‹ Quelques considérations sur l'affection furonculeuseChapitre 15 sur 19 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

(Communiquée par M. le Principal Kiener)

Anthrax diabétique. —Incision au thermacautère. — Pansement antiseptique. — Guérison. *

M. H..., 51 ans, contrôleur d'armes. Taillemoyenne. Constitution athlétique, thorax large. Obésité.

Comme antécédents héréditaires, on ne voit rien que de l’obésité ; mais jamais de diabète ni de goutte. .

Le malade a toujours joui d’une bonne santé, il n’a eu que les fièvres intermittentes en Algérie, de 1864 à 1867; depuis, plus d’accès.

Début äu mois d’avril 1885 pendant une inspection fatiguante en raison de l’irrégularité des repas, des voyages, d’un surcroît de travail, survient de l’anorexie, soif intense, déperdition des forces.

Le 20 novembre, un premier furoncle apparaîtsur l'épaule gauche, petit, bleuâtre, douloureux. Cinq à six jours après, sur l’épaule droite, survient un second furoncle qui prend bientôt les dimensions d’un anthrax. Pas de dyspepsie, pas de symptômes oculaires, sinon que le malade est devenu presbyte depuis deux ans.

À son entrée à l'hôpital, le malade frappe l'attention par la décomposition des traits: teint plombé, œil atone, apparence d’adynamie profonde; apyrétique le matin, 38°2 le soir ; embonpoint conservé; facultés intellectuelles émoussées, rêvasseries et cauchemars pendant la nuit.

RS de Clé

Re ner

L'anthrax de l'épaule droite est large comme la paume de la main, bleuâtre, percé à son centre de plusieurs pertuis d’où s’écoule beaucoup de pus. Bords mal délimités, l’anthrax

paraît en voie d'augmentation à la périphérie. La partie cen-

trale est moins douloureuse que les bords.

Incision cruciale, profonde, au thermo-cautère. Pas d’hémorrhagie, la plaie est saupoudrée avec la poudre de Lucas- Championnière. Pansement antiseptique renouvelé tous les deux ou trois jours.

L’urine, analysée trois jours avant l'entrée à l'hôpital, contenait 46 gr. de sucre par litre.

Depuis l’apparition. du premier furoncle, le malade garde le lit ; il a perdu l’appétit, soif assez prononcée.

L'alimentation est réglée suivant les désirs du malade, potion opiacée pour la nuit. Depuis le jour de lincision, l’état général s’améliore peu à peu; la plaie suppure abondamment, la rougeur et l’empâtement diminuent. Les eschares produites par le thermo-cautère laissent apparaître un tissu rose ; le fond de la plaie est encore rempli de tissu cellulaire sphacélé ; le malade est complètement apyrétique. L’appétit revient peu à peu, mais l’alimentation reste modérée ; le pain de gluten est difficilement accepté par le malade. L’urine contient encore beaucoup de sucre.

Le 27 décembre, la plaie est complètement détergée:; les lambeaux se rapprochent, le malade va très bien. Il sort guéri dans le courant du mois de janvier.

Pour l’anthrax diabétique, le meilleur traitement est, à à mon avis, celui qui fut employé dans le cas que je viens de relater, cas assez grave comme on a pu le voir. Donc, large incision au thermo-cautère et antisepsie. Bien entendu, on s’occupera de l’état diathésique du malade; lalimentation sera dirigée dans ce sens.

LE Bei

Traitement abortif.

C'est assurément le meilleur, si toutefois le malade se présente à temps. Les agents qui sont ici le plus recommandables, sont lé nitrate d'argent, la teinture d’iode et les injections d'acide phénique à 5 0j0.

Le froid, le chlorate de potasse, la pommade mercurielle, les saignées locales (10 à 20 sangsues), la compression usitée en Angleterre, sont des moyens dont l'efficacité n’est pas démontrée.

Le traitement abortif, bien fait, n’a pas d’inconvénients: ses principaux avantages sont: suppression de la douleur, extension de l'affection empêchée, guérison rapide, pas de cicatrice vicieuse.

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