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aqueuse pharyngienne luttant contre les microorganismes apportés par l'air et les poussières.
A côté de ces perturbations qui affectent les muqueuses de l’arbre respiratoire et la peau, il ne faut pas oublier que l'air trop sec a aussi une influence des plus défavorables sur , le système nerveux.
La constante régulation assurée-par les nerfs de la peau, l'excitation permanente des. centres régulateurs dé la température en vue de compenser la perte de chaleur provoquée par la sudation excessive aboutissant finalement à une tens.ôn nerveuse, à une irritation, bientôt suivie d’une grande dépression.
Si l’on considère qu’en France, ce sont surtout les appartements des intellectuels qui sont pourvus du chauffage c:ntral, on ne sera pas étonné que, dans une pareille atmosphère, le travail cérébral devienne plus difficile, qu'il entraîne des céphalagies rebelles, un état de lassitude continuel avec instabilité du caractère. D'autre part, les professeurs, les médecins, les avocats, les lettrés de toute espèce, sont tous des individus dont l’esprit est continuellement tendu et auxquels l'exercice perpétuel des facultés cérébrales a fait acquérir à leurs centres intellectuels une activité toute spéciale en même temps qu'une susceptibilité toute particulière qui fait que les troubles produits par l'air trop sec sont d’autant plus précoces et d'autant plus prononcés. Chez eux le système nerveux de l’appareil végétatif est le premier touché. Les grandes fonctions de la vie végétative sont rapidement atteintes; la digestion, la respiration, toutes les secrétions en général s’accémplissent avec moins de vigueur et bientôt tous ces intellectuels vont grossir le nombre des dyspeptiques, des malades atteints d’affections chroniques des voies urinaires et autres infirmités auxquelles l'abus de la vie sédentaire n'aurait pu les conduire qu’au bout de longues années.
C. — Troubles occasionnés par la pénétration des poussières à l’intérieur de l'organisme. — L'air trop sec présen-
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te encore un autre inconvénient. En desséchant les muqueuses de l'arbre respiratoire, 1l exerce une influence sur l’épithélium à cils vibratils qui les recouvre et prive ces muqueuses d'un moyen de défense naturel qui, à l’état normal, joue un grand rôle dans la protection de l'organisme contre la pénétration des poussières. La barrière qu'offre cet épithelium, lorsqu'il est sain, est si efficace que le plus souvent aucune particule noscive ne peut pénétrer Jusqu ‘aux alvéoles pulmonaires.
Mais pour qu'il puisse jouer ce rôle de protection 1l faut qu'il se trouve dans des conditions atmosphériques normales et l’abaissement de l’état hygrométrique de l air est une sérieuse entrave à son fonctionnement. Nous n'avons pas à sortir du cadre de l'hygiène domestique pour démontrer toutes les conséquences graves qui peuvent résulter du fait que les poussières peuvent pénétrer dans l’organisme. Elles peuvent être des plus dangereuses, surtout chez les personnes délicates ou qui sont déja atteintes d’affections des voies respiratoires et l'expression de zônes désertiques employée par Ellen Reynolds pour qualifier l'atmosphère des appartements pourvus du chauffage central ne nous parait plus tant exagérée.
Hypocrate disait déjà que l’air est le réceptacle des germes qui causent les maladies. En réalité, il fallut arriver à Pasteur pour trouver une démonstration de l'existence dans l’atosmphère de microbes ou de champignons vivants le plus souvent englobés dans les poussières.
Ces dernières contiennent en outre tous les détritus de la vie, tous les déchets, tous les produits de combustion, tous les produits provenant de l'usure des surfaces. Il n’est pas étonnant qu’elles jouent un grand rôle dans la propagation des maladies infectieuses et plus encore peut-être dans la prédisposition à ces maladies en facilitant l’inoculation microbienne.
On dira peut-être que tous les microbes contenus dans Îles poussières ne sont pas pathogènes et que l'organisme est
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puissament armé pour la défense : cils vibratils, mucus, phagocytose, mais cela suppose l'intégrité de ces moyens de défense et nous avons déjà montré les graves altérations que la sécheresse de l’air leur fait subir. Le tissu amygdalien enflammé et hypertrophié est des plus vulnérable et c’est par lui que pénètrent la diphtérie, la scarlatine et peut-être d’autres infections. :
Ce serait une erreur d’ailleurs de croire que les poussières pénétrent dans l’organisme uniquement par l’appareil respiratoire. Les expériences de MM. Calmette et Guérin ont montré que les poussières apportées par la respiration dans la salive sont dégluties avec cette dernière, arrivent dans le tube digestif, où elles sont reprises par les lymphatiques, déversées dans la grande circulation et de là disséminées dans le poumon. D'après les travaux de MM. Vansteenberghe et Grisez, expérimentant sur un animal soumis à l’inhalation de poussières charbonneuses, 1il résulte que la ligature de l’œsophage atténue ou empêche l’anthracose. Au contraire l'obturation d’une bronche n'empêche pas cette anthracose de se produire dans la partie du tissu pulmonaire qui n'est plus en contact avec l'air.
