CHAPITRE Il
Hofluence sur Vorganisme de l'air modifié par le Chauffage central.
Nous pouvons donc incriminer le chauffage central de faire subir de grandes modifications à l’air contenu dans les appartements, modifications qui portent principalement sur sa température, sur son état hygrométrique, sur le nombre des poussières et enfin sur sa ventilation défectueuse qui tend à lui faire acquérir peu à peu.tous les attributs de l’air ‘ confiné.
À. — Influence de l'air libre sur la TA — Or il est reconnu depuis longtemps que l’air extérieur a un effet stimulant sur l'organisme humain, que souvent il est un puissant facteur de défense contre la maladie. A ce sujet nous ne ferons que citer les bons résultats obtenus le plus souvent par le seul transfert d’un tuberculeux hors des logements insalubres des grandes cités; d’ailleurs nous ne pouvons pas douter un instant des merveilleuses guérisons obtenues par les cures d’air pratiquées sur une vaste échelle dans tous nos splendides sanatoria de Francé.
En dépit de toutes les expériences et de toutes les recherches scientifiques pratiquées durant ces dernières années, nous n'avons pas toujours une explication précise de la cause des effets merveilleux de l'air extérieur sur l'organisme. Peut-être sont-ils dus à l’action des rayons uliraviolets sur l’hémoglobine du sang, peut £tre aux effets stimulants de ces rayons sur les globules blancs . qui phagocytent
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les germes pathogènes, peut-être encore aux différentes excitations de la température et de l’air extérieur sur les capillaires cutanés, produisant un> accélération de la circ“iation et de la nutrition. rase
B. —— Troubles occasionnés par la trop grande sécherese de l’air. — Toutefois, dans un article publié dans le Journal « Of the American Medical Association », Ellen Rey-
nolds insiste plus particulièrement sur le fait, mis en évidence
‘récemment, que la différence d'humidité entre l'air extérieur
et l’air de nos habitations, plus spécialement lorsque ce dernier est soumis au chauffage central peut être considéré comme étant un facteur important dans l'amélioration et la ‘guérison de nombreuses maladies.
Partant de cetté constatation, cet auteur déplore les conditions insalubres dans lesquelles sont obligés de vivre la plupart des citadins pendant toute la saison froide. Une documentation solide l'amène à pouvoir certifier que c’est surtout par suite de son faible degré d'humidité que l'air des appartements pourvus du chauffage central est surtout nuisible, et il ajoute qu’en Amérique les maisons les mieux construites n'échappent pas à cet inconvénient.
Des expériences faites dans les salles de The School of Economics, Cornell University ont montré combien il était difficile de maintenir une bonne humidification de l’air dans les pièces chauffées par le chauffage central. Pendant 6 mois de l’hiver on a observé la température et l’état” hygrométrique de l’air de ces salles et la comparaison ena été faite avec l'air extérieur. Les pièces où se prenaient ces observations étaient toutes pourvues d’un radiateur réglable placé sous une fenêtre qui fut tenue entr’buverte pendant toute la durée des expériences. La porte située en face de cette fenêtre était ouverte pendant 10 minutes toutes les heures. Aünsi on peut dire que la ventilation était permanenté et paraissait suffisante. Tous les efforts nécessaires furent tentés pour maintenir l’air des salles dans les meilleures conditions possibles. Sitôt que le thermomètre dans les salles montait
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au-dessus de 20°, le chauffage était ralenti jusqu'à ce que l'atmosphère ait repris une température normale.
On pouvait tout de même croire que par ces précautions on réalisait des conditions qui devaient être meilleures que celles observées dans la plupart des habitations où aucune méthode n’est appliquée pour refroidir ou humidifier artificiellement l’air. En effet les plus grands écarts de température notés furent de 15 et 25°, ce qui donne une moyenne de 20°, chiffre très voisin de celui de la température la plus favorable. Or en dépit de cette température convenable qu'on était arrivé à maintenir, on constata que l’état hygrométrique de l'air des salles était loin de satisfaire les conditions qu'il doit remplir pour être le plus favorable à la respiration.
Tandis qu'Ellen Reynolds et bien d’autres auteurs estiment que c'est dans un air renfermant de 30 p. 100 à 55 p. 100 d'humidité que l’homme a la plus agréable sensation de bien-être, il se trouva que la moyenne des observations faites sur l’état hygrométrique de l'air de ces salles pendant les 6 mois d'expériences fut de 22 p. 100, chiffre, on le voit, bien inférieur au minimum d'humidité exigé pour la bonne santé.
Les occupants de ces diverses salles souffrirent, malgré l'hiver, d’une légère irritation de la peau, d’une irritation des muqueuses du nez, du pharynx, malgré toutes les mesures hygiéniques prises par chacun pour prévenir ces trou-
bles.
