devant les élèves et leurs parents. Il ne doit jamais s’aveugler au point de prendre des dèves pour confidents de ses griefs.
Quelquefois la jalousie vient d’un plus ancien qui prend ombrage d’une influence qu'il n'a pu ni acquérir, ni conquérir, et si cette jalousie s’ajoute à son incompétence éducative, ou à une préférence à l’égard de certains
élèves, oh! alors, que de patience, de tact, de renoncement, d'énergie de la part d’un jeune éducateur! Il lui reste bien alors le recours aux autorités de l'institution, mais que de prudence il doit y mettre! |
Etre professeur n'infuse pas les qualités d’un éducateur. Il y en a qui ignorent tout de l'éducation. II. faut avoir du jugement pour mettre en pratique les principes de la pédagogie. Le but quelquefois de certains éducateurs malhabiles et leur seul principe pédagogique est de passer pour bons garçons et. de ne pas avoir “ d’affaires ”. plaisent comme une bonne vieille tante dont la sacoche est bourrée de bonbons ; ils sont bien près de regarder comme des fâcheux et des mauvais caractères ceux qui veulent préserver les enfants d’une éducation à rebours.
Ils ont une grande faiblesse de caractère ; souvent leur éducation laisse beaucoup à désirer ; chez eux la surveillance fait défaut ; ils sont changeants, versatiles, égoïstes même ; leur conduite ressemble beaucoup à celle de quelqu'un qui s’imagine vivre seul au monde: . n'allez pas leur demander un service, Ça dérangerait leur petit train de vie. Ceux-là n'auront jamais une autorité sérieuse ; elle sera toute de façade, ils auront . le mépris des élèves. |
L'autorité est un instrument que l’éducateur se forge lentement et qu’il manie encore plus difficilement.