‹ Quelques Considérations à propos du CongrèsChapitre 53 sur 62 · LL · texte numérisé non relu

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un médecin posait la question suivante au service de renseignements d’une de nos revues médicales 4)

« Un de mes malades ayant contracté une blennhorragie il y a cinq ans et ayant encore des filaments dans ses urines, peut-il se marier sans inconvénient ? N’est-il pas contagieux pour sa jeune épouse? » A 1a suite de cette question, la revue donne une réponse très complète : « Non! un ancien blennhorragique qui a encore de gros filaments lourds dans ses urines ne doit pas se marier. La punition qu'il encourrait en transgressant ce précepte le suivrait pendant si longtemps, empoisonnant toute sa vie, qu’il est de toute nécessité de l’avertir. » Puis, suit l'exposé des diverses méthodes de diagnostic à employer pour découvrir et apprécier les filaments. Et l’auteur de la réponse, qui n’est autre que Georges Luys, auteur d’un Traité de la blennhorragie ®), conclut de la façon sui. vante : « Si, transgressant tous les conseils, ils se marient, leur compagne sera vouée à la stérilité ou à de cruelles mutilations et condamnée à une vie de chaise longue ou de lit. Et, lorsque la voix de la victime avertie viendra leur demander compte du pass® et de ses tragiques conséquences, à quelle déchéance morale le coupable ne se verra-t-il pas voué? Le médecin doit done bien faire comprendre que le fiancé ne peut se présenter au mariage que pourvu d’un certificat de santé, seul vrai moyen d'assurer l«

(1) La Clinique, mai 1927.

(2) 3° édit., Paris, Doin, édit.

sécurité de son avenir, pour lui-même, pour sa femme et pour ses enfants.

Ce qui est vrai pour la blennorragie l’est également pour le chancré simple et surtout pour la syphilis avec son cortège de dangers : fausses couches, enfants hérédo-syphilitiques (tarés, enfants terribles, etc...) et pour laquelle on devrait faire subir un stage de santé.

C’est vrai pour les maladies contagieuses à propos desquelles on ne formulera pas de veto absolu, mais à propos desquelles on.avertira ou instruira les intéressés en leur laissant la liberté avec la responsabilité, mais une liberté éclairée. La plus fréquente des maladies contagieuses sur laquelle le médecin aura à se prononcer est la tuberculose à propos de laquelle, dit avec juste raison M. le Prof Maurice Letulle (, il faut établir des distinctions selon le sexe et savoir si la tuberculose est ouverte ou fermée, si le ou la malade expectore ou n’expectore pas. Pour le jeune homme, on peut l’autoriser à se marier en l’y préparant par de sages conseils. Pour la jeune fille, « les précautions à prendre avant d’autoriser le mariage sont cent fois plus sévères, et les réserves à formuler doivent être mille fois plus serrées » à cause des dangers mensuels, des périodes catameniales et surtout de la grossesse possible sinon prochaine, car la grossesse est « le danger le plus formidable » en cas de tuberculose.

(1) Conférence faite au Musée Social le 7 mai 1926, sous les auspices de la Société française d’eugénique.

Et puis, il y a encore la question de la race avec ses Caractères organiques purs d'une part et d'autre part avec ses caractères à base organique et héréditaire sans doute, « ‘mais dont la manifestation est intellectuelle et morale ». (D° J. Papillault.) |

Il faut aussi penser aux maladies groupées par Charcot sous le nom de maladies familiales et qui sont la conséquence d’une tare originelle héréditaire, comme, par exemple, la myopathie progressive de Duchenne, de Boulogne (1838), sans oublier toutes les lois connues de l’hérédité qui est tantôt continue, comme pour la chorée (ici les mariages consanguins ne seraient pas à craindre), et tantôt discontinue comme pour le cancer, ensemble de maladies s’héritant à part et pour lequel les mariages consanguins, même éloignés, sont dangereux. Pour résoudre au mieux ces questions, la connaissance des travaux de Naudin et Mendel sur les espèces végétales rendront les plus grands services. Enfin, le médecin tiendra compte également de l'hérédité matriarcale d’après laquelle certaines maladies sont véhiculées par les femmes seulement sans se manifester chez elles, comme l’hémophilie et le daltonisme. Ici, on pourra accepter les hommes de ces familles et éliminer les femmes ou tout au moins en tenir compte vi-à-vis d'elles.