D. — Troubles dus aux trop hautes températures. — Les hautes températures enregistrées dans les appartements pourvus du chauffage central peuvent encore favoriser l'invasion de l'organisme par les germes pathogènes par un autre mécanisme.
Certes, l'homme à l’état normal est peu influencé par les variations de la température; 1l les supporte assez bien et sans aucun dommage, même quand elles sont très étendues et très brusques. Quel est celui qui, dans les climats un peu rudes, ne s'expose Jjournellement et sans qu'il en résulte aucun inconvénient, à des variations de 30 à 40°, quand il passe par exemple en hiver d’un appartement chauffé à 15 ou 20°, à l'air extérieur dont la température est souvent de — 10 et même — 15° ? Et dans le cas qui nous occupe les
variations sont encore plus sensibles puisque nous avons vu le thermomètre monter jusqu’à 26 et 27°
Le mécanisme régulateur du calorique animal, quelque parfait qu'il soit théoriquement, est un mécanisme délicat et par suite sujet à se déranger. Îl est intimement lié à l’intégrité du centre régulateur qui est lui-même sous la dépendance du système nerveux. Si cette intégrité, pour une cause où pour une autre est entamée, la réaction fait défaut et il en résulte des troubles plus où moins graves de la circulation, des congestions souvent passagères, mais parfois | persistantes et dans ces cas on est en présence d’une véritable maladie se localisant tantôt sur un organe, tantôt sur un autre, suivant la susceptibilité individuelle et le lieu de moindre résistance.
De plus, si la plupart des maladies sont dues à une infection microbienne, il n'en est pas moins certain que presque toutes sont dues à des agents qui vivent habituellement dans les replis de nos muqueuses à l’état de parasitisme inoffensif et que le réveil de leur virulence est le fait de l’action brusque du froid sur l’économie. Il en est ainsi pour les angines simples, pour les pneumonies dont les agents sont les hôtes normaux des muqueuses buccales, pharyngées et respiratoires, où ils se trouvent à peu près constamment et s'ils deviennent à un moment donné pathogènes, c’est uniquement à la faveur de la modification du terrain, modification ciréulatoire, nutritive ou autre, déterminée par le froid.
Le refroidissement brusque pourrait encore être rendu res ponsable d'un grand nombre d’autres maladies: telles sont le rhumatisme articulaire aigu, l’hémoglobinurie -paroxystiques, certaines néphrites, la congestion cérébrale, certaines paralysies, etc.
D'autre part, les expériences de Wurtz nous ont montré que sous l'influence de la chaleur, les microbes des cavités naturelles passent dans le sang. Cet auteur expérimentant sur 15 souris blanches qui ont été maintenues dans une étuve à 50° jusqu'à leur mort, constate que le sang de 8 de ces souris est infecté et donne soit des cultures de microcoques,
soit des cultrues de bacilles, tous aérobies. La contre épreuve faite sur 15 autres souris mortes rapidement à la suite de l'inhalation de chloroforme n’a donné qu’un seul cas posit.f. Nous voyons donc d’üne façon tangible combien la chaleur met l'organisme en état de moindre résistance, puisqu ‘elle favorise et provoque l’envahissement du sang par les microbes des cavités naturelles. Tout le monde sait combien d'accès de fièvre paludéenne ou d’attaques de dysenterie sont provoqués par l'exposition prolongée à la chaleur. Vincent a montré que la virulence du tétanos était accrue en exposant à la chaleur les animaux inoculés.
Nous avions pensé que les hautes températures des appartements chauffés par le chauffage central devaient avoir une influence sur la tension artérielle. Nos expériences pratiquées sur les occupants de ces pièces ne nous ont pas donné des
résultats concluants. Par contre, nous avons pu constater une:
notable accélération du pouls et de la respiration survenant après quelques minutes de présence dans les températures de 26 et 27°. Dès que les habitants passaient dans l’air extérieur, la respiration et le pouls reprenaient leur ‘ rythme normal. Nous voyons donc, d’après nos expériences que le chauffage central semble avoir peu d'influence sur la tension artérielle. |
FE: — Troubles dus à la mauvaise ventilation. — Enfin nous devons signaler encore un inconvénient fréquent dans les maisons particulières qui font usage du chauffage central, c’est celui du à la ventilation défectueuse. Les appartements se trouvent ainsi transformés en espaces clos dans lesquels l'air contenu est peu à peu modifié par les. produits inhérents
à la présence de l’homme, c'est-à-dire les produits de son:
exhalation pulmonaire et cutanée. L'atmosphère s’appau-
vrit en oxygène et s'enrichit en acide carbonique, prenant
ainsi tous les attributs de l’air confiné.
Nous croyons inutile d'insister sur l'influence noscive qu'il
peut exercer sur la santé des personnes qui séjournent dans ces appartements. Nous savons qu'il augmente notablement
leur réceptivité pour les maladies infectieuses et plus particulièrement pour les maladies infectieuses des poumons.
La vie dans l'air confiné aboutit peu à peu à une intoxication chronique; l'attention n’est point attirée; l’empoisonnement est lent, la santé s’altère rapidement et on peut dire que l'air confiné, c'est le développement anormal de l'enfant, la chlorose de la jeune fille, la phtisie pulmonaire de l'adolescent. |
= ——— mms