‹ Quelques considérations sur l'affection furonculeuseChapitre 6 sur 19 · PO PEER · texte numérisé non relu

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baignade, mais une saison plus clémente les invite à des ablutions plus fréquentes qu’en hiver. Il en était ainsiil y a à peine quelques années ; aujourd’hui l'hygiène du soldat à fait des progrès, la plupart des régiments possèdent une salle de douches et, même pendant l'hiver, les soldats sont plus ou moins astreints à des soins de propreté ; aussi la proportion de furoncles est-elle moins considérable.

La malpropreté, inhérente anx conditions atmosphériques, est done dans la vie militaire une des causes prédisposantes les plus efficaces. Dans la vie civile, c’est encore la mê'ne chose ; pendant la saison rigoureuse, la généralité des indi- vidus s'occupent trop peu des soins hygiéniques à donner à leur personne. Je n'ai pas échappé à cette influence salutaire des bains, et pendant la belle saison les séries de furoncles se sont par trois fois interrompues: ce sera là un facteur important à signaler dans le traitement de l'affection.

Jusqu'ici nous n’avons vu que des conditions, et non de véritable cause déterminante; cette cause, nous devons la chercher dans une irritation locale, mécanique, de provenance extérieure. Or, l'exercice du cheval, surtout dans les débuts, réunit toutes les conditions voulues pour la production d’écorchures, et une petite solution de continuité suffit à la pénétration de germes que la malpropreté aura laissés dans le voisinage; ces excoriations siègent le plus habituellement sur les parties qui sont le plus soumises au frottement: ce seront les fesses, la partie interne des cuisses et des genoux; les allures vives, le trot sans étriers, les réactions de certains chevaux, la rugosité du pantalon, enfin, l’inexpérience des jeunes cavaliers sont les causes de ces petites écorchures, d’autant plus douleureuses qu’elles sont plus superficielles. L’anatomie de la peau nous donne la raison de ce fait; les extrémités des nerfs qui ont traversé le derme arrivent dans l’épiderme ; là, elles innervent richement le corps muqueux

de Malpighi, et, rencontrant la couche cornée, meurent et se.

reproduisent incessamment; voilà ce qui se passe à l’état normal. Supposons la couche cornée seule détruite, les extrémités nerveuses du corps muqueux seront à nu, et le moin-

dre frottement les impressionnera désagréablement ; au

contraire, que le corps muqueux soit détruit lui aussi, que le derme ait disparu en partie, les régions sous-jacentes, composées presque uniquement de tissu conjonctif lâche et de tissu élastique et moins richement innervées, seront bien moins douloureuses. D'ailleurs la lésion, douloureuse ou non, paraît si minime, que de gré ou de force on passe outre, et on ne monte à cheval que de plus belle. Mon observation indique que c’est dans de pareilles circonstances qu’apparut mon premier furoncle.

Chez les fantassins, ce n’est plus aux fesses, ni aux cuisses que se montrent les furoncles; c'est aux épaules, dans lle dos, à la nuque, ce qui s'explique par ce fait que les jeunes recrues ne sont pas habituées encore au port du sac; chez les convalescents, ce seront des draps trop rugueux pour un épiderme débilité ; on connaît le mauvais fonctionnement de la peau des diabétiques.

Mais, ce n’était pas la première fois que je montais à.che- . val, ce n’était pas la première fois qu’il m’arrivait de m’écorcher; l’irritation locale créant la solution de continuité , ne suffit donc pas seule à expliquer la production du furoncle ; ce sera une petite plaie qui guérira presque sans qu’on s’en doute. Il faut donc quelque chose de plus; la porte est ouverte; des germes pathogènes, accidentellement ou.habituellement situés dans le voisinages, vont pénétrer par là; étudions ce qu’ils vont déterminer.

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