Cela nous amène tout naturellement à la grosse question des maladies mentales et nerveuses et des intoxications, de ces maladies qui peuvent mener à

l’aliénation mentale qui est la cause d’une très grave

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crise de famille (4), et pour la prévention desquelles un examen psychique n’est pas indifférent. On a établi des épreuves d’aptitude psychique pour les conducteurs d'autobus et d'avion. On a même créé pour cels des appareils automatiques enregistreurs du mécanisme psychique. Pourquoi n’agirait-on pas de même en ce qui a trait aux préliminaires du mariage? L’enjeu en vaut la peine. k

On sait qu’il y a une hérédité neurologique qui est soit similaire, soit dissemblable, Pinel, de Saint-Paul- Cap-de-Joux près Castres, dont on vient de fêter le centenaire, estime que l’hérédité des affections mentales est un fait établi. C’est « la cause des causes » d’après Trélat.

Entre autre affections, appartiennent à l’hérédité similaire : 1° L’hémorrhagie cérébrale et le ramollissement dus à la fragilité vasculaire par hérédité de l'infection syphilitique. Il faut donc, ici, penser toujours à l’hérédo-syphilis; 2° Le suicide héréditaire familial, si bien étudié par P. Bourget; 3° Les perversions instinctives.

L'hérédité dissemblable nous offre ses familles de « nerveux » pour lesquelles on recherchera l’origine, la cause dans des infections ou des’intoxications qui transmettent héréditairement leurs effets, telles que la syphilis, la tuberculose, l’alcoolisme.

La lecture d’une table des matières bien faite d’un traité de psychiâtrie noùs donne un aperçu complet

(1) J. RicoL : Les crises de famille, page 75.

de toutes ces maladies aux aspects si divers. En outre, en lisant ces traités, nous apprenons que les anomalies, les lésions, les maladies des organes génitaux sont des facteurs de troubles psychiques, de neurasthénie (neurasthénie génitale). Aussi, en présence de troubles psychiques, on peut penser à des troubles de. fonctions sexuelles. Cette considération eût pu guider nos pères dans leurs « Congrès ». Il est vrai qu'ils y pensaient et que la liberté de leurs mœurs leur avait seule fait imaginer le Congrès, à leurs yeux simple méthode de médecine légale expérimentale. Il faut donc faire un examen précis en se souvenant que le mariage est un contrat comme un autre mais établi, entre autres motifs, en vue de la venue possible d’un tiers dont les intérêts doivent être sauvegardés. Cet examen amènera parfois à des découvertes singulières, telle que celle de maladies organiques des organes sexuels chez les deux candidats qu’il est de la plus haute importance de dépister, ou de maladies sans base organique, telles que les aberrations sexuelles si nombreuses, qui occupent tant de place ‘dans nos traités de médecine légale et nos livres de

psychiâtrie, pour les deux sexes. « x %x Ce qui doit guider le public pour le désirer et le demander, le médecin ensuite pour en étudier les conditions et l'établir, c'est l'intérêt de la race et c’est

dans ce point de mire, dans cette directive qu'est luti-

lité sociale de l'examen prénuptial.

La seule objection qu'on puisse opposer est, qu’en définitive, on ne doit à la société que le devoir qu’on peut remplir et qu’il faudra beaucoup de tact et posséder une certitude absolue de la vérité biologique pour empêcher les gens de se marier sous peine de s’exposer à nuire en voulant bien faire. Or, ici comme en thérapeutique, il faut d’abord se garder de nuire.

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C'est, qu’en effet, l'examen prénuptial parfait en théorie, peut présenter des inconvénients quant à sa conséquence logique : le certificat de santé. Il peut entraver la célébration des mariages in extremis si nécessaires parfois, et rendre impossibles certaines légitimations d'enfants. Comme l'écrivait un ancien ministre, Laurent Bonnevay, voici, par exemple, « un ménage irrégulier ; des enfants lui sont nés; les parents veulent se marier pour les légitimer. Mais 12 père a contracté, depuis leur naissance, la tuberculose, maladie contagieuse. Il ne pourra produire le certificat prénuptial daté de la veille : le mariage et

la légitimation deviennent impossibles. »

Comme conclusion à ce chapitre, nous dirons qu'il faudra, si l’on veut que l’examen prénuptial aveç son certificat de santé, devienne de mode et rende les ser-

vices qu'on est en droit d’en attendre, agir avec pru-

dence et mettre dans les règles qui serviront de guide assez d’élasticité pour que tous les cas d'espèces y. puissent rentrer ou ne soient pas lésés par lui. Ce qu’il faut, c’est qu'il y ait bénéfice pour tous et que nul n'ait à subir un préjudice de son fait.

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