Les mauvais effets de cet air trop sec sur l'organisme furent encore mis en évidence, nous dit plus loin Ellen Reynolds, pendant l'épidémie de grippe de 1918 où les statistiques rassemblées dans les divers hôpitaux de l’ Amérique montrèrent que la mortalité avait été plus élevée lorsque l'humidité de l’air était basse. Le même auteur attire également l’attention sur l'amélioration qui ne manque pas de survenir chaque fois que l’on soustrait des enfants ou des:
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adultes malades à ces atmosphères désertiques pour les transférer dans un air sain.
Aülleurs C. W. Armspack établit, d'après une récente étude portant sur 3612000 cas et rapportée par le Weather Bureau des Etats-Unis, que l'humidité idéale est aux environs de 51 p. 100 et que toute variation au-dessus ou audessous de cette limite a un effet marqué sur la santé.
La peau est l'organe qui semble être le premier affecté par la trop grande sécheresse de l'air, puis les muqueuses nasales, pharyngiennes, les muqueuses de tout l'arbre respiratoire qui ne sont que la continuation de la peau à l intérieur de l'organisme. -
Pour Ellen Reynolds, l'explication des mauvais joe de cette atmosphère semble résider dans le fait que lorsque l'air est chaud et anormalement sec, 1] produit une augmentation considérable de l’excrétion de sueur à la surface de la peau Cette évaporation cutanée entraine rapidement une perte de calonfique, d’où un abaissement brusque de la température centrale; or nous savons que l’homme possède la propriété de maintenir sa températrue intérieure à un degré qui est sensiblement toujours le même. Pourvu d’un système nerveux qui, comme l’a montré Claude Bernard, joue le rôle de régulateur, notre organisme réagit contre l’abaissement de la température en fabricant de la chaleur et c’est au travail des muscles que cette chaleur est demandée. Le centre régulateur de la chaleur recevant une excitation venue de l'extérieur réagit contre l’abaissement de température en . mettant en branle tous les muscles du corps par une série de frissons. Nous verrons plus loin que cette excitation continuelle du centre calorifique chez les individus placés dans une atmosphère défavorable n'est pas sans avoir de graves inconvénients sur le système nerveux en général.
S1 nous nous en tenons aux accidents survenus ch27 les occupants des salles où se passèrent les expériences que nous avons rapportées plus haut, nous pouvons Jeur trouver une explication assez simple dans les modifications apportées à
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l'air des.salles par le chauffage. En effet, quand nous sommes au dehors par un jour froid et que nous respirons l'air à une température extérieure variant de 15° à — 10°, air qui contient de 60 à 100 p. 100 d'humidité, nous n’éprouvons aucune irritation sur nos muqueuses pituitaires, pharyngiennes et pulmonaires parce qu ‘elles sont largement 1 imprégnées par l'humidité extérieure; les secrétions naturelles n’ont pas à intervenir pour rétablir l'équilibre. Mais si nous -introduisons le même air dans une salle et que nous le chauffons à 17 ou 22°, l'air a seulement de 18 à 22 p. 100 d'humidité; il est par conséquent trop sec. En passant sur la peau et les muqueuses, son avidité pour l’eau étant encore accrue par le fait que sa température s’est élevée, il absorbe l’humidité du corps et 1l s’ensuit une déperdition de chaleur pour l’organisme. Les secrétions naturelles des muqueuses sont desséchées, de nombreuses crevasses s’y produisent et voilà autant de portes ouvertes à l'infection.
D'autre part si l’on considère que les secrétions normales des muqueuses ont un haut pouvoir bactéricide, la protection de ces portes d'entrée n'étant plus suffisammént assurée, l'organisme devient rapidement la proie de tous les germes pathogènes contenus dans l'air.
Cette sécheresse de l'air suffit à elle seule pour expliquer les nombreuses imperméabilités nasales, les coryzas chroniques simples ou hypertrophiques dont souffrent les habitants et qui les conduisent à la longue à une anosmie relative. Ces lésions entraînent fatalement une gêne de la respiration nasale avec toutes ses conséquences qui sont déjà favorisées par l'irritation permanente, la sensation de sécheresse dont souffrent continuellement le larynx et le pharynx. Les picotements laryngés, la toux, la raucité de la voix, les amygdalites, les végétations adénoïdes chez l'enfant, les Jaryngites et pharyngites chroniques ne sont pas rares. Parmi ces dernières, une des plus constantes est la pharyngite granu-
leuse, les granulations étant ni plus ni moins qu'un mode de défense, une hypertrophie du tissu Iymphoïde de la mu-