‹ Quelques Considérations à propos du CongrèsChapitre 8 sur 62 · LORS · texte numérisé non relu

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parce qu’elle se sait dérivant de l’art le plus noble, de l’art que nos pères classaient dans les arts majeurs.

Les circonstances m'ont permis de pénétrer dans une de ces bibliothèques composée d'ouvrages anciens et rares. Je les ai d’abord regardés avec curiosité et puis leur charme si prenant m’a enveloppé et je les ai feuilletés avec une joie profonde. J'ai admiré les éditions merveilleuses que sont les Dictionnaires in-folio de Bayle, de Trévoux, les œuvres d’Erasme, avec leurs frontispices, leurs gravures, leurs lettrines et même l'Encyclopédie de Diderot. Mon admiration n’a pas été moindre lorsque j'ai examiné les ouvrages classiques de format plus modeste de nos vieux maîtres, ces graves Docteursrégents de l’ancienne Faculté! Là aussi, j’ai trouvé, : unies, toutes les beautés de l'édition : papier, typographie, gravures, et, à la lecture, je me suis aperçu que ces vieux maîtres à grande perruque avaient le souci unique d'instruire le lecteur, de le nourrir de tous les sucs de leur pensée et de leur savoir. En pratiquant tous ces auteurs archaïques inconnus de la masse hypnotisée par la gloire tapageuse des écrivains admis à figurer dans les programmes du baccalauréat, j'ai souffert en songeant que leurs noms sont estompés sous le voile de l’oubli, je me suis pénétré de leur grandeur, j'ai admiré leur labeur et me suis senti petit à côté d'eux. L'esprit rempli de ces

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considérations, je feuilletais un jour le Dictionnaire Historique et critique de Bayle ®) dans une de ces belles éditions du xvr° siècle, lorsque mes regards se fixèrent sur le mot : Quellenec. Ce nom me plut, je ne sais pourquoi. Je lus l’article. Il y était question d’un procès en impuissance qui avait été intenté à Charles de Quellenec, baron du Pont, en Bretagne, et qui « fit une grande figure sous le nom de Soubise parmi ceux de la Religion, durant le règne de Charles IX ». A ce propos, Bayle parle tout au long du « Congrès ». L'article fort copieux, fort savant, est bourré de faits. Je le trouvai original, et je fis en moi-même, de nombreuses réflexions sur Les habitudes de la société du temps de Louis XIV et sur ses mœurs. Puis, par une association d’idées assez facile, je pensai à diverses questions qui préoccupent nos contemporains, concernant le mariage et ses préliminaires au point de vue médical. Tout cela me parut assez intéressant pour ne pas le garder pour moi seul. Les autres, me dis-je, trouveront plaisir et profit à connaître cette question. Je vais l’exhumer, je la présenterai avec le

style du jour et puisque j’ai à rédiger une Thèse et à

la faire imprimer, j'en ferai le sujet de ma thèse inaugurale.

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Traiter de la question du (CoNGRës, c'est étudier une question curieuse dans son archaïsme, mais ce n’est pas traiter une question périmée parce que la

(1) A Rotterdam, chez Rémier Leers, MDCXCVIT.

STE 2e

question du Congrès amène insensiblement sur le plan des diverses questions. de Médecine sociale qui retiennent l'attention des Médecins les plus qualifiés et dont l'intérêt est universel par leur actualité brûlante. La question du Congrès est un sujet « judicieusement compiexe » qu’on doit aborder avec tact mais en disant tout. Autrefois on l’eut traité en latin. Peutêtre. Ce n’est pas bien sûr. Bayle, dans son Dictionnaire, entremêle son article de passages en latin et le Dictionnäire de Trévoux s’en tient au français. Le latin n'était déjà plus de mode à cette époque. Il n’est plus de mode aujourd’hui d’écrire en latin et la mode nous asservit. Et puis, ce serait peut-être embarrassant. D'ailleurs, pourquoi aborderait-on avec crainte même devant l’Aréopage de telles questions ? Saint François de Sales a examiné la question de l’amour dans le mariage et Henry Bordeaux a repris les idées du célèbre évêque de Genève dans une série de conférences qu'il vient de faire à travers la France.

Le D° Maurice de Fleury a traité de cette question, puisque j'ai lu quelque part qu’il a souligné l'identité pathologique qui existe entre être amoureux et être alcoolique ou miorphinomane. Les écrivains les plus grands en ont parlé avec force détails biologiques. Je ne citerai pas Ovide mais je retiendrai Lucrèce et son admirable poème sur la Nature des choses (), Enfin, tout à fait près de nous, le D’ Le Bec @), Président de la Société Saint-Luc, a fouillé une question bien

be.

(1) De Nature rerum, Livre IV.

(2) Des procès en nullité de mariage.

proche de la mienne dans un article très complet paru dans le Bulletin de la Société Médicale de Saint- Luc de février 1914.

Par une association d'idées qui me paraît naturelle, normale, la question du Congrès élucidée, je me crois autorisé à consacrer une partie de mon travail, à la grande question de l'Eugénique et du certificat prénuptial, sans manquer à la grande règle de l'Unité. Ce sera la seconde partie. Insensiblement une question amène à l’autre et c'est même nécessaire pour tracer un schéma résumant l’analyse de ces questions si prenantes.

On ne cesse, en æfet, de parler d’eugénique, de certificat prénuptial qu'un de nos journalistes médi-caux a qualifié de Conseil de révision des fiancés (?. Or, le Congrès n'est pas autre chose qu’un Conseil de révision des gens mariés qui ont eu des déceptions au point de vue des résultats de leur mariage. Des liens étroits rattachent donc les deux questions l’une à l’autre et à celle de la dénatalité dont on se préoccupait déjà à. la fin du xvur siècle, si j’en crois la préface d’un vieux livre de Médecine populaire datant de cette époque dont je ne puis donner la référence bibliographique exacte, les premiers feuillets de l’'exemplaire que j'ai eu entre les mains ayant été arrachés. Je serai, ici encore, en bonne compagnie

avec les hommes généreux qui, émus de la diminution

(1) Dr Lucien N4ass : Le Correspondant Médicai, 15 août 1909.

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