PUNITIONS
Prévenir vaut bien mieux que punir. Les punitions doivent être très rares ; il faut fairé comprendre aux élèves que la charité et la douceur président à tous les actes des maîtres ; que le devoir domine à la fois et maîtres et élèves, que les maîtres n’agissent jamais par esprit de domination, pour faire acte d'autorité, mais qu'ils ne sont mus que par l’ainour qu’ils portent aux élèves, qu'ils ne veulent que le bien de leurs surbordonnés. Une ‘punition doit presque toujours se différer ; savoir attendre est souvent une grande force et pour le maître et pour l’élève, et punir sur le champ n'est presque jamais bon. Un avertissement particulier donné en toute charité, ferme mais sans aigreur, porte toujours ses fruits : combien de fois nous avons vu des élèves se cabrer devant une punition, regimber à une parole aigre, mais s’amander après un charitable avertissement et dunner leur confiance à celui qui leur manifestait de l'intérêt et leur faisait comprendre charitablement l’odieux de leurs fautes.
Si on est obligé de punir, le faire avec discrétion, àttendre que l'émotion soit passée et ne jamais infliger de punitions qui humilient et flétrissent.
Si un élève que l’on veut punir s’irrite, si, dans sa colère, il dit ou fait des choses dont il se répentira après téflexion, il ne faut pas l’irritet davantage en aggravant la punition, en lui adressant des reproches ou en lui faisant des menaces. Ce n’est pas quand un
élève est en colère, qu’on peut lui donner un avis profitable, En le menaçant alors, on risque de le rendre plus coupable, On ne saurait trop le répéter, les surveillants doi vent bien étudier et bien connaître le caractère des 22 tenir * de leur 3 rament, de leur degré intelligence et leur état de santé. Les enfants faibles ou maladifs, souffrent plus que les autres du travail continu, de la réclusion, de l'immobilité: il faut être moins exigeant pour eux que pour les autres dans les détails de la vie de pensionnaires. |
Dans certaines maisons d- À la retenue, c'est-à-dire la privation de elques heures de congé, est donnée uefois comme punition. II ne faut as en abuser et par là détruire son effet. Elle ne se donne qu'après plusieurs fautes répétées et après avertissements.
raisons qui motivent cette punition doivent être données à M. le Directeur des élèves ou, en son absence, au préfet de discipline, afin qu'il les contrôle et qu'on n inflige pas cette punition sans discernement.
Pour des fautes légères et renouvelées, après avertissements, quelques minutes de retenue
sont parfois suffisantes. On devra toujours er quelque travail utile aux élèves ainsi puais, afin qu'il puisse leur servir.
Lorsqu'un pengum — toujours modéré — n'a pas été fait an temps et de la manière assignée, on peut le faire recommencer en tout ou en partie, mais jamais le doubler, ces duplicata deviennent excessifs ou même im-
Lexpulsion d’un élève er quelque chose de très grave. Les motifs doivent en être très sérieux à cause du discrédit qui s’attache nécessairement à la réputation d’un élève expulsé d'une maison d'éducation : aussi il ns faut pas s'attendre à l'expulsion d’un élève pour faire disparaître quelques contrariétés ou taquineries à l’égard de certains maîtres. Un des buts de l'éducation est d'améliorer : il faut perfectionner les bons et corriger les pu maîtres ne doivent accuser que lors-
u’ils sont certains; ils doivent se bien gard'exagèrer les torts, afin de ne pas provoquer de la part des autorités une expulsion ou une punition grave pouvant être taxée à bon droit d'injustice. Cependant qu’on se rappelle la réserve que nous avons faite p mment à propos des fautes pour lesquelles un élève sera renvoyé de! Institution Que les surveillants évitent d’apostropher les élèves en public, si ce n’est dans des cas graves et pour une faute commise devant tout un groupe; qu'ils révèlent les fautes et
52 | QUELQUES CONSEILS les défauts de céux qui leur sont confiés seulement à qui de droit, à M. le Directeur ou à M. le préfet des études : il ne faut pas oublier que les élèves ont droit à leur réputation, bien moral au-dessus de tout bien physique.
Ils ne frapperont jamais les élèves.
Il faut éviter aussi les harangues : si elles sont fréquentes, ellés détruisent. l’autorité et rendent quelque peu ridicules les harangueurs. Les réprimandes publiques et générales doivent être faites par M. le Direc-
teur à la lecture spirituelle. * Un élève a toujours le droit d'en appele de la décision d’un maître à celle de M. le Directeur, qui seul est responsable de la-conduite des élèves auprès des autorités tenant
la place des parents.